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    <title><![CDATA[Magazine : Art actuel, Art contemporain (Sur et hors de la toile : J.-P. Gavard Perret)]]></title>
    <link>http://www.artpointfrance.info/categorie-713181.html</link>
    <description>Les derniers articles publiés dans la catégorie &quot;Sur et hors de la toile : J.-P. Gavard Perret&quot; du blog &quot;Magazine : Art actuel, Art contemporain&quot;</description>

        <language>fr</language>
    
    
    <pubDate>Thu, 16 Feb 2012 18:58:41 +0100</pubDate>    <lastBuildDate>Thu, 16 Feb 2012 18:58:41 +0100</lastBuildDate>    <generator>Over-blog.com RSS 2.0 Engine</generator>    <copyright>Copyright 2012 www.artpointfrance.info</copyright>            <category>Sur et hors de la toile : J.-P. Gavard Perret</category>    <docs>http://www.rssboard.org/rss-specification/</docs>                        
      <item>
        <title><![CDATA[Sabine Delahaut]]></title>
        <link>http://www.artpointfrance.info/article-sabine-delahaut-99479604.html</link>        <description><![CDATA[<p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <strong><br></strong>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <strong>Sabine Delahaut. &nbsp;La gravure comme refuge et libération.</strong>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    par Jean-Paul Gavart-Perret
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <strong><img style="border: 0px solid #000; margin: 10px 10px;" width="308" height="413" class="GcheTexte" title="Sabine Delahaut" alt="Sabine Delahaut" src=
    "http://idata.over-blog.com/0/08/35/39/2012-janv/delahaut4.jpg"></strong>&nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    Toujours à l’affût de la promesse de l’aube et de son chat qui gratte à sa porte Sabine Delahaut se nourrit toujours rêves d’enfance. Les rêves et les souvenirs sont pour elle un terreau des plus
    fertiles. Née à Liège elle a su plaquer un travail qui ne la satisfaisait. Elle est &nbsp;allée vers la mise en images &nbsp;des idées qui germent aux « spectacle de la rue, dans les transports
    en commun, dans mes rêves ou lors d’une conversation ». L’artiste les ébauche d’abord à l’aide de dessins puis les transpose sur une plaque de cuivre. Elle l’incise à l’aide de toutes sortes
    d’outils de taille douce dont et principalement le burin. Elle imprime ensuite des épreuves, en couleur ou non dans un atelier de gravure qui se trouve dans le 14ème arrondissement de Paris.
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    Le geste même de la gravure représente pour la créatrice &nbsp;la possibilité de &nbsp;laisser une trace qui se révélera être « un relief tangible, une petite boursouflure sur le grain du papier,
    comme un fil posé, me fascine. &nbsp;C’est un geste ancestral, simple et beau ». &nbsp;Sabine Delahaut préfère le burin par rapport à l’eau-forte. Elle en rejette le côté par trop aléatoire. Le
    burin à l’inverse permet de maîtriser son travail d’un bout à l’autre. Celui-là « &nbsp;pousse la ligne vers l’avant, étire le temps dans un geste hypnotique, rassurant. Il est parfois nécessaire
    de bloquer sa respiration afin de manoeuvre une plaque de grand format, car c’est toujours la plaque qui bouge et donne le mouvement à la ligne et non le burin ».
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp; &nbsp; &nbsp;&nbsp;<img width="310" height="413" class=" GcheTexte" title="Sabine Delahaut" alt="Sabine Delahaut" src="http://idata.over-blog.com/0/08/35/39/2012-janv/delahaut1.jpg" style=
    "border: 0px solid #000; margin: 10px 10px;">
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    Pour l’artiste &nbsp;la gravure est une passion dévorante. Elle adore le cuivre vierge lord de promesses comme elle aime les outils qui le pénètrent sensuellement en ayant soin de le caresser
    afin de vérifier &nbsp;l’absence d’aspérité ou pour combler ses creux de blanc d’Espagne et ainsi révéler le dessin &nbsp;petit à petit. Elle a une tendresse particulière à « cette noble vieille
    dame » qu’est une presse. Il s’agit de son alliée imposante &nbsp;et nécessaire « faite d’engrenages, de rouleaux et de plateau ». Bref encre, huile, papier, grain, filigrane, grattoir, ébarboir,
    roulette, burin, pointe sèche, tarlatane, spatule, &nbsp;parfums d’ateliers et d’encres chauffées restent les ingrédients passionnels d’un &nbsp;art confidentiel, discret et silencieux qui
    implique un partage de savoir et une transmission.
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    Grandes lectrices, amateurs des films médiocres qui l’a font pleurer Sabine Delahaut a pour grands anciens ou contemporains &nbsp;Dürer, Memling, Holbein, , Louise Bourgeois, &nbsp;Kiki Smith,
    Vija Celmins, Luc Tuymans, Michael Borremans. Toutes celles et tous ceux que fascinent la spacieuse mélancolie, la &nbsp;solitude extensive et lumineuse. La créatrice construit un espace de
    douleur et de douceur, la cage de l'être aux barreaux élastiques &nbsp;afin qu'il puisse passer à &nbsp;travers. La gravure devient &nbsp;le théâtre de son ailleurs. Chaque trait est ouvert,
    fermé. Il fait reconnaître &nbsp;l'inclinaison du temps là où le geste de création ne souffre pas de compromis et où le regard est dans la main. Graver revient toujours inciser le présent en un
    acte immobile presque immobile La courbe des épaules de l’artiste dit combien elle ne peut pas se permettre la moindre digression, le moindre geste fantôme.
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    Surgit chaque fois un état naissant. Entendons par là le secret de la fascination. Un paysage s’ouvre sous la paupière comme s’il s’agissait d’un tableau de Vermeer dont le nom veut dire « plus
    lointain ». Il y a soudain une ressemblance étrange. Elle rapproche de l’harmonie. Bref une secrète parenté surgit &nbsp;entre le rêve et le théâtre de la gravure même toujours plus vrai que la
    réalité. L’imaginaire atteint alors ses propres limites, sa frontière . Cela pose la question de la gravure donc de la vie. Inciser revient &nbsp;à se livrer à sa fascination méticuleuse.
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <img width="369" height="306" style="border: 0px solid #000; margin: 0px auto;" class=" CtreTexte" title="Sabine Delahaut" alt="Sabine Delahaut" src=
    "http://idata.over-blog.com/0/08/35/39/2012-janv/delahaut2.jpg">
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <img width="389" height="290" style="border: 0px solid #000; margin: 0px auto;" class=" CtreTexte" title="Sabine Delahaut" alt="Sabine Delahaut" src=
    "http://idata.over-blog.com/0/08/35/39/2012-janv/delahaut5.jpg">
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>]]></description>
        <pubDate>Thu, 16 Feb 2012 18:37:00 +0100</pubDate>        <guid isPermaLink="false">87494e675e4cb5d9c645b5fd22fffb6d</guid>
                <category>Sur et hors de la toile : J.-P. Gavard Perret</category>        <comments>http://www.artpointfrance.info/article-sabine-delahaut-99479604-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Nora Jaraba]]></title>
        <link>http://www.artpointfrance.info/article-nora-jaraba-99296533.html</link>        <description><![CDATA[<p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    <strong>Connus, inconnus, connus. Nora Jaraba et le dévisagement de l'identité.</strong>
  </p>
  <p>
    par Jean-Paul Gavard-Perret
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    Il existe, au sein de l'art du portrait, diverses logiques. Certaines sont capables de donner à voir une vérité qui n'est pas d'apparence mais d'incorporation. D'incorporation très particulière.
    C'est le cas de Nora Jaraba qui peint "ce qui ne peut se photographier : à savoir le visage" si l'on en croît William Burroughs ...&nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <img src="http://idata.over-blog.com/0/08/35/39/2012-janv/figure1.jpg" alt="Nora Jaraba" title="Nora Jaraba" class=" GcheTexte" style="border: 0px solid #000; margin: 10px 10px;" height="300"
    width="224">En ses portraits le visage est plus dans qu'à l'image. L'artiste a compris que depuis l'Antiquité grecque visages et masques étaient indissociables. Le visage &nbsp;et son portrait
    &nbsp;sont au centre de toutes les ambiguïtés parce qu' ils demeurent &nbsp;les modèles de la logique anthropomorphique de l'art occidental. Nora Jaraba &nbsp;a suivi &nbsp;cette traversée pour
    aller du connu à l'inconnu, de l'inconnu au connu qui reste toutefois un mystère.
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    Elle a compris combien le visage, plus que miroir, est un lieu de mascarade et de falsification de l'identité. Dans ses portraits c'est donc la "visagéïté" (Beckett) qui l'intéresse. Elle en
    souligne la fausse évidence. Elle le dévisage selon divers principes : celui de la série, de l'effet de "grattage" ou d'altération.
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    La vérité du visage est donc un leurre que l'artiste exploite. Plutôt que de faire éclater les masques elle le souligne d'une certaine manière à fin de mettre à nu une fixité du regard et
    &nbsp;le plonger dans l'opacité révélée d'un règne énigmatique.
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    De la sorte et paradoxalement l'artiste pénètre le visage par effet de surface en de longues vibrations de lumière altérée. Subsistent &nbsp;la trace et l’ajour d’une existence prisonnière par
    l’éclat diffracté de la lumière sur la "peau" grumelée de masque.
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    A ce titre l'artiste ne cherche pas à satisfaire le regard et la curiosité par des images accomplies, arrêtées mais par un effet de dérives aussi composites que rares. En surgit un silence
    abyssal. Le portrait n'engendre pas le monde de l'hypnose mais de la gestation.
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <img src="http://idata.over-blog.com/0/08/35/39/2012-janv/figure2.jpg" alt="Nora Jaraba" title="Nora Jaraba" class=" GcheTexte" style="border: 0px solid #000; margin: 10px 10px;" height="300"
    width="224">L’être à travers ces portraits semble étrangement s’appuyer sur une sorte d'étouffement soulignées par les traits noirs. Ceux-ci créent une multitude fractionnée ou le balbutiement
    d’une ombre à la recherche de son corps. Ils tentent la reprise d'un &nbsp;"qui je suis" qui viendrait torde le cou au "si je suis".
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    Nora Jaraba remet en cause la question du portrait et de l'identité par un &nbsp;travail de fond à travers ses "occurrences". En prenant de la distance envers le classicisme elle "envisage" et se
    "dévisage" ses portraits. &nbsp; Elle &nbsp;les irradie de manière violente et sans concession afin de les brouiller.
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    Elle en dénature la froideur sans pour autant les limiter à une psychologisation. L’identité devient fantôme dans un cérémonial presque délétère capable de souligner les gouffres sous la présence
    et &nbsp;faire aussi surgir des abîmes en lieu et place des féeries glacées.
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    Elle laisse émerger &nbsp;cependant une présence. Avec une telle artiste &nbsp;se franchit un seuil. On passe de l'endroit où &nbsp;tout se laisse voir vers un espace où tout se perd pour
    approcher une "renaissance" blanche &nbsp;incisée de nouveaux contours.
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    Il faut savoir contempler les portraits comme un appel intense à une traversée. Nora Jaraba offre &nbsp;un profil particulier au visage et au temps qui soudain a prise sur lui. Le premier
    &nbsp;demeure en rien métaphore ou reproduction mais &nbsp;spécification de l'être.
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    En conséquence l'art du portrait ne représente plus une thématique classique. Surgit le feu secret du silence dans chaque visage. L'artiste " l’abîme " en délitant &nbsp;les apparences vers
    d'autres déliquescences et afin de lui accorder un &nbsp;autre approfondissement. S'y révèlent &nbsp;des schèmes élémentaires avec rudesse et impertinence.
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <strong>voir aussi :</strong> la <a href="http://www.artpointfrance.org/jaraba/index.htm" target="_blank">vitrine de Nora Jaraba</a> dans Art Point France
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>]]></description>
        <pubDate>Tue, 14 Feb 2012 09:48:00 +0100</pubDate>        <guid isPermaLink="false">3824f1c191a3605b966f00ac0dcc82a9</guid>
                <category>Sur et hors de la toile : J.-P. Gavard Perret</category>        <comments>http://www.artpointfrance.info/article-nora-jaraba-99296533-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Catherine Bolle]]></title>
        <link>http://www.artpointfrance.info/article-catherine-bolle-98782279.html</link>        <description><![CDATA[<p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;<img src="http://idata.over-blog.com/0/08/35/39/2012-janv/arci-1.jpg" alt="Catherine Bolle" title="Catherine Bolle" class="CtreTexte" style="border: 0px solid #000; margin: 0px auto;"
    height="296" width="447">
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <strong>Les seuils de Catherine Bolle</strong>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    par Jean-Paul Gavard-Perret
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    I &nbsp;BUEES OU LA POETIQUE DE L'ESPACE
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    Plus de lignes mais un étagement de plans faiblement colorés qui s'amenuisent. Bleu ténu, gris pâle, blanc à peine cassé. Ce n'est pas ce qu'on voit d'abord mais ce qui attire. L'en deçà et
    l'au-delà du paysage prennent corps dans le travail de Catherine Bolle. La buée devient le voile qui enclot, borne. La vue s'y perd elle-même en tant que pure saisie. Restent le suspens et le
    temps insaisissable.
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    Tout est différé. N'existe plus de ligne d'horizon. Juste une indécision vaporeuse. La ligne elle-même change de profil, se reporte plus loin &nbsp;- visible mais non prégnante. Elle ne s'offre
    que de loin. Elle n'existe plus sinon en ce recul qui la reconduit sans cesse vers l'ailleurs, hors de la vue qui fige en prenant acte de l'étendue. L'horizon n'existe plus ou existe mal.
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    Il est là pourtant. Ce n'est pas un mirage. Il est là quoique incertain, il se profile. Avant même la vue qui l'appelle. Mais l'horizon n'a d'existence qu'en son recul comme une vue de l'esprit.
    Il est mal vu. Sa présence se dilue, se creuse dans l'esquive et la fuite.
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    Le buée de Catherine Bolle mêle le lointain au proche. Dans un séjour incertain, sans prise. Tout vacille. Le paysage semble aimanté du dedans. Même et autre. Il perd son évidence. Se nimbe
    d'irréalité. Hantise du lieu reculant, régressant, comme en fuite. La buée est le rien qui couve l'étendue. Le paysage n'apparaît que sous un flux affaibli, dans un appel moindre.
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    Mais chez l’artiste la buée n'est pas l'ombre. Elle l'aspire tout autant. Elle la tire à elle. Il y a un conflit sourd, une tension douce. La buée invente un séjour où se lover. Il est oubli de
    soi, oubli de l'horizon béant. On s'engage dans une autre dimension. La buée n'est en rien chimère mais paradoxale épiphanie. &nbsp;Apparence au bord de l'apparence. Elle est apparition.
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    N'étant pas vraiment elle se profile pourtant, se levant, disparaissant sans formes. Elle n'est qu'appelant sans être palpable. Légère, diaphane, riche de son pouvoir elle montre et cache. Attire
    de son pouvoir étrange. On la contemple ou plutôt elle envahit. Sa force est muette, douce, pénétrante. On ne peut l'ajouter au séjour. Ni la retrancher.
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    Son moindre est tout. Il atteste de la vie, de ses touches, de ses rappels. &nbsp;Elle n'est pas pour autant la lueur de rêve et de la mélancolie. Elle est le seuil d'un autre dévoilement. Se
    dérobant elle enrobe. On ne la contemple pas pour elle-même, pour ce qu'elle est mais par ce qu'elle fait. Mais l'œil a tord ne pas s'y arrêter suffisamment.
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    La buée de Catherine Bolle n'est donc pas la brume. L'atmosphère n'y prend pas le même corps. Il laisse juste des traces. C'est un écrin à hantise, le souffle indistinct de l'image, la matière
    pulvérisée de la psyché. Un porte empreinte d'à peine à peine. Le plus souvent elle n'insiste pas, nous laisse en paix. Atmosphère, atmosphère, délocalisation, génie du non lieu, hantise de
    l'air. Sa diaphanéité, sa lumineuse poussière.
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    II LES LIVRES DE VIE
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    Chaque livre peint, gravé, rehaussé selon Catherine Bolle crée un rapport ambigu à une vérité mystique. Ce qui clôture ouvre. Ce qui envahit ferme. Les mots disparaissent, apparaissent. L'image
    disparaît parfois dans leurs vagues et leurs plis. Plus d'emphase. Plus d'en phrase. Juste le désir de faire. Le désir du vertige. L’interrogation fondamentale à propos du verbe et de l’image.
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    Chaque livre devient une épreuve d'absence et de fascination. Rodent des embranchements multiples, un ensemble de rhizomes. Quelque chose qui fait penser parfois aux réticulations végétales, aux
    vaisseaux capillaires. &nbsp;- le graphite, les couleurs et le papier - se couvrent l’un l’autre. A l’horizontalité répond la verticalité. D’une axe, l’autre : deux vies secrètes mutuellement :
    celle de l’artiste, celle du poète ou de l’écrivain.
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    Surgit une incorporation abstraite pour le dessin, concrète pour la langue au &nbsp;point de démarcation entre un état de vision et un état d’oubli. Les lignes de Catherine Bolle sont toujours
    nerveuses mais contrôlées, &nbsp;Souvent toute en hauteur et en énergie pour laisser jaillir ce que l’artiste elle même &nbsp;ne peux prévoir et qu’elle découvre en avançant.
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    Les mains créent le regard, ouvrent l’expérience visuelle par la pulsion du geste vers une sorte d’extériorisation architecturale, mouvante, métaphorique, &nbsp;semblable aux reprises d’une grand
    corps atomique et expulsé de lui-même dans ses éclats.
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    Malgré les masses des mots ou leur ténuité existe beaucoup d’ordre. Il ne se limite &nbsp;pas pourtant &nbsp;à un relevé indiciaire. Un débordement demeure. Deux langages se rejoignent. Pour
    atteindre une sorte d’essence de la vie et de la peinture. &nbsp;Travail des traces au double sens de vestige et d’état naissant : Points de vie, empreintes. Traces quasi sonores. Tympan d’une
    incarnation émerveillée &nbsp;pour parler le silence.
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    Mesure et démesure. &nbsp;Infusion. &nbsp;Peindre, dessiner, écrire deviennent des actes charnel qui &nbsp;remplit le silence de sonorités . &nbsp;Cris d’accouchement de ce que les mots seuls
    &nbsp;ne pourraient dire. La peinture n’est ni un gouffre, ni l’innommable : &nbsp;c'est d’avancer. Circuler sans dehors ni dedans. &nbsp;D’où les effets de transparence, de dilatation, &nbsp;de
    voyage, de dérive proposés par l’artiste.
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    Traces dans la trace. Beaucoup de couleurs, beaucoup de griffures. Sur les vagues des premières les secondes s’imposent. &nbsp;Il faut consentir au saut vers ce qui échappe &nbsp;et ne pas
    forcément assembler.
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    III LES ATELIERS MARINS
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    Les manoeuvres du temps ont dévoré les stratèges. Et leur temps lui-même. Restent leur broderie parodique que Catherine Bolle leur donnes. Deux contours n’en font parfois qu’un : additionner
    devient un raccourci vers la soustraction cachée à l’affût.
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    Les oeuvres d’atelier &nbsp;rassemblent l’empire et le ghetto, révèlent la détresse et la tendresse, réveillant la victime, recueillant l’anonyme. Théâtre de la terre et de l’eau. Contours,
    parfois, juste contours.. Pour voir un autre ordre de l’aurore des décors qui n’en sont pas. Sans le savoir ils deviennent un pays étranger. Des corons nus.
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    L’espace dessine la force du mouvement. Surgit un invisible rythme dans l’infinité de tes transpositions : l’écho, la perte, le relief. Par quel passage l’autre face du semblable ? Catherine
    Bolle empêche la coupure. Approches et séquences: l’inclinaison enferme le rectangle. Plus un arbre. Plus rien. Tout ce qui tient droit vacille. Un lieu et pas un lieu.
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    Dans l’atelier le regard est toujours à inventer. Seule Catherine Bolle, femme parmi les hommes, retrouvera un arbre. Sous le dais d’une nuit mouvante l’esprit des ancêtres de l’artiste
    &nbsp;veille. Profusion des signes : les géants se querellent sous la mer qui tremble. Conques d’oubli sonore les goélands surgissent pour chanter à l’oreille d’autrui. Et le reste du monde a un
    goût de pitance. Épiphanie marine. Pulsations des âmes. Les sirènes ignorent les fonds d’abysse. Ces forêt de la mer derrière une invisible cloison. Les ateliers semblent des ateliers sous l’eau.
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    &nbsp;<img src="http://idata.over-blog.com/0/08/35/39/2012-janv/arch-2.jpg" alt="Catherine Bolle" title="Catherine Bolle" class=" CtreTexte" style="border: 0px solid #000; margin: 0px auto;"
    height="296" width="447">
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    <strong style="background-color: #ffffff; font-family: Geneva, Arial, Helvetica, sans-serif; font-size: 12px;">Poétique de l'espace entre art et science</strong>
  </p>
  <p>
    Catherine Bolle expose du &nbsp;<span style="background-color: #ffffff; font-family: Geneva, Arial, Helvetica, sans-serif; font-size: 12px;">5 février au 28 avril 2012</span>
  </p>
  <p style="padding-top: 0px; padding-right: 0px; padding-bottom: 5px; padding-left: 5px; font-family: Geneva, Arial, Helvetica, sans-serif; font-size: 12px; background-color: #ffffff; margin: 0px;">
    à l'Espace Arlaud à Lausanne
  </p>
  <p style="padding-top: 0px; padding-right: 0px; padding-bottom: 5px; padding-left: 5px; font-family: Geneva, Arial, Helvetica, sans-serif; font-size: 12px; background-color: #ffffff; margin: 0px;">
    <a href="http://www.artpointfrance.info/article-catherine-bolle-96218932.html">voir la présentation de l'exposition</a>
  </p>
  <p style="padding-top: 0px; padding-right: 0px; padding-bottom: 5px; padding-left: 5px; font-family: Geneva, Arial, Helvetica, sans-serif; font-size: 12px; background-color: #ffffff; margin: 0px;">
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    <strong>voir aussi :</strong> la vitrine de <a href="http://www.artpointfrance.org/bolle/index.htm" target="_blank">Catherine Bolle</a> dans Art Point France
  </p>]]></description>
        <pubDate>Tue, 07 Feb 2012 14:14:00 +0100</pubDate>        <guid isPermaLink="false">1362d1a2545e9860f090d461a2fd3936</guid>
                <category>Sur et hors de la toile : J.-P. Gavard Perret</category>        <comments>http://www.artpointfrance.info/article-catherine-bolle-98782279-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Natasha Krenbol]]></title>
        <link>http://www.artpointfrance.info/article-natasha-krenbol-98583289.html</link>        <description><![CDATA[<p>
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <strong><img src="http://idata.over-blog.com/0/08/35/39/2012-janv/www_urban_bushman_83x44cm.jpg" alt="Natasha Krenbol" title="Natasha Krenbol" class="GcheTexte" style=
    "border: 0px solid #000000; margin: 10px 10px;" height="360" width="192"></strong>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <strong>Du dérisoire à la gravité. Natasha Krenbol</strong>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    par Jean-Paul Gavard-Perret
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    Les créatures de Natasha Krenbol semblent détachées du monde : graffitées et maculées elles traversent les cultures pour retourner à une sorte de force première, primitive qui évite à l’art de
    tourner bien huilé sur ses gonds. Silhouettes d’hommes et d’animaux entrent dans un étrange ballet faussement sommaire. Par la convergence, la mixité du bestial et de l’humain l’artiste devient
    la plus étrange des derviches « tourneuses » . Ses figures tutélaires se confrontent à la trace brûlante d’un &nbsp;graphisme iconoclaste.
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    Vénéneuse (l’inverse d’une venimeuse) &nbsp;Natasha Krenbol &nbsp;pardonne aux dieux parce qu’ils ont été inventé par le narcissisme des hommes (et ce n’est pas là &nbsp;le moindre de leurs
    péchés) : et c’est bien ces derniers qu’elle met en charpie. Elle n’a pas besoin de blasphémer (sinon de manière très subtile) ni de caresser la gaudriole. Ses œuvres zébrées disent tout.
    &nbsp;Déboulonnant &nbsp;le sacré elle lui donne par son langage une assise plus authentique et charnelle. Et ce de manière abrupte en rejetant tout ce qui se pique d'ésotérisme culturel. C'est
    déjà un bon moyen de montrer les tyrannies perverses &nbsp;de croyances artistiques.
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    Créer reste pour elle une fabrique. Elle n’exclut pas une forme de rationalité particulière. Au chiffrage initiatique elle préfère un langage qui fend &nbsp;la raison et se rapproche d’une sorte
    &nbsp;de magie &nbsp;qui dépasse la religion dans sa logique. Si elle transcende le bas ce n’est pas pour l’envoyer vers d’improbables cieux. Toutefois Natasha Krenbol ne cherche ni à prouver ni
    à démontrer (ce qui ferait la part belle à tous les penseurs ou branleurs de concepts et de "mystères"). Elle sait que trop de plasticiens ne forgent &nbsp;qu'une métaphysique de vaisselle dont
    ils n'astiquent que les cuivres.
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    En effet les réelles chimies et alchimies de l’art &nbsp;répondent à d'autres critères Et une telle oeuvre &nbsp;revient non à créer pour détruire mais détruire pour créer. Fruits tangibles de
    l’expérience de la chair et de son souffle carné, les silhouettes graffitées ouvrent le vivant à une autre densité et prouvent que l’art doit rester l’Initiation terrestre face aux ignominiques
    faux-semblants qui maculent par dégradation le vrai sens du réel. &nbsp;S’il fut un temps où les stylistes - ces anachorètes ayant fait voeu de passer leur vie et méditer au sommet d'une colonne
    - semblaient semer les images arrivées du ciel mais pour n'ensemencer qu'un désert, l’artiste à l’inverse les fait surgir du « growl » des terres arides.
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <img src="http://img.over-blog.com/300x294/0/08/35/39/2012-janv/www_92165_tribute_to_monk_42x41cm.jpg" alt="Natasha Krenbol" title="Natasha Krenbol" class=" DrteTexte" style=
    "border: 0px solid #000; margin: 10px 10px;" height="350" width="357">
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    Pour autant son approche n’appartient pas à un art pauvre. Ou alors il faut entendre par l’adjectif « pauvre &nbsp;» une conscience aiguë de l’art redevenu incision première. Son objet est une
    empreinte. Elle n’essaye pas de représenter le monde sous forme de vestige mais en un état naissant afin de produire une connaissance aussi intime que distanciée par rapport aux définitions
    habituelles de la représentation.
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    Natasha Krenbol crée donc une étonnante force d’imprégnation et de déstabilisation des images. &nbsp;Sa poésie devient peau, peau limite, poche, diversion, immersion, immixtion, capables de
    donner au monde de nouveaux tatouages. Grâce à lui se dévore &nbsp;le jour qui nous dévore et nous crache de l’autre côté du monde. En contemplant une telle œuvre &nbsp;il faut penser &nbsp;les
    images non en termes de développement photographique mais de développement algébrique. L’artiste met au jour une série d’équations nouvelles les différents termes qu’elles renferment. On peut
    aussi parler de &nbsp;développement &nbsp;géométrique. Celui-ci permet de visualiser des surfaces et des rapports inconnu de la réalité et de son opacité sous l’effet d’une dérision qui vient
    tout ébranler.
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <img width="450" height="360" style="border: 0px solid #000000; margin: 0px auto;" class=" CtreTexte" title="Natasha Krenbol" alt="Natasha Krenbol" src=
    "http://idata.over-blog.com/0/08/35/39/2012-janv/www_92174_black_ballad_8_25x30.5cm.jpg">
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <img src="http://idata.over-blog.com/0/08/35/39/2012-janv/www_92175_blackballad_9_29x36.5cm.jpg" alt="Natasha Krenbol" title="Natasha Krenbol" class=" CtreTexte" style=
    "border: 0px solid #000; margin: 0px auto;" height="326" width="450">
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <img src="http://img.over-blog.com/450x321/0/08/35/39/2012-janv/www_9352_summertime_18x26cm.jpg" alt="Natasha Krenbol" title="Natasha Krenbol" class=" CtreTexte" style=
    "border: 0px solid #000; margin: 0px auto;" height="321" width="450">
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    (1) Urban bushman 83 x 44 cm,&nbsp;(2) Tribute to Monk 42 x 43 cm,&nbsp;(3) Black ballad 25 x 30 cm , (4) Black Ballad 29 x 36 cm , (5) &nbsp;Summertime 18 x 26 cm.&nbsp;
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    Exposition Natasha Krenbol du 3 février au 18 mars 2012
  </p>
  <p>
    Musée de la Création Franche
  </p>
  <p>
    58 Av. Mal de Lattre de Tassigny à Bègles
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>]]></description>
        <pubDate>Sat, 04 Feb 2012 15:42:00 +0100</pubDate>        <guid isPermaLink="false">95b0556c5be321e8f5628d42022b736c</guid>
                <category>Sur et hors de la toile : J.-P. Gavard Perret</category>        <comments>http://www.artpointfrance.info/article-natasha-krenbol-98583289-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Pierre Givodan]]></title>
        <link>http://www.artpointfrance.info/article-pierre-givodan-98580728.html</link>        <description><![CDATA[<p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    <img width="244" height="300" style="border: 0px solid #000000; margin: 10px 10px;" class="GcheTexte" title="Pierre Givodan " alt="Pierre Givodan " src=
    "http://img.over-blog.com/407x500/0/08/35/39/2012-janv/mylord.jpg">
  </p>
  <p>
    <strong>Les corps conducteurs de Pierre Givodan</strong>
  </p>
  <p>
    par Jean-Paul Gavard-Perret
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    On aurait tort de prendre la peinture de Pierre Givodan pour une peinture naïve. Sinon à l’assimiler à celle d’une Marlene Dumas avec laquelle l’œuvre de l’artiste français possède bien des
    connexions. Celui-ci reprend à son compte quelques données du Pop art &nbsp;et du graffiti en les mettant en relation avec une réflexion sur le sens de la représentation. Chaque œuvre est autant
    une recherche de l’éclat lumineux et de ses reflets que leur mise en sourdine. Les sujets proposés ne parlent pas directement de l'actualité. Chaque œuvre devient une light box mélangeant des «
    figurations » de diverses zones d’émotions et de mémoires.
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    La sublimation de la clarté &nbsp;toujours à partir de la perte du détail en privilégiant un effet de pan ou de tache. La femme devient souvent &nbsp;dans ce dispositif le lien interstitiel par
    excellence. Non « de » passage mais « du » passage. Ses représentations se collent imaginairement entre elles pour introduire du leurre dans et de la jouissance. On peut donc parler à propos de
    l’artiste d'un imaginaire de lumière capable de nouvelles conjonctions que le spectateur peut reconstruire à son profit à travers des jeux de trames et de dames.
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    Sans doute Givodan est-il à la recherche d’une &nbsp;unité perdue et essentielle en brisant les tabous du beau académique par son approche que nourrissent le goût de l’enfance et celui de la
    provocation. Le thème du voyeurisme est renversé &nbsp;par les nus eux-mêmes dans un travail expressionniste-conceptuel qui utilise uniquement la peinture de manière puissante et primitive.
    &nbsp;Givodan trouve &nbsp;là un moyen de secouer son cocotier ainsi que ceux de nos sociétés à la morale aussi tonitruante qu’hypocrite. Chacune de ses toiles se veut une insurrection et un coup
    porté au trop bien ficelé et au trop vite pensé.
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    L’œuvre présente en outre une originalité particulière si on la considère dans son ensemble au sein de ses diverses séries. Les considérations des propriétés de figures, de leurs dérivés ou de
    leurs subordonnées constituent une somme d’explorations au sein d’un « camp de base » : le dessin et ses errances « naïves ». &nbsp;Celles-ci reviennent selon des trajectoires qui auraient une
    équivalence littéraire dans « La Route des Flandres » de Claude Simon comme d’ailleurs de ses autres romans.
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    Les trajets font des boucles, les traits sont nets ou demeurent comme en filigrane. Car ils ne sont pas forcément mis au premier plan. D’autant que d’une œuvre à l’autre, les interstices jouent
    de systèmes de correspondances ou plutôt de « transports ». Surgissent des corps conducteurs. Ils surmontent l’obstacle de la simple linéarité.
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    Surgit de l’ensemble une apparition fantastique – presque surréaliste parfois et parfois proche d’un Basquiat. Les lignes parfois s’équarrissent pour former des carrés ou des courbures de très
    grand rayon.
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    De telles images &nbsp;déviées (« obtuses » dirait Didi-Huberman) &nbsp;introduisent de paradoxaux effets de réel. On peut parler de &nbsp;« disapparition ». Par une telle approche
    &nbsp;plastique &nbsp;l'univers tel qu'il est donné à voir et à lire se met à &nbsp;"inconsister", à s’absenter. &nbsp;Givodan &nbsp;par inclusions, intersections crée un ordre où réel et
    imaginaire se côtoient et s’entrecroisent.&nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    Des fragments agencés surgit une conjugaison la moins prévisible, la plus incertaine mais la plus probante aussi et qui n’est jamais dénuée d’humour. La peinture ouvre par la figuration à des
    lieux méconnus, décalés. &nbsp;Par des gestes apparemment élémentaires l'artiste ramène au primitif, à l’essentiel pour laisser celui ou celle qui contemple ses oeuvres un champ ouvert à sa
    liberté d’errer.
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    L’œuvre offre &nbsp;quelque chose à la fois de lisse que de compliqué, de primesautier mais de sérieux. En dépit de sa volonté majeure de structurer sa matière - &nbsp;l’artiste ne cherche pas à
    mettre d’ordre. Son langage est fait de pénétration et de langueur, &nbsp;de faille et de présence et propose une fête. Est atteinte de ce fait la déhiscence du monde sans, néanmoins, produire
    des effets de déréliction.
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    Surgit d’un tableau à l’autre l’extase d’une “ naïveté ” travaillée. Nous allons vers &nbsp;une zone inconnue des rives qui d’ordinaire ne se laissent pas atteindre. La douceur comme la violence
    ne sont plus des aveux qui coûtent à dire, au contraire. Elles restent plus anciennes que les mots dont on pourrait maladroitement les enrubanner. Ce n’est donc pas seulement une pensée qui
    emporte chaque oeuvre mais une force joyeuse. Elle fait sortir de l’engourdissement d’un demi-sommeil visuel &nbsp;afin de laisser pénétrer en un pays ignoré, un pays antérieur à la conscience à
    l’image des contrées incertaines qui précèdent toute action dans nos rêves.&nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    L’œuvre invente un espace-temps particulier. Il y a là des trajets et des contre trajets, l’histoire de l’histoire. &nbsp;Par exemple les portraits semblent impassibles &nbsp;mais ils troublent.
    Chacun d'eux dans sa clarté délivre des ombres vers des paysages incertains où tout bascule dans divers types d’égarements.
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    Les présences créent une énergie légère, aérienne et cèdent peu à peu la place à la précision ou à la gravité. Et Pierre Givodan dialogue avec la &nbsp;présence féminine qui demeure à la fois si
    proche et si loin. Comme si par sa "défiguration" picturale elle trouvait la "bonne" distance. Elle ne cherche pas à répondre au fantasme du voyeur. En conséquence et à &nbsp;la question « Et
    vous, vous savez ce qu’il en est de l’amour ? » &nbsp;le peintre répond à sa façon. Il comprend que la vérité d’Eros en dépit des brames amoureux est silence. La poésie de l'amour n'est qu'une
    poésie muette : seule lui convient mieux la révérence de la peinture. Son irrévérence aussi - à savoir non une copie mais une re-présentation.
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    Pierre Givodan force à changer nos habitudes, à laisser tomber notre façon de voir le corps. Chaque femme peinte reste la belle étrangère qui - plus que faire rêver- &nbsp;interroge en sa
    présence. L’artiste ne cherche pas à tout prix à créer un faux raccord entre le regardant et la regardée au sein du mystère de féeries aussi chaudes que glacées. De la plénitude Givodan ne
    préserve que quelques bords. Il dresse quelques balises. La peinture élabore une pénétration par déplacement et réappropriation. Et si son aplat &nbsp;peut révéler des formes, des plaines et ses
    rondeurs, elles deviennent aussi mentales que physiques. Tout se joue dans la sidération que chaque toile décale.
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp; &nbsp; &nbsp;&nbsp;<img width="246" height="300" style="border: 0px solid #000; margin: 10px 10px;" class=" GcheTexte" title="Pierre Givodan" alt="Pierre Givodan" src=
    "http://img.over-blog.com/410x500/0/08/35/39/2012-janv/pierreportr1.jpg">
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    L'artiste oblige à inventer nos propres ruses comme il le fait lui-même. Dans sa naïveté chaque portrait demeure complexe. Le regardeur s’engage d’un côté, pour voir, revient, essaie un autre
    parcours. Sans fin son regard, change de ligne jusqu’à ce qu’il saisisse ce qu’il y a à saisir. Aller, venir, suivre les traits, les courbes, de nouveaux traits, d’autres lignes. Et si Givodan
    fait du regardeur un obsessionnel, celui-ci ne l'est que de sa propre obsession à percevoir à travers les plans bruts de décoffrage mais empreints toujours de grâce.
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    Une telle pratique provoque la saisie improviste &nbsp;de l’ineffable. L’univers sort de sa massivité, de sa compacité. Le féminin lui-même est la matrice presque invaginée de l’acte de peindre.
    Surgissent un rêve, une utopie, une audace et une liberté créatrice. &nbsp;Et une sorte de digression reste toujours présente. Elle devient même une nécessité formelle comme si la peinture
    elle-même était une dérive à laquelle l'artiste donnait autant de sens que de non-sens.
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    Givodan ouvre sa peinture au plaisir. L'idée reste de "pirater" la rhétorique, d'écorcher volontairement les images. Pour lui - loin de tout politiquement ou visuellement correct - il n’existe
    pas de choses auxquelles on ne touche pas. &nbsp;La peinture est donc excitante autant pour le regard que pour l’intelligence. Contre la littéralité &nbsp;l’artiste dresse son exigence.
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    <img width="382" height="500" style="border: 0px solid #000; margin: 0px auto;" class=" CtreTexte" title="Pierre Givodan" alt="Pierre Givodan" src=
    "http://idata.over-blog.com/0/08/35/39/2012-janv/001.jpg">
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    <img src="http://img.over-blog.com/385x500/0/08/35/39/2012-janv/004.jpg" alt="Pierre Givodan" title="Pierre Givodan" class=" CtreTexte" style="border: 0px solid #000; margin: 0px auto;" height=
    "500" width="385">
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    <img src="http://img.over-blog.com/385x500/0/08/35/39/2012-janv/003.jpg" alt="Pierre Givodan" title="Pierre Givodan" class=" CtreTexte" style="border: 0px solid #000; margin: 0px auto;" height=
    "500" width="385">
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    photos : (1) My sweet lord huile sur toile 81 x 65 cm 2011, (2) My favorite things huile sur toile 81 x 65 cm 2011,&nbsp;(3) (4) et (5) "Blues explosion" 1, 3 et 4 huile sur papier 65 x 50 cm
    2012
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    Pierre Givodan participe à « Rendez-vous focus painting », huit expositions collectives de septembre 2011 à mars 2013 en Afrique du Sud : Festival Aardklop, Université du Nord Ouest à
    Portchefstroom, actuellement à Capetown, puis à Franshoek, Bloemfontein, Grahamstown, Oudtshoom, Pretoria et Johannesburg.
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    <strong>voir aussi :</strong> la vitrine de <a href="http://www.artpointfrance.org/Givodan/index.htm" target="_blank">Pierre Givodan</a> dans Art Point France
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>]]></description>
        <pubDate>Sat, 04 Feb 2012 14:58:00 +0100</pubDate>        <guid isPermaLink="false">494e9966a1a514665b58088f4a50e2ea</guid>
                <category>Sur et hors de la toile : J.-P. Gavard Perret</category>        <comments>http://www.artpointfrance.info/article-pierre-givodan-98580728-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Jean-Antoine Raveyre]]></title>
        <link>http://www.artpointfrance.info/article-jean-antoine-raveyre-98579479.html</link>        <description><![CDATA[<p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    <img width="500" height="409" style="border: 0px solid #000; margin: 0px auto;" class="CtreTexte" title="Jean-Antoine Raveyre" alt="Jean-Antoine Raveyre" src=
    "http://img.over-blog.com/500x409/0/08/35/39/2012-janv/06-la-danse-de-salome-pf.jpg">
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <strong>Histoires : Jean-Antoine Raveyre</strong>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    par Jean-Paul Gavard-Perret
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    Tout ce qui généralement est refoulé se voit exhausser dans les dramaturgies glacées, drôles,distanciées de Jean Antoine Raveyre. &nbsp;Un « paradis » semble ouvert mais il y a toujours quelque
    chose qui grince et vient déranger le jeu. Chaque photographie regorge d'une troublante curiosité. Elle reste dans sa précision de détails tout sauf une immense braderie. Rien n’est laissé au
    hasard. Comme si l’artiste mettait la minutie d’un Visconti au profit d’un délire fellinien. Chaque œuvre devient le territoire interlope du vide et du &nbsp;trop-plein. Elle présente (et non
    représente - la nuance est importante) un signifiant par l’absurde même que l’artiste met en jeu. Absurde n’est d’ailleurs pas le mot, car les systèmes disjonctifs écartent les lieux communs
    comme les images communes.
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    A la banalité des lieux Jean-Antoine Raveyre donne une nouvelle assise, des axes visibles de pénétration. Le spectateur ne se limite plus à satisfaire sa curiosité mais son interrogation. Surgit
    toujours dans la photographie un élément perturbant, &nbsp;paradoxal. Il n’enlève pas au contexte son agrément. Au contraire. Car existe un goût et un désir du beau dans les déconstructions
    reconstructions, dans les décontextualisations à plusieurs entrées.&nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <img src="http://img.over-blog.com/300x500/0/08/35/39/2012-janv/23-historique-photographie-1-pf.jpg" alt="Jean-Antoine Raveyre" title="Jean-Antoine Raveyre" class=" GcheTexte" style=
    "border: 0px solid #000000; margin: 10px 10px;" height="500" width="300">On ne sait jamais vraiment qui est l’intrus dans ses photographies : le sujet comme le contexte créent divers axes
    d'échange et de pénétration. L’artiste construit au sein de nos décors des « temples » effervescents. Il &nbsp;offre sa fête et ses paradis artificiels. Par ses amalgames à la fois cohérents et
    hétéroclites il ramène parfois à l’univers de Lynch au cinéma ou celui de &nbsp;Pynchon en littérature. En marge d’un centre que d’une certaine manière il vide l’artiste crée des réseaux ou des
    passages secrets. Ses narrations qui deviennent des féeries glacées. Il est autant permis de rêver que de se demander où l’on est projeté.
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    L'anatomie de telles photographies dans sa richesse de détails et sa préciosité plastique &nbsp;offre à la fois confort et inquiétude, cauchemar et comme l’écrit l’artiste &nbsp;"aventure rêvée".
    Elle rapproche et éloigne de la réalité. Elle fascine et révulse. Une force d'exhibition &nbsp;travaille du côté de l’inconscient. On l’aura donc compris : &nbsp;les structures "architecturales"
    des œuvres de Jean-Antoine Raveyre répondent à d'autres préoccupations que celui du souci d’un bien-être visuel même si pourtant elles possèdent une indéniable qualité plastique.&nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    Le plaisir éprouvé face à de telles photographies doit donc être consumé et accepté totalement. Il dépasse le vertige angoissant qu’elles peuvent créer. Et ce pour une raison majeure : un
    changement est proposé. Une délivrance est possible. Cela différencie l’œuvre de tant de travaux artistiques dont le déplacement proposé n'est qu'un départ raté sans doute parce qu’il n’est pas
    &nbsp;charpenté - comme ici - par le privilège de la beauté.&nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    En prenant le parti du beau Jean-Antoine Raveyre réussit son pari. Ses féeries éliminent la moche, l’à peu près, le bidouillage. Face à une mode &nbsp;de l’enlaidissement accru le photographe met
    le Mont Fuji sur des éventails mais sans rechercher pour autant la moindre saveur exotique ou purement décorative. Une transgression a lieu par des rapprochements intempestifs. L’artiste crée un
    autre horizon. Apparaissent des phosphorescences mystérieuses. Sur les ruines du réel se redessinent une architecture hors de ses gonds &nbsp;nourrie de la clarté de &nbsp;paysages réinventés.
    Nous glissons ainsi du désert du réel à un labyrinthe géophysique où prennent la pose certains de nos semblables, nos sœurs, nos frères - animaux des plus bizarres.&nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    Au pataugement existentiel est substitué un rituel incantatoire. Au sein de la pléthore et du charpentage qui envahit l’œuvre, la beauté est possible même dans des leurres nécessaires et
    stratégiques : ils viennent contrebalancer ceux dans lesquelles nous ne cessons de vagir. Surgit l’approche non d’un miroir mais de sa traversée. Le photographe a donc compris que pour rendre
    évidente toute ressemblance il faut la subvertir. Ses images absorbent le miroir.&nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <img width="500" height="245" style="border: 0px solid #000; margin: 0px auto;" class=" CtreTexte" title="Jean-Antoine Raveyre" alt="Jean-Antoine Raveyre" src=
    "http://img.over-blog.com/500x245/0/08/35/39/2012-janv/20-coeur-bouche-action-et-vie-pf.jpg">
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <img width="417" height="500" style="border: 0px solid #000; margin: 0px auto;" class=" CtreTexte" title="Jean-Antoine Raveyre" alt="Jean-Antoine Raveyre" src=
    "http://img.over-blog.com/417x500/0/08/35/39/2012-janv/14-ecce-homo-pf.jpg">
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    Photos (1)&nbsp;La Danse de Salomé - 2006&nbsp;115 x 140 cm - 3 exemplaires&nbsp;Prise de vue argentique, tirage lambda, (2)&nbsp;Historique photographie N°1 - 2011&nbsp;134 x 80 cm - 3
    exemplaires&nbsp;Prise de vue argentique, tirage fine-art, (3)&nbsp;Coeur, bouche, action et vie - 2010&nbsp;105 x 215 cm - 3 exemplaires&nbsp;Prise de vue argentique, tirage fine-art,
    (4)&nbsp;Ecce Homo - 2010&nbsp;100 x 120 cm - 3 exemplaires&nbsp;Prise de vue argentique, tirage fine-art
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="padding-top: 0px; padding-right: 0px; padding-bottom: 5px; padding-left: 5px; font-family: Geneva, Arial, Helvetica, sans-serif; font-size: 12px; background-color: #ffffff; margin: 0px;">
    "Historique une exposition de Jean-Antonie Raveyre au Centre Jacques Villeglé,&nbsp;Espace du forum&nbsp;95210 Saint Gratien du 2 février au 24 mars 2012
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>]]></description>
        <pubDate>Sat, 04 Feb 2012 14:34:00 +0100</pubDate>        <guid isPermaLink="false">aa8b66ff0205f1f36155bcb91073b525</guid>
                <category>Sur et hors de la toile : J.-P. Gavard Perret</category>        <comments>http://www.artpointfrance.info/article-jean-antoine-raveyre-98579479-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Jeanne Susplugas]]></title>
        <link>http://www.artpointfrance.info/article-jeanne-susplugas-97819476.html</link>        <description><![CDATA[<p>
    <strong>"Je hais les couples "</strong>
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    une proposition de Jeanne Susplugas &amp; Alain Declercq
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    du 20 janvier au 25 février 2012
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    W JAMOISART SPACE Paris 10e
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    <img alt="susplugas.jpg" height="500" width="326" class="CtreTexte" src="http://img.over-blog.com/326x500/0/08/35/39/2012-janv/susplugas.jpg">
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    LES HEROTIQUES : MANUEL DE FELIXITé DE JEANNE SUSPLUGAS
  </p>
  <p>
    &nbsp;par Jean-Paul Gavard Perret
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    Une nouvelle fois Jeanne Susplugas surprend dans un travail de lisière où elle joue mais de manière très discrète entre innocence et (peut-être) cruauté… Toujours à la limite des choses dans
    chacun de ses registres (dessins, photographies, &nbsp;installations, vidéo) il existe dans sa nouvelle proposition une séduction première. Mais très vite le spectateur peut se demander ce qui se
    cache derrière….
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    Invitant des couples d’artistes elle pose la question du rapport de proximité étroite qui peut exister entre deux créateurs tant sur le plan de la passion amoureuse que de la création. Certains
    la jouent « perso ». D’autres tentent sinon un travail à quatre mains du moins à deux cœurs. Toujours est-il qu’il existe toujours – implicitement ou non – une confrontation de deux ego. Pour
    autant fidèle à qui elle est Jeanne Susplugas n’impose rien : elle propose.
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    Ses protagonistes sont séduisants. Mais on peut se demande jusqu’où peut aller leur innocence. Toutefois l’artiste ne présente ni une thèse, ni – pour paraphraser Cronenberg – une « dangereuse
    méthode » &nbsp;à portée psychologique. Elle se contente de mettre en scène de petites pièces très « easy » que l’on associe précisément et communément à &nbsp;une époque heureuse de la vie.
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    Elle aborde ce thème (pas toujours très drôle en dépit se sa félicité inhérente) &nbsp;en metteuse en scène et prêtresse discrète avec humour mais sans cynisme - comme elle le faisait dans une de
    ses vidéos lorsqu’elle faisait un gros plan &nbsp;sur les jambes poilues d’une petite fille. Ici cependant pas de moments farces. A chaque couple son propos et sa proposition. &nbsp;Les «
    tourtereaux » sont &nbsp;(apparemment ?) &nbsp;plutôt réjouissants. Les femmes y sont belles. Et les garçons pas mal non plus. Et l’on sent dans chacun d’eux une relation privilégiée quoique
    dégagée de tout sentimentalisme du type « Coup de foudre à Notting Hill).
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    Il n’empêche que de la nature des couples-artistes semble ressortir une certaine solitude. Une solitude présente il y a quelques années dans des vidéos de l’artiste ( « The bath » ou « In the
    plane »). &nbsp;Certes dans leurs mini narrations, leurs histoires courtes et leurs carnets intimes &nbsp;les protagonistes sont saisis selon leurs humeurs et leurs options créatrices et
    existentielles. L’ambiance peut être interlope mais ludique et en rien malsaine. Il y a là de l’« Expanding body » et un univers amoureux.
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    Par cette proposition Jeanne Susplugas ouvre un nouveau pan de ses interrogations sur le corps. Il ne s’agit plus de jouer avec comme elle le fit avec ses poupées qui frisaient autant le
    grotesque que l’érotique sous couvert d’un jeu qui faisait la synthèse entre Bellmer et Annette Messagier. Nul ne peut dire si à travers ces couples &nbsp;est explorée une forme d’aliénation… On
    en doute même s’il faut toujours se méfier des jeux de Jeanne. Toujours est-il que le corps reste bien là, qu’il circule dans un transport amoureux de bon aloi – évocation de nos rituels
    quotidiens... &nbsp;Et si ces couples servent de miroirs au couple que l’artiste forme avec son partenaire la métaphore qui surgit n’est pas évidente. On ne parvient à distinguer la part de
    fascination de celle d’un sentiment inverse que peut procurer la &nbsp;présence (extra)ordinaire de l’alter ego.
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    L’artiste peut poser autant la question du rôle respectif des deux membres dans une relation d’artiste que celle de la place de chacun d’eux dans son rapport à l’autre sexe. Parfois il pourrait
    sembler que la femme est confuse dans son rôle de femme. Mais l’inverse est vrai aussi.
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    De toute façon et comme toujours Jeanne Susplugas ne prêche pas, ne démontre pas : elle &nbsp;nettoie dans ce qui reste avant tout &nbsp;une ode au plaisir. Se montrer en couple fait peut-être
    durer le désir. On ne dira pas que sans cela n'aurait d’existence immédiate... Mais on sait que l'artiste ne cesse de tendre des pièges.
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    Elle préfère le constat et le jeu formel saupoudrés d’un brin de candeur équivoque dans des dispositifs qui touchent une troublante intimité jamais violée. S’y dégage par échos et en filigrane
    &nbsp;la poésie fragile de l’artiste. L’artiste &nbsp;proposer l'élan artistique ou le secret amoureux.
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    A &nbsp;la langue du corps épris répond celle de l'artiste. Une double corporalité surgit. Elle conjugue l’élan de l'existence et celui de l'art. &nbsp;Les corps s’exaltent dans la prolongation
    de cette étreinte. Compénétration organique et mentale, sa perception, sa sensation. Atmosphères. Effluves.
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    Et à la folie de l’art &nbsp;répond celle de l'amour - l'inverse est vrai aussi. Une des deux est la folie qui dure. La folie pure. On y sacrifie les détails à la vue de l'ensemble. Reste une
    musique venant de partout, venant de nulle part. Venant du corps.&nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    Le voyeur tel un enfant cherche à comprendre. Il sait que dans les contes la promise est vierge au soir des noces, qu'elle monte telle dans le lit et que la nuit son époux prend sa fleur.
    L'enfant voudrait comprendre quelle est cette fleur. Et pourquoi cette fleur quand on la prend à la vierge pleure de sang. Ici l'enfant écoute les « contes » lancés par l’artiste.
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    Il contemple les images. Il sait soudain que si les épines de la rose font saigner, la rose saigne aussi quand on la coupe et que de ce sang surgit le héros. L’enfant maintenant est devenu grand.
    Jeanne Susplugas lui offre une autre méditation.
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    <strong>Informations pratiques :</strong>
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    W JAMOISART SPACE Paris
  </p>
  <p>
    LOFT CMJN, 46 boulevard Magenta, 75010 Paris
  </p>
  <p>
    Fond de la deuxième cour - Code 3945
  </p>
  <p>
    ouvert les Samedi 28/01, 04/02, 11/02, 17/02 et 25/02 entre 14h et 19H.
  </p>
  <p>
    Métro : Jacques Bonsergent - Parking : Parc Saint-Laurent, 52 rue des Vinaigriers Ouvert uniquement sur rdv +33 (9) 51 74 75 39
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>]]></description>
        <pubDate>Tue, 24 Jan 2012 18:46:00 +0100</pubDate>        <guid isPermaLink="false">3cd822ec81ee2e36c9e2a9d01926e4cb</guid>
                <category>Sur et hors de la toile : J.-P. Gavard Perret</category>        <comments>http://www.artpointfrance.info/article-jeanne-susplugas-97819476-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Georges Didi-Huberman]]></title>
        <link>http://www.artpointfrance.info/article-21682451.html</link>        <description><![CDATA[<p>
    "L'image survivante", réédition 2008, Editions&nbsp; de Minuit, Paris.<br>
    "La ressemblance par contact", 2008, Editions de Minuit, Paris.<br>
    <br>
    <br>
    <br>
    <strong>Du cliché à l'épreuve - Georges Didi-Huberman ou le (mauvais) génie du lieu.</strong>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <br>
    par Jean-Paul Gavard-Perret<br>
    <br>
    <br>
    Jamais l'anathème ne remplacera la force de l'analyse surtout lorsque cette dernière est animée par le courage. Celui-ci préside à la réflexion fondamentale de Georges Didi-Huberman sur le sens
    des images.&nbsp; L'origine du livre "L'image survivante" (et de la polémique) est la mise en cause de l'auteur pour un texte qui accompagnait une exposition de photographies sur les camps de
    concentrations nazis. L'auteur commentait plus particulièrement quatre clichés réalisés clandestinement&nbsp;dans les camps de la mort&nbsp; par un membre non identifié de la résistance polonaise
    d''Auschwitz'. Les clichés montraient des femmes nues près du crématoire V de Birkenau et la crémation des corps de détenus gazés avec l'"aide" de ceux qui au sein du Sonderkommando participaient
    à cette crémation avant d'être eux-mêmes gazés, bourreaux malgré eux, victimes en sursis de leurs tortionnaires.
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <br>
    <br>
    Dans un autre de ses livres récents, "Génie du non-lieu", Didi-Huberman cite un précepte de Léonard de Vinci "L'ombre de la chair doit être de terre brûlée". Pour les détracteurs des clichés
    cités plus haut tout se passe comme s'il fallait en revenir au précepte de Vinci : ne jamais exhumer certains types de traces,&nbsp; rayer de la carte du visible ces empreintes. Pour Claude
    Lanzmann par exemple, de telles images ne devraient pas exister. Le directeur des « Temps modernes »&nbsp; précise que si l'on découvre des images témoignant de l'horreur des camps,&nbsp; il faut
    les détruire… Didi-Huberman le souligne lui-même, certaines images&nbsp; risquent d'entraîner une fascination morbide chez le voyeur. Néanmoins au nom de quelle censure peut-on oblitérer des
    images-reliques dans lesquelles les morts et les vivants en sursis se confondent ?<br>
    <br>
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    Loin de tout soucis esthétique ces photographies sont des témoignages terribles arrachés, volés à la surveillance des monstres. On comprend mal leur refus par les thuriféraires de Didi-Hurberman
    qui le taxent pratiquement de révisionnisme !&nbsp; On s'étonne des vindictes contenues dans deux longs articles de la revue des "Temps modernes" : "De la croyance photographique" par Gérard
    Wajcman et "Reporter photographe à Auschwitz" d'Elisabeth Pagnoux qui prétendent donner force de loi à l'écriture&nbsp; tandis que l'image serait vouée à une sorte d'ostracisme fondamental comme
    si elle ne pouvait être qu'un voile, un mensonge, un piège.
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <br>
    <br>
    Certes le débat n'est pas neuf. Il possède d'ailleurs un arrière-fond religieux. Il met depuis des siècles l'opprobre sur l'image et nie sa légitimité non de représentation mais de présentation.
    Si parler des camps - comme l'ont fait par exemple Primo Levi, Paul Celan, Anna Arendt, Giorgio Agamben et bien d'autres - demeure bien et nécessaire, il n'en va pas de même lorsque nous entrons
    dans le champ de l'iconographie. Cette dernière reste marquée d'une fin de non recevoir. Elle ne serait, à l'exception des peintures rupestres et des premiers témoignages visuels des cultures
    préhistoriques, qu'une machinerie "désimageante". Ajoutons à cela que ce n'est pas un hasard si l'attaque envers le texte de Didi-Huberman et les images qu'il défend a vu le jour dans la revue
    "Les Temps Modernes". Son directeur s'est pris peu à peu&nbsp;pour le gardien du temple et la seule persona grata habilitée à dire et à montrer ce qu'il en est de la Shoah . En dehors de son film
    (n'est-ce pas là d'ailleurs un livre d'images ?) rien n'est recevable à ses yeux du côté de l'iconographie quelle soit fictionnelle ou de reportage. Rien ne possède de légitimité, ni le film de
    Resnais (qui demeure pourtant capital) ni les fictions plus discutables de cinéastes (Begnini, Polanski, Spilberg par exemple).
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <br>
    <br>
    On ne se débarrasse pas toutefois aussi facilement du livre de Didi-Huberman et des quatre clichés de la résistance polonaise. On ne se débarasse pas non plus de l’image des camps. L'écrivain
    Maryline Desbiolles l’évoque&nbsp;dans une interview au journal Le Monde : « enfant, j’ai eu l’occasion de parler souvent avec le directeur d’une maison de retraite juive. Il m’a montré des
    choses qui n’étaient pas du tout de mon âge. C’étaient des images des camps et cela m’a marquée, pas seulement sur le coup mais pour toujours ? Cela a contribué à mon écriture. C’est presque le
    plus important ». pour reprendre une phrase du premier livre de Didi-Huberman "l'image la plus simple n'est jamais une simple image". Ainsi, les quatre photographies incriminées permettent à
    l'auteur de reposer les questions essentielles sur la photographie et le mal, sur la valeur, le rôle et le sens de l'image. Questions fondamentales et qui depuis "L'invention de l'Hystérie" non
    seulement traversent l'œuvre de Didi-Huberman mais la fondent.
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <br>
    <br>
    A travers sa réflexion sur Aby Warburg, G. Bataille, M. Blanchot, à travers les Démoniaques de l'art, Fra Angelico ou plus près de nous et entre autres C. Parmiggiani ou Pennone, l'auteur n'a
    cessé d'interroger le sens des images, d'analyser celles qui échappent à la disparition, qui comblent la&nbsp; mémoire absente. Des êtres sont en instance de mort devant nos yeux et voilà que se
    propage leur présence irrécusable. Les photographies&nbsp;acquièrent alors une dimension salvatrice, elles&nbsp; réveillent notre mémoire, enrichissent notre savoir, provoquent l'émotion la plus
    profonde. Certes, l'image photographique ne peut donner que ce qu'elle a. Mais ce qu'elle offre précisément n'est pas rien : d'une certaine manière, elle nous retourne, nous rend tous coupables.
    Car elle a le pouvoir de recouvrir, mais aussi de dévoiler, de procurer la&nbsp; densité de l'émotion à une nouvelle connaissance.
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <br>
    <br>
    Si l'horreur demeure invisible, si l'image ne peut dire ou montrer l'impensable, elle y parvient&nbsp; autant, toutefois que les textes sur la Shoah - le film de Lanzmann lui-même en est la
    preuve.&nbsp; Une représentation se fabrique qui se veut fidèle à l'irreprésentable, sans y parvenir tout à fait.&nbsp; Image et texte sont dans la même impasse :&nbsp; l'une et l'autre se
    rejoignent dans le cul de sac de tout langage.&nbsp;Le réel est trahit car&nbsp;il n'existe pas de moyen de se soustraire à l'ambiguïté qui régit tout protocole de représentation qu'il soit
    iconique ou linguistique. On tente seulement d'y parvenir pour dire,&nbsp; toucher et atteindre le cœur et la raison - l'inconscient aussi - entre l'interdit et la transgression. Le "témoignage"
    brut ou reconstruit sera toujours coupable de ses manques. Il n'en demeure pas moins&nbsp;utile : Bataille, Blanchot, Levi, Celan mais aussi Resnais, Lanzmann en ont montré l'inexorable nécessité
    et l'impitoyable manque, insurmontable pour certains, qui y ont laissé la vie.
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <br>
    <br>
    Face aux faux-semblants et aux révisionnismes, les quatre clichés volés restent et resteront l'image qui manque mais aussi l'image qui revient. Rien n'est résolu, nos interrogations demeurent en
    suspens.&nbsp;Mais c'est peut-être là leur force, celle qui nous place dans l'haleine des mourants, dans la fumée de la crémation. Il y a ce qui ne peut s'oublier, ce dont nous ne devons jamais
    nous débarrasser : le "contact" avec ce que Didi-Huberman nomme dans "Génie du non lieu" : "la hantise de l'air",&nbsp; une odeur qui sourd des clichés et parvient jusqu'à nous. Il ne faut pas en
    avoir peur mais s'y confronter. "L'image mieux que tout autre chose manifeste probablement cet état de survivance qui n'appartient ni à la vie tout à fait, ni à la mort tout à fait mais à ce
    genre d'état aussi paradoxal que celui des spectres qui sans relâche mettent du dedans notre mémoire en mouvement" (p. 16) . Il&nbsp; ne faut pas refuser l'image : elle aussi sert à penser.<br>
    <br>
    <br>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <br>
    <strong><br>
    <br>
    Bibliographie sommaire</strong>&nbsp;&nbsp;: Georges Didi-Hubermann a publié plus d’une trentaine d’ouvrages, dont Fra Angelico. Dissemblance et figuration (Flammarion, 1990), Devant l’image
    (Minuit, 1990), L’image survivante. Histoire de l’art et temps des fantômes selon Aby Warburg (Minuit, 2002), ou, sur la question des photogrammes arrachés à l’enfer de la Shoah, Images malgré
    tout (Minuit, 2003). Signalons aussi un ouvrage collectif sur l’ensemble de sa pensée chez Minuit (avec Laurent Zimmerman et Arnaud Zykner) : Penser par les images : Autour des travaux de G.
    Didi-Huberman (éd. Cécile Defaut).&nbsp;Et pour l’année 2006 : Le danseur des solitudes (Minuit). En 2007 &nbsp;Ex-voto. Image, organe, temps (Bayard), L’image ouverte (Gallimard), et la
    republication chez Christian Bourgois du Mémorandum de la peste.<br>
    <br>
  </p>]]></description>
        <pubDate>Thu, 24 Jul 2008 09:51:00 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">979b5dde437f4b76e09fa1a074b2b0eb</guid>
                <category>Sur et hors de la toile : J.-P. Gavard Perret</category>        <comments>http://www.artpointfrance.info/article-21682451-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Géraldine Lay, François Deladerrière]]></title>
        <link>http://www.artpointfrance.info/article-20106013.html</link>        <description><![CDATA[<p style="text-align: justify;">
    <strong>"L'Illusion du tranquille"</strong><br>
    <br>
    <br>
    Géraldine Lay et François Deladerrière "L'Illusion du tranquille" Chapelle Saint-Jacques, centre d'art contemporain, Saint Gaudens, et image/imatge, Orthez
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <br>
    &nbsp;Deux expositions : du 19 juin au 14 août 2008, image/imatge, L’Imprimerie, 15, rue Aristide-Briand, 64300 Orthez, tél. 05 59 69 41 12, et, du 31 octobre 2008 au 21 février 2009, Chapelle
    Saint-Jacques – centre d’art contemporain, avenue du Maréchal-Foch, 31800 Saint-Gaudens, tél. 05 62 00 15 93. François Deladerrière et Géraldine Lay sont représentés par la galerie Le Réverbère,
    38, rue Burdeau, 69001 Lyon.
  </p><br>
  <br>
  <br>
  <table style="width: 90%;" border="0">
    <tbody>
      <tr>
        <td>
          &nbsp;<img width="260" src="http://idata.over-blog.com/0/08/35/39/2008juin/01.jpg" alt="François Deladerrière" height="208" style=" border: 0px solid #000; margin: 0px 0px;" title=
          "François Deladerrière" class=" GcheTexte">
        </td>
        <td>
          &nbsp;
        </td>
        <td>
          &nbsp;
        </td>
        <td>
          &nbsp;
        </td>
        <td>
          &nbsp;
        </td>
        <td>
          &nbsp;<img width="300" src="http://idata.over-blog.com/0/08/35/39/2008juin/lay2.jpg" alt="Géraldine Lay" height="200" style=" border: 0px solid #000; margin: 0px 0px;" title="Géraldine Lay"
          class=" GcheTexte">
        </td>
      </tr>
      <tr>
        <td>
          &nbsp;F. Deladerrière
        </td>
        <td>
          &nbsp;
        </td>
        <td>
          &nbsp;
        </td>
        <td>
          &nbsp;
        </td>
        <td>
          &nbsp;
        </td>
        <td>
          &nbsp;G. Lay
        </td>
      </tr>
    </tbody>
  </table>
  <p style="text-align: justify;">
    <br>
    <br>
    Monstre va<br>
    <br>
    par Jean-Paul Gavard-Perret<br>
    <br>
    C'est à une rencontre avec une étrange narrativité photographique que nous convient les deux artistes réunis sous le titre de "L'illusion tranquille". L'intitulé est à l'image des tirages exposés
    : bourré d'humour. Les thématiques, les sujets ou objets saisis par G. Lay et F. Deladerrière sont mis en scène avec élégance, en divers jeux entre le subtil et le criard, l’arrogant et le
    secret. Là où derrière l'apparence, le grotesque dessine l’ envers du miroir de nos territoires de rêve,&nbsp;il&nbsp; reste carcasse de voiture et &nbsp;trophée de chasse dont les têtes mortes
    "imaginent" qu'elles peuvent brouter encore. Les deux artistes découpent une sorte de no man’s land. Dans une suite de lieux, par un effet de trop plein,&nbsp;des variations&nbsp;dessinent une
    sorte de friche du monde où les fantasmes ne fonctionnent plus. Surgit un double maillage qui circonscrit une zone d’abandon où le "bon" mauvais goût (en particulier chez Géraldine Lelay) offre
    une “ statuaire ” délétère et outrancière. Les deux artistes ne cherchent cependant aucune dramatisation, aucun effet misérabiliste.&nbsp;Ils se contentent de montrer une symphonie acide et
    cassée de couleurs qui viennent se moquer des figures qu’elles sont censées recouvrir. De ce bric-à-brac surgit paradoxalement un espace vacant donc ouvert et presque aussi onirique
    qu'ironique.<br>
    <br>
    <br>
    <br>
    Tout se joue dans un kitsch où se mêlent la rigidité longiligne et les verticales des structures. Cela crée des paysages qui ne s’arc-boutent pas forcément sur le passé (que laissait présager
    l'adjectif du titre “ tranquille ”) mais prennent presque des aspects de paysages de science fiction&nbsp;en l'absence de&nbsp;présence humaine. La photographie crée des sortes de “ borderlands ”
    qui échappent à toute localisation précise et donnent une éternité à cette touche&nbsp;éphémère du passé soudain figé. Des restes&nbsp; portent témoignage de l'activité de l’homme&nbsp;dans ces
    natures plus que mortes aux couleurs souvent abusives et drôles. De tels clichés ne sont ni mémoire, ni critique d’un certain mauvais goût. Les photographes proposent plus et mieux : ils nous
    contraignent à appréhender un vertige d'objets qui appellent l’imaginaire&nbsp;puisqu'ils sont devenus inutiles.&nbsp;personnifiés, ils nous regardent et semblent s’amuser de l’effet qu’ils
    produisent. Dès lors ils instaurent un élément scénographique essentiel ouvert sur un inconnu qui nous parle vraiment.
  </p>]]></description>
        <pubDate>Thu, 26 Jun 2008 16:22:00 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">e9aeceb594d5814f6a158f6b1f731484</guid>
                <category>Sur et hors de la toile : J.-P. Gavard Perret</category>        <comments>http://www.artpointfrance.info/article-20106013-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Richard Avedon]]></title>
        <link>http://www.artpointfrance.info/article-20707028.html</link>        <description><![CDATA[<p>
    <strong>Avedon : La photographie mouvement<br>
    <br></strong>par J.P. Gavard-Perret
  </p>
  <p>
    "Richard Avedon Photographies 1946-2004, Rétrospective", Musée du Jeu de Paume, 1er juillet au 28 septembre 2008.
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <br>
    <br>
    <br>
    <img width="344" src="http://idata.over-blog.com/0/08/35/39/2008juin/avedon3.jpg" alt="Richard Avedon" height="425" style=
    "BORDER-RIGHT: #000 0px solid; BORDER-TOP: #000 0px solid; MARGIN: 10px 0px; BORDER-LEFT: #000 0px solid; BORDER-BOTTOM: #000 0px solid; border: 0px solid #000; margin: 10px 10px;" title=
    "Richard Avedon" class=" GcheTexte">Qui d'autres sinon Avedon pour symboliser le portrait photographique ? Cela ne va pas pourtant sans une ambiguïté foncière au sujet des… sujets retenus pour de
    tels portraits. La plupart&nbsp; sont le "reflet" des célébrités du temps . Les Beatles, Antonioni (sublime portrait avec son épouse Enrika), Bacon, les Monty Pythons, Jane Livingstone sans
    compter bien sûr les stars de la mode (Twiggy, Elise Daniels, Suzy Parker ou Penelope Tree) et de la politique. La question peut donc sembler pertinente de savoir si la notoriété et le bénéfice
    de l'image de celle ou celui qui pose devant l'objectif&nbsp;du photographe ne vampirise pas ses clichés. La force des épreuves de Richard Avedon&nbsp;dément le postulat. Le gris noir de ses
    portraits est toujours envahi d'une lumière qui chez lui est facteur de mouvement.&nbsp;Dans ses photos de mode Avedon parvient à être érotique&nbsp; sans lubricité. A l'instar de Fred Astaire,
    héros et idole du photographe,&nbsp;l'artiste est capable d'approcher les femmes&nbsp;comme un afficionados qui n'a pas pour autant besoin de les séduire.
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <br>
    <br>
    <br>
    Son écriture&nbsp;jusque dans ses photos de mode sait valoriser le mouvement pour lui-même. Jusque là ceux qui s'étaient intéressés au mouvement (Munracki par exemple dont l'artiste a tiré tant
    de leçons) le rattachait plutôt au culte de la santé. A l'inverse, les filles d'Avedon ne sont pas spécialement "sportives" et la recherche du mouvement est toujours au service de l'émotion.
    Comme un Fragonard (qui l'a plus qu'un autre inspiré) le photographe&nbsp;élabore un vocabulaire nouveau du geste afin de recomposer&nbsp; une syntaxe particulière&nbsp;d'un monde où des femmes
    bouches bée, front appuyé dans les livres,&nbsp; agrippent&nbsp; les pages de leurs&nbsp;doigts&nbsp;tels des pinces. La fascinante beauté de l'exhibitionnisme cède le pas à celle de la
    conspiration. Le front inquiet et le sourire complice sont souvent les motifs dominants d'un pacte entre la femme et le photographe : qu'on se souvienne de son cliché de Suzy Parker rebroussant
    chemin au moment d'entrer au "Shéhérazade"...
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <br>
    <br>
    <br>
    <br>
    <img width="425" src="http://idata.over-blog.com/0/08/35/39/2008juin/avedon5.jpg" alt="Richard Avedon" height="302" style=" border: 0px solid #000; margin: 10px 10px;" title="Richard Avedon"
    class=" GcheTexte">Avedon reste lié à une nouvelle façon de présenter ce qu'il nomma (en français) "le bonheur de vivre" dans lequel on sent l'amour que le photographe porte aux femmes de manière
    non superficielle. On a pu ainsi parler à son propos de "protoféminisme et de complexe de compréhension de leurs difficultés" ! Chez lui la femme n'a rien de naturaliste : elle est même irréelle
    ce qui incline l'artiste vers la générosité, l'esprit, l'humour et une aptitude à prendre lui-même un recul ironique par rapport à son propre pouvoir de "prise" photographique. En ce sens les
    photos de mode du portraitiste restent capitales car elles soulignent le rôle essentiel des apparences dans la création de la "valeur". Cette postulation peut sembler discutable. Mais&nbsp; le
    photographe n'est jamais&nbsp;dupe&nbsp;de la &nbsp;vanité. "Lorsque nous habitions Cedarhurst, ma mère nous emmenait à New-York pour un circuit Met, Frick, Carnegie Hall". Il y découvrit non
    seulement Astaire, mais ceux qui, pour lui, restent les grands portraitistes : Fragonard ("Fragonard est tout en esprit"), Gainsborough, Goya. Il apprend chez eux cette manière lourde et légère à
    la fois&nbsp;de saisir le mouvement de l'être dans un visage qui fait résonner "le bruit sourd du fleuve Intérieur qui l'anime".
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <br>
    <br>
    <br>
    <img width="342" src="http://idata.over-blog.com/0/08/35/39/2008juin/avedon9.jpg" alt="Richard Avedon" height="425" style=" border: 0px solid #000; margin: 10px 10px;" title="Richard Avedon"
    class=" GcheTexte">Photographe citadin par excellence (le paysage ne l'intéresse pas et la nature le fatigue), il demeure le plus sophistiqué et le plus délicat des photographes. Toutefois, en se
    concentrant sur l'humain il le soulève ou l'écrase. C'est pourquoi loin de tout humanisme et en dépit de ses contraintes de portraitiste "officiel" de ce qu'on nomme aujourd'hui les "peoples", il
    sait, dans chaque visage et pose, faire découvrir une charge d’inconnu. Certains de ses clichés sont beaux au sens classique, néanmoins se dessine à travers l’incantation du léché, ce qui affirme
    et nie à la fois cette beauté. On en retient&nbsp;le souffle qui garde la force d’extirper une énigme. Il fait éclater les masques du “ je ” social. Le photographe arrache la fixité, l’opacité du
    règne de l'apparence&nbsp;dans de longues vibrations de lumière et libère ainsi par diffraction une existence prisonnière.
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <br>
    <br>
    <br>
    Surgit, un monde de la présence précaire avec en filigrane l’hypnose de certaines voix (lorsqu'il s'agit de chanteurs ou d'orateurs).&nbsp;Reste toujours cette intensité au sein de laquelle
    l’image fait surgir la&nbsp;fragilité des êtres. Apparaît, même une sorte de douleur muette, larvée. Le créateur montre sous la réconciliation sociale une fracture. Il est celui qui dévoile
    une&nbsp;gravité au sein de la "futilité".&nbsp;Restent une autre empreinte de la chair, un grondement sourd et un gouffre dans la présence. Les "extases" d'Avedon ont beaucoup à nous apprendre.
    Elles demeurent&nbsp; avec leur "part de nuit", des propédeutiques à qui veut comprendre le mystère des images En ce sens que chacune d'elle reste une énigme qui fait de&nbsp;richard Avedon
    &nbsp;le plus grand portraitiste de son temps.
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <br>
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <em>Cinquante ans durant, Avedon fut l’un des plus grands noms de la photographie de mode. L’exposition regroupe 270 œuvres retraçant l’ensemble de sa carrière de 1946 à 2004 : des photographies
    de mode bien sûr, mais surtout des portraits de nombreuses célébrités du monde de la politique, de la littérature, de l’art et du spectacle.<br></em>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <strong><br>
    <br>
    Informations pratiques :<br></strong>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <br>
    Jeu de Paume<br>
    À Concorde<br>
    1 place de la Concorde<br>
    75008 ParisMardi de 12h à 21h<br>
    Du mercredi au vendredi de 12h à19h<br>
    Samedi et Dimanche de 10h à 19h<br>
    Fermeture le lundi<br>
    Tél. 01 47 03 12 50
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    photos :<br>
    <br>
    Autoportrait<br>
    Provo, Utah, 20 août 1980<br>
    Photographie Richard Avedon<br>
    © 2008 the Richard Avedon Foundation
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <br>
    Twiggy, coiffure de Ara Gallant<br>
    studio de Paris, janvier 1968<br>
    Photographie Richard Avedon<br>
    © 2008 the Richard Avedon Foundation
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <br>
    <br>
    Roberto Lopez, ouvrier sur un gisement pétrolifère<br>
    Lyons, Texas, 28 septembre 1980.<br>
    Photographie extraite de la série In the American West<br>
    Richard Avedon<br>
    © 2008 the Richard Avedon Foundation<br>
    <br>
    <br>
    <strong>voir aussi</strong> : <a href="http://www.jeudepaume.org/?page=accueil" target="_blank">http://www.jeudepaume.org/?page=accueil</a>
  </p>]]></description>
        <pubDate>Wed, 25 Jun 2008 10:44:00 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">30953a478b348345f85e284ce1552543</guid>
                <category>Sur et hors de la toile : J.-P. Gavard Perret</category>        <comments>http://www.artpointfrance.info/article-20707028-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
  
 </channel>

</rss>
