<![CDATA[Web Magazine : Art acuel]]> http://www.artpointfrance.info/ Art contemporain : un regard lavé de tout soupçon sur l'actualité des expositions, des salons, des événements culturels en France et en Europe. fr over-blog.com RSS 2.0 Generator <![CDATA[La zone opaque]]> http://www.artpointfrance.info/article-19514525.html Je préfère ne pas voir
de Françoise Pétrovitch
éditions opaques

sortie le 24 mai 2008

Livres en Mai - Lycée Henri IV  - Paris (5)                          

Il y a des points du vécu où ce qui se donne à voir, ce qu’il y aurait à dire, n’est plus supportable. La parole s’interrompt alors. Les yeux se ferment pour mieux imaginer. C’est ce paroxysme que Françoise Pétrovitch a choisi d’interroger dans Je préfère ne pas voir. Réinvestissant son univers plastique avec la force et l’efficacité qui lui sont propres, elle construit au fil des pages une expérience du refus (ou de l’incapacité) de voir et de dire. Mais il ne s’agit pas ici de l’anéantissement généralisé du « I would prefer not to » que Melville prête à Bartleby. Françoise Pétrovitch nous montre plutôt son « je préfère ne pas voir » comme un moyen de transformer malgré tout en récit (récit dans l’implicite, juste sous la surface des images) l’expérience saturée d’angoisses, inextricable.
La zone opaque a imprimé 160 fois en 3 couleurs sur papier Rives Artist 120 g. avec les 12 matrices originales(cuivre, zinc, bois et plastique). Texte au plomb mobile (Futura). Le tirage original, numéroté sur 160 et signé par l’artiste, se divise en 80 exemplaires impairs diffusés par les éditions opaques et 80 exemplaires pairs à l’artiste. Achevé d’imprimer au printemps 2008 à Pantin. Prix public : 80 euros




La zone opaque, créée en 2004 par cinq jeunes-gens passionnés par la pratique du "graphisme artisanal"  compte des compétences rares et variées, édition à gage et graphisme analogique , composition en caractères mobiles, gravures, impression typo et taille-douce, reliure d’art sérielle, techniques expérimentales...  Une véritable  fabrique de livres d'artiste, avec déjà pour les éditions opaques, un joli catalogue. Récemment, la zone opaque a imaginé,  proposer à un artiste un terrain de jeu de 18 pages en accordéon à tourner et à déplier, à lire et à regarder. Un espace complexe où construire avec trois couleurs et des matrices originales,  un parcours et une expérience pour 160 spectateurs. Françoise Pétrovitch s’est prêtée au jeu pour ce premier volume de la nouvelle collection destinée à un bel avenir. L'ouvrage sort le 24 mai 2008 et sera présenté en avant-première à l'occasion du salon de bibliophilie contemporaine Livres en Mai.


en voir davantage : http://blog.zone-opaque.org/index.php?shop#voir


Informations pratiques : 

Livres en Mai
Samedi 24 mai de 14h à 20h
Dimanche 25 mai de 13h30 à 19h
Cloître du Lycée Henri IV
23, rue Clovis. 75005 Paris
Entrée libre


 la zone opaque
 fabrique de livres d’artistes
27bis, rue sainte-marguerite à pantin (93500)
01 48 59 20 46
06 76 24 67 01
atelier@zone-opaque.org
http://www.zone-opaque.org/

N.B. : Les photos présentées ici sont celles de prototypes. ]]>
Tue, 13 May 2008 08:37:00 +0200 http://www.artpointfrance.info/article-19514525.html
<![CDATA[Mireille Laborie]]> http://www.artpointfrance.info/article-19486780.html du 17 mai au 7 juin 2008


Temple - Arpaillargues (30)





Mireille Laborie investit le thème de la maison pour cette exposition dans le Temple d'Arpaillargues. Le lieu dans sa belle lumière accueillera des installations,  des peintures sur papier de moyen et grand format, de grands dessins.


Les volumes "maisons" seront déclinés dans toutes les tailles, les plus petites (21 x 17 x 14 cm) pouvant contenir des textes de poètes, les plus grandes (120 x 98 x 78) fermées, protectrices de l'intime et du secret suggèrant le chemin à parcourir, aller et retour qui mène du "soi" au "chez soi".


L'exposition est à voir jusqu'au 7 juin,  toutes les après-midi. Un rencontre avec le poète René Pons est organisée le 23 mai.



Informations pratiques :

Vernissage le samedi 7 mai à partir de 18h
Entretien avec l'écrivain René Pons le 23mai à 18h

Temple d'Arpaillargues
Arpaillargues-Aureilhac (30)

ouvert du lundi au samedi de 15h à 19h


voir aussi : la vitrine (ICI) de Mireille laborie sur Art Point France]]>
Mon, 12 May 2008 10:26:00 +0200 http://www.artpointfrance.info/article-19486780.html
<![CDATA["Untitled"]]> http://www.artpointfrance.info/article-19461999.html exposition
Peinture et sculpture Anne-Marie CUTOLO
Pascale MOREL
Béatrice WITDOUCK
Isabelle VIALLE

du 8 mai au 1er juin 2008

Pavillon Henri IV - Nogent-sur-Seine (22)

  « Le chaînon manquant », est un collectif d’artistes auboises qui rassemblent quatre femmes, trois peintres et un sculpteur,  Anne-Marie Cutolo, Béatrice Witdouck, Pascale Morel et Isabelle Vialle. La ville de Nogent a retenu leur proposition pour une belle exposition au Pavillon Henri IV , à voir jusqu'au 1er juin. Elles sont présentes chaque week-end pour vous présenter elles-même leur travail.



Informations pratiques :

Pavillon Henri IV
Ancienne route de Villenauxe
Nogent-sur-Seine 22008 Entrée libre :
du mercredi au dimanche de 14h30 à 18h30
Présence des artistes les weeks-ends et jours fériés
Accueil : 03.25.24.61.54 Renseignements :
Office du Tourisme du Nogentais : 03.25.39.42.07

voir aussi : la vitrine (ICI) d'Anne-Marie Cutolo sur Art Point France, ses livres d'artiste (ICI), le site du Chaînon manquant (ICI)]]>
Sun, 11 May 2008 11:19:00 +0200 http://www.artpointfrance.info/article-19461999.html
<![CDATA[Maya Mémin]]> http://www.artpointfrance.info/article-19461165.html "Cube Couleur"

du 10 mai au 28 juin 2008

Galerie Ombre et Lumière - Saint Malo (35)

&

"Saveurs et couleurs"

du 14 Mai au 3 Juillet 2008

Faculté des Métiers - Bruz (35)






Maya Mémin expose des impressions sur verre et sur papier, du 10 mai au 28 juin à la galerie Ombre et Lumière à Saint-Malo.   "L'appropriation de l'espace fait partie de l'art de Maya."  C'est ainsi qu' un travail sur le cube-couleur du lieu d'exposition opposé au "cube blanc" apporte ici la surprise et "concourt à créer une atmosphère de bonheur un peu paradoxal puisque fait de jubilation et de sérénité... qui incite à la réflexion. Par exemple sur la question de l'indicible point d'équilibre entre géométrie des formes, lumière, couleur et texture, que ce soit dans les contrastes les plus éclatants ou les camaïeux les plus subtils." G. Prémel, Revue Hopala.



Suite à un travail avec les cuisiniers de la Faculté des métiers à  Rennes (Ker-Lann) sur les saveurs et les couleurs Maya Mémin présente "Saveurs et couleurs" , un travail original, une autre exposition à  voir du 14 mai au 3 juillet 2008 au restaurant d'application du campus.



Informations pratiques :

Galerie Ombre et Lumière
3 rue Saint-Thomas
35400 Saint-Malo
tel: 02 23 18 44 80 ouverte  vendredi de 15 à 19 h
samedi de 14 à 19 h et sur rendez-vous

Faculté des Métiers
Campus de Ker-Lann
Rue des frères Mongolfiers
35172 Bruz

voir aussi : le site de Maya Mémin (ICI), le catalogue de ses livres d'artiste (ICI)]]>
Sun, 11 May 2008 10:43:00 +0200 http://www.artpointfrance.info/article-19461165.html
<![CDATA[Jean Amado]]> http://www.artpointfrance.info/article-19459496.html Parcours d'art : Jean Amado dans quatre lieux d'Aix en Provence
du 5 juin  au 31 août 2008

L’Atelier de Cézanne et ses abords
l'atelier de Jean Amado, sculptures monumentales

Parc du Jas de Bouffan

Centre culturel de La Baume/ les Aix

du 5 juin au 2 août 2008

galerie Alain Paire
dessins, bronze et créations de petites dimension





Du 5 juin au 31 août 2008, un Parcours dans trois  lieux du Pays d’Aix   accueillera des sculptures monumentales d’Amado au grand Jardin du Jas de Bouffan,  au Parc du Centre culturel de La Baume/ les Aix et dans les abords de l’Atelier de Cézanne. Simultanément, jusqu'au 2 août,  une rétrospective du travail du sculpteur Jean Amado (1922-1995) rassemblera des dessins, des bronzes et des créations de petite dimension dans la galerie Alain Paire de la rue du Puits Neuf .


Jean Amado a commencé sa carrière en tant que céramiste. Par la suite, il invente un procédé à base de basalte écrasé, qui donne à son matériau une consistance à la fois solide et malléable, de couleur rougeâtre. Ce procédé l’amène à créer des bas-reliefs, puis des grandes sculptures qu’il exposera notamment à la galerie Jeanne Bûcher et à Ivry. Les dernières oeuvres de Jean Amado qui a également exposé en Norvège,  à Tokyo  évoquent des montagnes abritant des villages imaginaires, des navires de pierre avec des tronçons de rames. La ville d'Aix-en-Provence où il est né, a travaillé, vécu et où il est mort lui offre un nouveau parcours qui passe devant les oeuvres installées de manière pérenne dans la ville et par les lieux qui accueillent l'espace de l'été ses sculptures monumentales mais aussi les témoignages de l'atelier, les traces et les jalons  de l'élaboration d'une oeuvre inscrite sereinement dans de nombreux paysages.


"Etre artiste, ce n'est pas un domaine particulier, la démarche diffère, mais la pratique c'est pareil. Le matériau ne permet pas de faire ce qu'on veut, il a sa propre vie, et il s'agit d'accorder à cette vie celle de la forme que je cherche. Il faut compter aussi avec le poids, ne pas faire des morceaux trop lourds. D'où la nécessité des joints, qui rythment, qui donnent une nervosité supplémentaire. Les joints, ,je leur donne l'aspect de fissures, de cassures, c'est à travers les failles que le vivant revient... La vie, pour moi, c'est la vie à travers les âges, et non pas ma vie ou la vôtre même si elles m'importent. Je voudrais marquer cette sérénité et cette nostalgie, faire de l'habitable, mais la sculpture habitable, c'est le tombeau, l'endroit du retour à la matrice et l'endroit de la grande paix. Ce serait merveilleux d'habiter un tombeau en étant vivant, dans un grand silence et une grande douceur, la douceur de la continuité; je voudrais fabriquer une énorme continuité, vingt kilomètres de sculptures, sans s'arrêter, car quand une chose s'arrête, quand elle est terminée, je ne vis plus..."  Entretien Jean Amado, Bernard Noël  publié le 1 novembre 1974 dans "La Quinzaine Littéraire". (extrait)



Un catalogue comportant des reproductions en noir et blanc des oeuvres qui figurent dans ce "Parcours dans la ville" ainsi qu'un dépliant mentionnant l'histoire et la situation actuelle des oeuvres d’Amado figurant sur le territoire du Pays d’Aix seront édités.

informations pratiques :

Atelier Cézanne
Tél. 33 (0)4 42 21 06 53
Fax. 33 (0)4 42 21 90 34
9 avenue Paul Cézanne
13090 Aix en Provence
www.atelier-cezanne.com
infos@atelier-cezanne.com
ouvert tous les jours  de 10h à 18h
Alain Paire
Galerie-Librairie
30 rue du Puits-Neuf
13100, Aix en Provence.
Tel 04.42.96.23.67
www.galerie-alain-paire.com
ouvert du mardi au samedi, de14h 30 à 18 h 30.
photo  : "Le Doute et la pierre", sculpture de Jean Amado
dans le Parc du Jas de Bouffan. Aix-en-Provence ]]>
Sun, 11 May 2008 09:07:00 +0200 http://www.artpointfrance.info/article-19459496.html
<![CDATA[Bataille à Seattle]]> http://www.artpointfrance.info/article-19517128.html CHORISTES ALTERMONDIALISTES :
LA GRENOUILLE ET LE BOEUF


par Jean-Paul Gavard-Perret

Stuart Townsend, "Bataille à Seattle", en salles.
Herbert Biberman, "Le Sel de la Terre", 'DVD Doriane Film, Paris, 2008)




Ce qui est vrai pour la littérature (selon Gide) convient au cinéma : les bons sentiments ne permettent pas à eux seuls de créer une œuvre digne de ce nom. "Bataille à Seattle" rappelle hélas cette règle. Pourtant son réalisateur Stuart Townsend a cru se libérer d'une vision idéaliste en donnant la parole non seulement à ceux vers qui va sa sympathie (les manifestants altermondialistes) mais aussi aux autres (anarchistes violents, journalistes verbeux, flics et politiques dépassés par les évènements). Une fois la problématique de l'événement expédié en début de film, l'auteur s'essaie via ces divers points de vue, à un melting-pot "choriste". Mais des éclairages (ou prétendus tels) qui tentent d'expliquer voire de donner sens aux incidents qui entourèrent le sommet de l'Organisation mondiale du Commerce dans la ville du nord-ouest des USA en 1999, il ne reste qu'une mosaïque hybride et sommaire de socialisme et de capitalisme. La facilité de la transcription filmique et le casting people rendent inopérationnel et fade un agrégat de stéréotypes plus barbecues que lance-missiles. On est loin d'un "Sunday Bloody Sunday" et, de ce faux document, ne se retient que le côté faux.



Stuart Townsend (acteur génial mais sous employé) se révèle un piètre réalisateur. Certes il a voulu éviter le guêpier de la simple narration et il faut saluer ce courage. Mais son patchwork est loin de donner l'effet escompté. Son film est au cinéma ce que le Canada Dry se voulait à l'alcool : il en a la couleur, le pétillement mais le ferment réactif est édulcoré. Le film à l'allure d'une tour de Babel mais surtout d'un parc d'attractions. Le réalisateur - obnubilé par le fait qu'il s'agissait là de la plus grande manifestation sur le sol américain après les grandes manifestations contre le Vietnam - n'a retenu que le côté flamboyant d'une mécanique qui dérape. Les raisons - sinon superficielles - d'un tel cafouillage demeurent sous silence. Qu'un manifestant sincère face la morale à un anarchiste casseur, que le chef de la police montre son incompétence ne suffisent pas à donner par touches un véritable tableau impressionniste. Tous les signes se confondent, s'équivalent et paraissent grotesques. Si l'utopie altermondialiste est tout idéologique, la fiction-document qui l'illustre se ratatine en une allégorie ironique et cynique ce qui, à priori, n'était pas le but avoué du réalisateur.



Celui-ci a évité le côté "polar", mais n'a pas su sortir d'une architecture brouillonne plus que chaotique (qui aurait pu dans ce cas précis se justifier). Il faut se contenter de ce que certains trouveront sans doute énergique. On reste pourtant très loin du brûlot espéré. Une fois de plus le cinéma américain "engagé" prouve ses limites lorsque, pour montrer le réel, il s'enferme et se piège dans une écriture largement hollywoodienne où le spectacle compte plus que ce qu'il prétend dénoncer. Certains réalisateurs US ont réussi ce pari mais en choisissant une veine indépendante. Ils ont su refuser l'"entertainment" et les lois inhérentes d'un genre dicté comme c'est le cas ici par des impératifs commerciaux qui font la place belle à des acteurs stars.



Souvenons-nous par exemple du "Sel de la terre" de Biberman qui reparaît aujourd'hui en DVD chez Doriane film et qui fut le seul film blacklisté du cinéma américain. Tiré lui aussi d'une histoire vraie, un tel film donne une image nuancée et amère de la révolte contre le pouvoir arbitraire et reste le symbole avant-gardiste de la lutte pour les droits civiques et l'émancipation des femmes. Banni pendant onze ans (comme son réalisateur Herbert Biberman et toute son équipe mis au banc du système hollywoodien pour refus de délation) ce film sut rendre la
dignité, la fougue et l'ambiguïté des "combats douteux" qu'il relate. Ce qui n'est pas le cas de "Bataille à Seattle". Il faut donc préférer cet "ancien" regard à celui apparemment - mais en apparence seulement - plus récent de Townsend. La "deuxième vie" que le réalisateur prétend accorder à l'événement n'est qu'une structure gonflable (comme la grenouille de la fable) plus que gonflée. Il est vrai que seul celui qui montre la vérité doit être exécuté. A ce titre, à l'inverse du "bœuf" Biberman, son confrère contemporain s'en sort indemne et pour cause...


Sur et hors de la toile : un regard sur l'art contemporain de Jean-Paul Gavard-Perret ]]>
Sun, 11 May 2008 08:39:00 +0200 http://www.artpointfrance.info/article-19517128.html
<![CDATA[L'Un contre l'autre]]> http://www.artpointfrance.info/article-19460818.html DUO INFERNAL

par Jean-Paul Gavard-Perret

L'Un contre l'autre (Titre original : Gegenüber) de Jan Bonny. Avec Matthias Brandt, Victoria Trauttmansdorff, Wotan Wilke Möhring, Susanne Bormann, Anna Bra



Cela fait un petit moment que le phénomène commence à prendre de l'ampleur : l'Allemagne est désormais le nouveau territoire cinématographique à défricher. Depuis presque dix ans, le cinéma  Outre-rhin, constamment inventif, brillant dans ses audaces, singulier même lorsqu'il tutoie les conventions, surprend  les cinéphiles en quête des nouveaux talents. Ce n'est pas une nouveauté : de tout temps, il a  permis l'éclosion de grands patronymes (Lang, Wiene, Murnau, Wenders,  Schlöndorff, Fassbinder, Herzog entre autres). Mais aujourd'hui, on
peut  miser sur un cinéastes tel que  Jan Bonny âgé seulement de 29 ans et qui signe avec "L'un contre l'autre" une histoire des plus fascinantes par  les non-dits qu'elles sous entend derrière d'une part la violence et de  l'autre le consentement muet.


Georg est un policier dévoué, très apprécié par ses collègues. Il est aussi admiré pour l'harmonie apparente du couple qu'il forme avec Anne. Mais derrière cette façade soigneusement entretenue se cache une autre réalité . La vie conjugale est un désastre.  L'existence du couple est  devenue une galère. Au nom de l'amour passé l'une souffre parce que l'autre se tait. L'une semble la force même. Et son mari un modèle de faiblesse. Elle est le père forcé et lui se veut la femme qui la suit en une conduite elle-même forcée. Que reste-t-il alors des amours défuntes sinon la colère, la mal vie, les cris de l'une, sa violence et le silence et la passivité de l'autre au nom (apparemment) d'un amour  indéfectible ?


Le cynisme et la noirceur président  à la minutieuse radiographie du couple soignée  par une mise en scène sans la moindre divagation ou alternative de fuite. Le réalisateur impose une direction d'acteurs précise  dans une mise en scène qui ne manque ni d'éclat ni de rythme et qui  impressionne. " L'un contre l'autre" est donc un film angoissant sur le quotidien de l'amour ou du moins ce qu'il en reste dans une vie de couple. Bonny nous fait entrer dans les arcanes existentielles qui se jouent entre le  policier zélé, apprécié par ses collègues comme par son supérieur et en passe d'être promu commissaire et son épouse institutrice. On devine ici ou là les remugles affectives sous les postures rigides, les regards secs d'une femme qui pour tout viatique de résistance ne possède plus que des remarques cassantes, humiliantes et qui témoignent d'une  frustration profonde qui se retourne en agressivité.

Les coups finissent par pleuvoir dans une atmosphère étouffante qui frise le malaise. Car ce qui choque n'est pas le renversement d'une situation habituelle dans laquelle généralement le mari bat la femme. Ce qui touche est le mécanisme qui fait qu'un couple, enlisé dans l'habitude et le renoncement, peut se transformer en machine folle au milieu d'une toile d'araignée de névroses là où les deux personnages deviennent et victimes et bourreaux. Le mari - être non veule voire héroïque dans le civil - devient au sein du territoire intime,  faible, terrifié par la responsabilité, honteux de son propre désir et  dans la fuite permanente.  Chaque fois il tente de dédramatiser une situation dans laquelle non seulement il est piégé mais où il a piégé son épouse.

Quelle est la part du conscient et de l'inconscient dans ce cycle infernal ?  Quelle  est l'issue ? Bonny ne répond pas. Il montre autant les silences accablants que les coups reçus. Et on ne sait lesquels font le plus mal. On ne le sait pas ou trop bien... plus la violence monte, moins on voit d'issue  En captant des moments cruciaux d'Anne et de Georg dans le cadre du travail ou familial le réalisateur éclaire leur névrose sous un jour différent.  Des scènes annexes permettent d'ailleurs de comprendre les causes de ce duo infernal : le père de l'épouse est un être odieux et perfide qui tient le couple  avec son argent.  Le mari quant à lui ne cesse de vanter les mérites d'un de ses collègues comme s'il voulait se punir de toute ambition personnelle. Quant au malaise de base du couple il tient sans doute à ce que Bonny en dit :  l'impuissance programmée  du mari (qui fait payer ainsi à la femme ses reproches) voire à son  homosexualité latente.

Chaque  pièce de l'appartement (à l'exception de la chambre conjugale sur laquelle Bonny fait l'impasse en une aporie signifiante)  souligne l'étouffement d'une relation. Le "lieu" de vie intime n'est rejoint par le mari que la peur au ventre jusqu'à ce que le processus de désagrégation finisse par prendre une tournure délirante et dont le
grotesque n'a de grotesque que le nom. Bonny a su pousser de fait jusqu'à un paroxysme qui demeure réaliste cette anti-chambre de la mort que l'on se donne et qui nous est donnée par effet boomerang. Et même lorsque la provocation adultérine de l'épouse est programmée afin de faire réagir son époux celui-ci demeure encore de marbre. C'est une manière de dire jusqu'au pire où peuvent aller des êtres qui se sont aimés mais qui se réduisent en statue de sel dont les cristaux eux même n'ont rien de merveilleux et donnent  au corps  quelque chose de pâteux.

  Sur et hors de la toile : un regard sur l'art contemporain de Jean-Paul Gavard-Perret ]]>
Sun, 11 May 2008 08:25:00 +0200 http://www.artpointfrance.info/article-19460818.html
<![CDATA[Jean Gaudaire-Thor]]> http://www.artpointfrance.info/article-19437639.html Appel d'offre à la poésie par la peinture

par Jean-Paul Gavard-Perret

Jean Gaudaire-Thor, Harare, Galerie Ruga Enrichetta, Vienne, du 6 juin au 19 juillet. 2008



La peinture de Jean Gausaire-Thor ne recouvre pas, elle ne passe pas le texte au miroir grossissant, elle dégrade, fragilise les mots. Des mots qui ne sont que des restes, des passés de et sous silence, une  nouvelle mort sans sépulture. 



Sa peinture pourtant appelle les mots quand ils deviennent assez forts comme le sont, ceux de Rimbaud pour expier l’injure faite à un  corps humain qui s’est mêlé d’en réaliser les étapes de sa vie - et parfois de sa souffrance. C’est donc une épreuve presque impossible sauf à celui pour qui la littérature entre en résistance contre la mort que l'on se donne ou qui nous est donnée.



L'artiste ouvre des interstices pour permettre de développer une parole proche de désirs fondamentaux. L’intervention de la peinture "sur" l’écriture (celle de Rimbaud dont il suit jusqu'aux traces corporelles) est un acte non un état. Le peintre offre à qui veut voir ses œuvres une donnée sinon fondamentale du moins première. Il pousse loin une recherche active et actée là où la poésie de Rimbaud ne s’écrit plus, où la vie souffrante la remplace.



Gaudaire-Thor ouvre à travers son travail sur les traces africaines du poète, un discours non “ sur ” mais “ de ” la peinture parce qu'il a trouvé en Rimbaud un auteur capable sinon de casser sa propre langue, du moins de l’engager différemment dans l’espace. Une tentative par le tableau de faire sauter les verrous des mystères du poète : celui de son écriture et  celui de son être.



Emerge alors une masse picturale qui signale une présence. La peinture à ce point ne cherche pas à parfaire par d'adjonction de la langue quelque chose de léché, à l'inverse elle tente de défaire ce qui est trop construit et maîtrisé. Espace de l'imaginaire, plus qu'espace de l'image, le travail de l’artiste se veut totalisateur jusque dans sa fragmentation, ses éclats et ses coupes sombres. pas de quête pour lui des "impossibles invariants" dont parlait Foucauld mais un contact avec ce qui dans la peinture comme dans la poésie, ne cesse de bouger, de couler, de se projeter. La manière que possède Gaudaire-Thor d’"entrer en matière" à travers les coulées devient une façon d'entrer dans la dissidence de Rimbaud et d'épouser ses subversions.



Luttant contre les fétiches, le créateur - loin de tout désir “ déceptif” - envisage ses travaux sur Rimbaud comme une littérature de l'avènement. C'est ainsi qu'apparaissent des “ poches ” imbibées de couleurs et de sens. L'entreprise devient une opération bizarre, mais une opération (à tous les sens du terme) nécessaire. Elle crée des transferts non par impression mais par échappée dans la blessure rimbaldienne. La liberté, ici, n'est pas un laisser aller mais un laisser (se) faire où le poète des "Illuminations" se retrouverait. Ce qui se compose est décomposé pour être recomposé. L'artiste contredit  Barthes qui écrivait  "fixer la liberté à la façon d'un abcès". Pour Gaudaire-Thor il convient de percer les abcès, les poches des mots qui dans leur “ comment dire ” cachent souvent un “comment ne pas dire ”. De la sorte l’artiste permet à Rimbaud de poursuivre sa quête jusqu'à une extrémité imprévue. Il crée des glissements aussi nécessaires qu'intempestifs capables de  permettre une autre vision, une autre lecture de Rimbaud.



Il ne s’agit pas de passer au silence mais de montrer ce qui était passé sous silence. Au sein de tâches nourricières de diverses couleurs, ce qu'il y a d'élémentaire dans la langue est ruminé, restitué en une sorte de plus offrant à la perspective rimbadienne. C'est pourquoi on sent ici que le corps parle sans pour autant s'exhiber. L'artiste sait qu’en sortant la poésie de Rimbaud de ses conduits comme il sort la peinture de ses conduites forcées, il crée une sorte d'appel d'air : noués-dénoués les mots de poète peuvent provoquer des éboulements dans lesquels se tord le réel. Contre la béatitude du langage et de l'image, il réclame toujours quelque chose de plus : substituer l'histoire à l'histoire, sortir le poète de sa légende, fuir l'évènementiel dans ce qu'il possède de trop factice vers le coeur occulte et occulté de l'œuvre et de ses images océaniques. Dans ce  voyage vers la visibilité, l'artiste libère  l'image et le discours, des règles de sécurité qui limitent habituellement le jeu, grâce une stratégie de dérive et d'ouverture.


On, se souvient que Mallarmé donnait déjà le signe de la pure ouverture d'un lieu. Gaudaire-Thor, à sa manière, le rappelle. Rien n'aura lieu que le lieu. Ainsi se noue l'ouverture et la visualisation d'un jeu passionnant que l'auteur d'Igitur pressentit et qu'il nomma le "rythmique suspens du sinistre". C'est bien en effet ce qui se passe dans les propositions faites à Rimbaud par l’artiste : ce qui est à l'image, ce qui fait image n'est plus un “ bout ” de texte en ajout ou illustration. Ce qui s'impose est de l'ordre du secret, de l'inconscient. Une langue nouvelle peut surgir, fille de la matrice vers laquelle Gaudaire-Thor nous fait remonter.  Ses oeuvres restent la figure d'une fission et ouvrent aussi à un au-delà ou un en-decà. L'œuvre de Rimbaud peut l'admettre car l'artiste est un de ceux qui a compris au mieux ce qu'elle engageait jusque dans l'atrophie finale, là où elle se réduit à une correspondance dont on aurait tord de mépriser l'importance.

Sur et hors de la toile : un regard sur l'art contemporain de Jean-Paul Gavard-Perret ]]>
Sat, 10 May 2008 09:21:00 +0200 http://www.artpointfrance.info/article-19437639.html
<![CDATA[James Coignard]]> http://www.artpointfrance.info/article-19411099.html Franchir le seuil. Le premier alibi de James Coignard, peintre, vertigineux dans son  exigence, est la vertu de réciprocité : donner pour recevoir. Son oeuvre à première vue impénétrable dépasse la polarité de la bonne  ou la mauvaise peinture. Mue par l'amour (une rencontre, la  passion...) elle va bien au-delà du trivial et frôle le sublîme.


Peinture allégée et jamais prosaïque, parfois terreuse et massive,  d'autres fois comme subjuguée par le désir d'infini. Coignard n'a  jamais été vaincu et sa guerre fut une victoire sur les ambiguïtés  insolentes du principe d'identité. Pour nous ses axiomes sont moraux :
- Qu'en est-il de l'homme, cet être pensant et mortel ?
Ou encore :
- Mort et immortalité comme éternels problèmes de l'art, hors du temps  et d'autant plus internes que l'homme-artiste vieillit.


On reconnaît une oeuvre de Coignard à son mystère en zigzag. Une  plénitude du trait noir en forme de figure humaine, une tache rouge,  une flèche dirigée vers un  chiffre "8", des nappes bleues et  blanches. L'amour dans son élan, auquel succombe fatalement l'artiste  vivant, jamais sur la défensive, même s'il s'efforce parfois de réduire ses prétentions.


L'âge a cependant eu le dernier mot sur James Coignard. La dernière  fois qu'il a peint, c'était comme la première fois encore...dans  l'éternité. Ses têtes de plus en plus extatiques approchent la limite  du silence. Sur le point de s'évader dans un ultime tour de force le  peintre est mort en accostant sur le rivage en un éclair foudroyant.  Au-delà confondus : l'espérance et le coeur qui bat une dernière fois.

Pierre Givodan



James Coignard artiste peintre de renommée internationale, né le 15 septembre 1925 à Tours, est décédé à l'âge de 82 ans le vendredi 7 mars à Mougins, France.
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Fri, 09 May 2008 06:43:00 +0200 http://www.artpointfrance.info/article-19411099.html
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Wed, 07 May 2008 07:08:00 +0200 http://www.artpointfrance.info/article-19339403.html