Magazine : Art actuel, Art contemporain

L'Insularité du Noir

(propos d'artiste)

  Fabien Claude  

Confidences :

"Cela fait vingt ans que je me consacre exclusivement à la peinture. Pendant plus de quinze ans, je n'ai pas voulu montrer mon travail, car je ne voulais surtout pas être tenté de donner des réponsesà une demande du public. Je voulais absolument aller jusqu'à un point extrème, jusqu'à un point de non retour, où l'avis des autres n'a plus d'incidence. Mais ce n'est que grâce à mon amie Anne-Marie que j'ai pu travailler pendant ces quinze années sans montrer. En fait je voulais savoir ce que j'attendais vraiment de la peinture."



Paroles poétiques :



"Fatigue, vivre dans un perpétuel orage assourdi par des coulées de sable noir"



"La peinture nourrie de ma chair, dans une ignorance volontaire de soi."



"Le coeur ensablé étouffe dans ma poitrine des déchirures de sang

se ressouder dans sa chair, sur un bruit d'os fracassés

écrire sur la peinture, sur des lèvres blessées

la peinture est un miroir, l'ajustement d'un visage au reflet du mur(...)"



Analyse :



"Ce n'est pas négatif d'être désespéré. Il faut faire quelquechose de cette perte, de ce creux. J'ai toujours été fasciné par la notion de deuil. Elle permet une transition entre le très noir, le très sombre et l'espérance. De cette convalescence naissent beaucoup de possibilités. "



Art de peindre :

"J'ai toujours aimé travailler dans le minimalisme. Minimum de moyens, minimum d'effets, minimum d'instruments...."



Les années grises :



"Tu sais, ce furent ce que j'ai appelé : mes années grises. Je ne suis pas de Metz et cette terre lourde, épaisse, charnue, mise à nue chaque hiver sous un ciel qui n'en finit pas de grisaille m'a profondément marqué. Il y a une telle charge transgénérationnelle ici, que je ne pouvais faire autrement. J'avais besoin dans mon travail de la recherche de la mise en échec. C'était très hasardeux, mais ce n'est qu'au prix de ce passage que tu peux espérer dépasser ce qui existe, pour trouver l'aura de quelque chose qui n'existe plus."



Ces propos ont été recueillis par Gérard Gamand, ils sont extraits de son très bel article "L'Insularité du noir" paru dans AZART n°25 (mars-avril 2007). Gérard Gamand faisait partie du jury qui a nominé Fabien Claude au Grand Prix Azart. Fabien Claude a reçu le premier prix décerné à l'automne 2006 à l'occasion du Salon de Lyon.

 

Les expositions :

jusqu'au 11 mars Galerie la Louve - rue Saint Orban B 6860 Louftemont - Belgique voir notre article

du 8 mars au 21 avril Galerie Idées d'artistes 17, rue Qunincampois 75014 Paris

  voir aussi : notre dossier Fabien Claude
Jeu 1 mar 2007 1 commentaire
la peinture de Fabien Claude est magnifique, on pense à Goya, merci de
nous faire connaître ce peintre si exigeant. Une intensité rare.
marie ducaté - le 13/03/2007 à 18h08