Magazine : Art actuel, Art contemporain
De Corse et d'ailleurs
"Blue note huile" sur toile 100 x 100 cm Pierre Givodan
On doit à un amiral anglais "le fil rouge" et à Jean-Paul Ceccaldi "le fil noir". Si on le suit où nous conduit-il ? dans la maison Corse, son île aux quatre horizons et plus encore.
A l'ancre dans une terre de polars et de romans noirs, curieux de littérature, de musique, d'art, Jean-Paul Ceccaldi observe, critique, écrit , sciemment guidé par une poignée de mots : "île", "noir", ... mais gourmand de la totalité du lexique de notre vieille langue. Ainsi, il dispose sans réserve de tous ses termes, y compris sous forme de liste, d'inventaire.
Noir : "Le genre noir contient tous les ingrédients de la symbolique de la couleur : le mystère, l’inconnu ( ce qui est caché ), l’occulte, la menace, la révolte ( l’anarchie), l’autorité, la puissance, la dignité, le pouvoir, l’austérité, le négatif, le néfaste, la tristesse, le désespoir, la peur… le mal, la mort et même jusqu’à l’élégance, la sobriété, le raffinement."
Rouge : "Chaque auteur de polar a le choix et peut ajouter du rouge, avec ses tonalités et son ambivalence. Amarant(h)e, andrinople, carmin, garance, pourpre, rubis, sang... rouge pompéien... rouge Carpaccio, Titien... rouge Ferrari, opéra, pompier... érubescent, roux, rubicond... croix, planète, tapis rouge... La Butte rouge... Julie la Rousse, le Petit Chaperon rouge... le rouge en héraldique, rouge révolutionnaire …"
Et la Note bleue, me direz-vous. Juste une note ? Sans doute ! Celle qui condense la rencontre de deux sensibilités. Jean-Paul Ceccaldi a lu (les nouvelles, les chroniques intempestives) et vu (le travail en peinture) de notre collaborateur Pierre Givodan.
C.P.
Jean-Paul Ceccaldi le 13 avril dans Corse noire
"La note bleue est un son transparent, "bigger than life" (plus grand que la vie), comme le définissait son créateur, l'ingénieur du son Rudy Van Gelder. L’impression d'être dans l'instant absolu de la musique. Un moment d'exception qui sied parfaitement à la définition du terme Blue Note, la note bleue: "Cette note fantôme, impossible à marquer sur une partition, est une émotion", rappelle joliment Norah Jones. Claude Nougaro en a fait le titre de son dernier album. Pour Martin Scorsese, "Blue Note est à la musique ce que le Bauhaus a été aux arts plastiques." En évoquant le Blues, Pierre Givodan nous suggère la " Blue note " et ses spécialistes comme : Wayne Shorter, Bud Powell, McCoy Tyner, John Coltrane, Sonny Rollins et Thelonious Monk;… et, aujourd'hui, Cassandra Wilson, Herbie Hancock, Norah Jones et Wynton Marsalis…
Cet artiste-peintre , à l’âme " jazzy ", met du blues dans ses œuvres picturales mais aussi dans des textes: poèmes, essais sur l’Art ainsi que la méditation poétique, et des nouvelles.
Dans tout ce qu’il crée, il donne à imaginer et suscite les pensées qui viennent du cœur et des fonds lointains exprimés par le Blues, révélant ainsi les fines esquisses de joie et de
tristesse... Comme la musique, une œuvre picturale n’a pas besoin de traducteur et c’est par le regard que l’art du peintre transmet l’émotion, cette "note bleue "… note fantôme. Dans
l’immédiat, nul besoin des mots ! C’est une invitation au voyage intérieur que l’on pourra ensuite raconter, mais ce sera notre histoire et non celle de l’œuvre, car seule l’émotion
originelle est authentique et éphémère. L’émotion reste dans le monde des sentiments et de la vie la plus intime que la raison ne saurait saisir. Le peintre montre jusqu’à l’innommable
dans des tableaux sans titre. Entre Pierre Givodan et le voyeur s’instaure une communication qui permet la transmission d’affects et peut-être davantage… Il essaye de donner quelque chose
comme de la joie et de la tristesse, dit-il. Entre ces deux mots, l’espace est infini dans lequel peuvent jaillir des gerbes d’images et des poèmes lyriques. Parmi les influences, il nous
apparaît celle d’une partie de l’œuvre de Miro, dans la relation entre la peinture et la poésie. "
jp Ceccaldi
On trouve l’emploi de cette expression chez Goethe, en 1809, dans "Les affinités électives", soit : « Tous les cordages de la flotte royale, du plus fort au plus faible, sont tressés de telle sorte qu'un fil rouge les parcourt tout entiers et qu'on ne peut l'en extraire, sans que l'ensemble se défasse, et le plus petit fragment permet encore de reconnaître qu'ils appartiennent à la couronne ».
Ce fil rouge était donc à la fois un élément permettant de repérer l'appartenance du cordage, mais aussi quelque chose dont l'absence le rendait inutilisable.
Nous venons apporter cette précision, simple prétexte pour venir faire une visite amicale sur votre site. Merci pour la gentillesse de votre article. Je reste un de vos visiteurs assidus. Jean-Paul Ceccaldi