Magazine : Art actuel, Art contemporain

Demi Evans

 

Demi Evans

Cathédrale sonore


Ce n’est pas une voix « dans le temps », mais éternelle et dominée  par des générations de chanteurs de l’âme « Soul » que l’on entend ici.Sous l’étiquette blues un chant perdure qui cherche à retrouver une  Amérique jetée dans le bruit et la fureur, à moins qu’il ne s’agisse  de l’Afrique…


On oublie le monde. Survit le rythme qui se développe sans nostalgie,  une conscience qui a l’âge du Gospel et qui en saisit toute la  couleur des souvenirs. Une expérience vécue entière, lyrique, qui nous surprend sans aucune  mystification.


On a l’intuition d’une transe, une révélation, loin des idoles  trompeuses et maudites ; le privilège de faire tomber les masques. Un  flot de réminiscences survient, le son d’une guitare suit la  cathédrale sonore.


Gagné par les sortilèges, l’angoisse d’où  s’extrait la beauté, on est vaincu par la magie des instants,  convaincu que personne ne franchit la rivière sans en être transformé  (« Wade in the Water »). Pouvoir affirmer cela : le changement moral, mental, le contact  direct avec le moi profond, la résurrection du Temps perdu pour « les  enfants » égarés, n’est pas donné à tous.


Demi Evans a retrouvé le  point de l’existence au cœur du pèlerinage  aux sources de la vision claire à partir duquel on est mûr pour accéder à cette dimension de l’être, sans peur, loin de la dispersion.


PG


« J.J. Milteau Live, hot n’blue » (2007)

Les musiciens qui jouent là sont tous à la hauteur de la performance  de la chanteuse des USA. Leur vitalité est tout autant foudroyante,  à commencer par le fougueux Milteau, et son talentueux compère Manu Galvin.


photographie Olivier Rose

 

 

Pierre Givodan

Chroniques musicales

 

Dim 23 sep 2007 Aucun commentaire