Magazine : Art actuel, Art contemporain
PLEASUREDOM - Emmanuelle Villard
DUODECAD I - Edouard Prulhière
du 11 mai au 1er juillet 2006
vernissage le 10 mai à 18h30
Galerie Les Filles du Calvaire - Bruxelles
Edouard Prulhière
Emmanuelle Villard
Emmanuelle Villard
(…) La peinture d'Emmanuelle Villard est assez "on the road". C'est une peinture hors-champ, mouvante et mouvementée. À tel point que, l'errance, l'artiste en a fait son mode de travail et son
esthétique : la peinture ne tient à rien, elle s'égoutte sur la toile, déborde, instable et gluante, elle excède vite les bords du cadre. Culture de l'excès vraiment too much, mais pas très grave
non plus. Pas tourmentée ni violentée, la peinture feint juste ici de rater sa cible, comme une midinette fait mine de laisser tomber un truc pour laisser le charme agir. Genre, Oops, i did it
again…
Pas question en effet de matiérisme viril, mais pas question non plus de virer béat et de tomber dans le panneau d'une peinture Britney Spears, que d'autres appellerait savoir-faire féminin. Par
un effet de surface et de miroir, Emmanuelle Villard projette une image déformée, surconcentrée, de l'industrie du spectacle. Ses toiles ont plus avoir avec le grotesque qu'avec l'expressionisme
abstrait. Même leur taille, souvent ramassée, les apparente à des petites caricatures cruelles des univers pailletés et saturés de couleurs. Du coup, il faut plutôt draguer du côté du Camp, cette
esthétique du mauvais goût cultivé jusqu'à plus soif par toutes les scènes gay-punk new-yorkaises et londoniennes dans les années 60. À la fois une parodie du spectacle et son hypertrophie, à la
fois un raccolage actif et une grande claque bien sonore à la face des modérés de tous poils. (…)
Extrait : Judicaël Lavrador, « Oops, I did it again… », in catalogue Emmanuelle Villard, 2005. Edition galerie de multiples, Paris. Co-édition : Le crédac, Centre d’art d’Ivry et La
Criée centre d’art contemporain, Rennes.
Edouard Prulhière
Ses dernières œuvres sont des hybrides, nés de l'accouplement de la peinture et de sculpture; il ne s'agit pourtant ni tout à fait de peintures ni tout à fait de sculptures. Accrochées au mur,
les peintures se composent de toiles pliées, fixées sur des châssis trop petits pour elles; elles débordent et ressemblent à des emblèmes héraldiques frustes, sommaires. Les sculptures évoquent
des totems qui se dressent, autonomes: ce sont des toiles peintes, pliées, déchirées, fixées sur des supports de bois grands comme des armoires, des réfrigérateurs ou des tréteaux; certaines
semblent s'élancer telles des Victoires ailées. (…)
(…) Prulhière met en miettes l'art abstrait, il le déchiquète comme s'il voulait en finir complètement avec lui, en allant de l'école de Paris jusqu'à l'école de New York et Support-Surface. Puis, toujours avec beaucoup de soin, il présente ses humbles hybrides sur le mur. La part physique de la création leur imprime comme une aura. Nous ne voyons pas la bataille, mais nous en voyons le processus, qui englobe l'imposante présence de l'Histoire et la lutte de l'Expérience pour évoluer.(…)
Extrait de Sélection naturelle texte de Jeff Rian in catalogue Prulhière 2004
Traduit de l'anglais par Daniel Bismuth
Informations pratiques :
Galerie Les filles du calvaire - Bruxelles
20, boulevard Barthélémylaan 1000 Bruxelles
du Jeudi au samedi de 11-18 H
tel +32 (0)2 511 63 20
fax +32 (0)2 511 45 16
bruxelles@fillesducalvaire.com
autres expositions : Edouard Prulhière
Tentoonstellingen van Edouard Prulhière
MAAC, rue des Chartreux 26-28 1000 Bruxelles du 1er juin au 1er juillet 2006
Maison de la Culture d'Amiens du 10 juin au 29 octobre 2006
voir aussi : le site de la galerie Les Filles du Calvaire