Magazine : Art actuel, Art contemporain

17 artistes issus de la villa d'Arson exposent

 

du 10 mars - au 3 juin 2007

 

MAMAC de Nice

   

Le musée de Nice porte un regard sur la jeune création.


La Villa Arson est le lieu d’articulation d’une école d’art et d’un centre national d’art contemporain. Quand elle  dialogue avec le Mamac cela produit l'exposition du printemps de 1994, « Nouvelle vague » qui présentait douze artistes formés à la Villa Arson ou invités dans le cadre de son programme d’expositions. En 2007,  toujours au printemps, "Nice to meet you" présente une sélection de 17 artistes formés à la  même école au début des années 1990.  

 


BEATRICE CUSSOL
 

Du côté du dessin, la figure la plus catégorique de l'exposition est Béatrice Cussol, en ce sens qu'elle accepte entièrement les contraintes élémentaires de ce vieux médium, c'est-à-dire le support papier et le travail figuratif de l'inscription linéaire. La jubilation narrative à l'œuvre dans son travail trouve par ailleurs un autre champ d'expression puisque Béatrice est l'auteur de trois romans qui sont la contrepartie langagière de ses dessins.

 

Jean-Luc VERNA
Victoire temporaire de la ratapignata, 2007
transfert sur mur rehaussé de crayonsde fards
350 x 740 cm
réalisé pour l'exposition au Mamac
©Air de Paris, Paris

 

JEAN-LUC VERNA

 
Le dessin occupe aussi une place centrale dans le travail de Jean-Luc Verna. Il apparaît comme le résultat d'une étrange et peu académique manipulation où sont utilisés ensemble des transferts d'image et des interventions manuelles, des couleurs tirées de la palette de maquillage, des indices formels de l'imagerie fétichiste...

 ...tout un monde grinçant immergé dans l'iconoclasme pervers de la contre-culture punk, avec un voile de noirceur mélancolique qui vient recouvrir l'image de la beauté triomphante du corps musculaire et instiller une menace tragique dans cette pseudo-célébration hédoniste.

 

CEDRIC TEISSEIRE

 
Du côté de la peinture Cédric Tesseire est un bon représentant de ces artistes qui, ayant été formés sur les bases de la déconstruction de la peinture héritée en France du mouvement Supports/Surfaces, ont axé leurs recherches sur des “machines à peindre” mentales susceptibles de produire, à partir de programmes précis, une peinture distante dont l’efficacité visuelle est inversement proportionnelle à son apparente simplicité de mise en œuvre.

 

MARC CHEVALIER

La mécanisation répétitive du geste dans la construction du tableau située selon lui “entre celui de la masturbation et du travailleur à la chaîne” donne  lieu à une variété étonnante d'évocations picturales allant du monochromatisme abstrait à des jeux post Pop sur le thème des écrans d'ordinateurs. Vrais tableaux et succédanés de peinture, ces œuvres par leur puissance métaphorique attirent sur elles quelque chose de la splendeur diffractée du vieux médium qu'elles distancient.

  EMMANUELLE VILLARD

Venus de la peinture les “objets visuels” d'Emmanuelle Villard nous introduisent directement dans le domaine d'une autre catégorie ancienne des arts, celle de la sculpture. Le principe de destruction à l'oeuvre dans son travail comporte toujours une dimension aléatoire.

 

CAROLINE BOUCHER

Le passage de la subjectivité dans un constructivisme imaginatif .

 

MICHEL BLAZY
 

Michel Blazy prétend aussi qu'il fait de la sculpture et les dimensions quelquefois spectaculaires de ses interventions, leur spatialité maîtrisée et l'aspect tridimensionnel de certaines des figures qu'il donne à voir se situent en effet dans une logique acceptable de ce médium. Toutefois quand on considère son travail d'un point de vue matériologique, force est de constater qu'il s'agit là d'une sculpture au sens propre extraordinaire.

 

Berdaguer&Péjus
Psychoarchitecture,2007
résine : 46 x40 x 9cm ; socle : 120 x 60 x 30 cm
production pour l'exposition au Musée d'Art moderne et d'Art contemporain de Nice
©Berdaguer&Péjus
modélisation3DGaël cobert, photo Muriel Anssens, Mamac, Nice

 

BERDAGUER & PEJUS

Le travail du binôme formé par Christophe Berdaguer et Marie Péjus, qui prend souvent des allures sculpturales est pensé comme une série de dispositifs amplifiant des symptômes repérés dans le potentiel utopique de la rationalité technique (science, médecine, architecture...).
L'anthropologie critique à l'œuvre dans le travail de Berdaguer & Péjus se double d'un principe éthique ainsi résumé par Jean-Pierre Rehm : “Se soustraire à l'impératif de production de marchandises artistiques identifiées”. La radicalité de cette attitude est en même temps le gage de la qualité et de l'activité artistique des dispositifs qu'ils nous proposent.

 

TATIANA TROUVE
 

Le travail de Tatiana Trouvé se développe à partir d'une fiction fondatrice qui est à la base de l'ensemble de sa production. Elle a en effet conçu en 1996 ce qu'elle nomme le “Bureau des activités implicites” (B.A.I.) dont la fonction initiale est de conserver et d'archiver toutes les occurrences de sa vie d'artiste.

 

Pascal BROCCOLICHI
Hyperprisme, 2007
Installation sonore composée de 2 prismes réalisés en aluminium Didon laqué blanc,
2 amplificateurs, 2 lecteurs CD, 2 dispositifs de diffusion
200 x 380 x 100 cm (pour chaque pavillon)
production pour l'expositon au Mamac
©Pascal Broccolichi

 

PASCAL BROCCOLICHI

  

Pascal Broccolichi a une place à part dans cette exposition dans la mesure où son œuvre qui assume selon les besoins des aspects sculpturaux, dessinés ou photographiques est sous-tendue par une problématique de topographie sonore dont les résultats sont au principe de ses installations.
Pour notre exposition l'artiste a imaginé un dispositif totalement autogénératif : il installe deux prismes en vis-à-vis diffusant une sonorité produite par les algorithmes informatiques des dessins qui forment l'entourage visuel de la pièce.

 

PHILIPPE GRONON

L'exposition compte aussi certains artistes dont le médium de prédilection est la photographie. Parmi ceux-là Philippe Gronon pourrait être considéré comme le plus étroitement en phase avec les données conceptuelles, techniques et historiques impliquées par cette pratique.

 

BRUNO SERRALONGUE 

Les photos de Bruno Serralongue paraissent aux antipodes esthétiques de celles de Philippe Gronon. Leur relation à la puissance documentaire de la photographie est d'un tout autre ordre, puisque l'artiste vise dans sa pratique un modèle bien différent : celui de la photographie de presse.

 

NATACHE LESUEUR

Natacha Lesueur utilise la photographie pour fixer les étapes d'un travail dont le corps est le principal support. Qu'elle produise des images d'ongles taillés en pointe de flèche, de chevelures plaquées ornées de motifs alimentaires, d'empreintes marquées sur le visage d'hommes endormis, elle incarne en quelque sorte sa réflexion sur les modalités complexes de l'ornement et du décoratif à même les surfaces corporelles qui sont les territoires d'inscription privilégiés de ses recherches.  Les séductions ambigües de l'imagerie qu'elle nous livre renvoient ainsi avec un décalage provocateur et critique au flux d'images dans lequel nous sommes visuellement immergés, kaléidoscope infiniment actif de l'univers consumériste de notre civilisation.

 

Timothy Mason
extrait de Nice Is Nice, 2007
(ma doù soùn passat li bugadiera dou Paioun),
vidéogramme
production pour l'exposition au Mamac
©Timothy Mason

TIMOTHY MASON

Timothy Mason s'est d'abord fait connaître par un travail essentiellement photographique où la question du panoramique qui “étend le champ et annule le sujet central ”a donné lieu à des séries de grande qualité, “Reprise des vides” en 1992-1995 et “Drive by shootings” en 2000. À rebours de la focalisation.  
Pour l'exposition l'artiste a conçu un dispositif spécifique combinant deux axes de son travail ; la réflexion sur le panoramique et les superpositions d'images. Il a filmé une série de séquences en remontant le lit du Paillon, du littoral au pont Anatole France, donnant à voir un paysage niçois souterrain et urbain, dont les boucles superposées seront projetées sur les murs d'une pièce trapézoïdale au rythme d'une rotation épousant exactement celle de la prise de vue.

 

BERNARD LAMARCHE

Lamarche propose sur une  base documentaire un laboratoire des dérives fictionnelles produisant aussi bien des vidéos montrant la beauté fractale et vénéneuse des ombellifères géantes, magnifique illustration systémique d'un monde végétal intrinsèquement inhospitalier (“terrain ombelliférique”) qu'une avancée dans une ville nocturne progressivement envahie par la brume (“Autobrouillard”). BRICE DELLSPERGER

 

BRICE DELLSPERGER

Brice Dellsperger est, lui, un vidéaste puisque son travail se fonde essentiellement sur une déconstruction spécifique du récit filmique. Sous le titre générique de “Body Double”, il décline pièce par pièce depuis 1995 l'aventure de cette relation obsessionnelle au cinéma, qu'il appréhende comme une immense réserve de fictions, de scènes, de situations, dans laquelle il puise la substance de ses réflexions et la trame “ready-made” de ses fantasmagories.

 

Du 10 mars au 3 juin 2007, 17 jeunes artistes issus de la Villa d'Arson exposent au MAMAC de Nice. "Nice to meet you", offre l'occasion d'aller à la rencontre d'artistes appartenant à une même génération et issus d' une même école. Ce qui les distingue saute aux yeux, mais qu'ont-ils en partage ? une histoire, une formation, des maîtres, une ville...

 

Informations pratiques


MAMAC
Promenade des Arts
06364 Nice cedex 4

Horaires
Tous les jours de 10 h à 18 h sauf le lundi, le 1er janvier,
le dimanche de Pâques, le 1er mai, le 25 décembre

  voir aussi : le site du MAMAC
Ven 30 mar 2007 Aucun commentaire