« Ainsi va le (mon) monde... Il faut envisager mon travail comme un arrêt sur image, une pause dans le flux continuel de l'information. Images en boucle non hiérarchisées, vomies par la
télévision, les magazines etc. Après un collectage tout aussi confus de ces images ; un arrêt dans l'atelier ; celles-ci s'entrechoquent avec notre propre existence. Ce travail questionne
l'étrange collusion entre ce monde hyper violent qui nous percute sans la moindre retenue et la douce banalité de notre quotidien. » Stéphane Bonjour
Sélectionné par la Maatgallery dans le cadre de son prix découverte, Stéphane Bonjour, comme les 10 autres jeunes artistes lauréats se voit attribuer une marraine, Mae Azzopard, avec laquelle il
échangera jusqu'à l'exposition collective (actuellement à Maatgallery).
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La Bourgogne, la famille et l’eau tiède
du 12 janvier au 27 février 2008
Galerie Daniel Templon - Espace 30 rue Beaubourg - Paris (3)
Chartres
Un dimanche. Je devais aller à la gare de Dreux pour chercher une journaliste avec qui j’avais rendez-vous. J’ai pris ma voiture mais au lieu de Dreux, je me suis retrouvé à Chartres. Avant
d’entrer dans la ville je me suis arrêté dans un cimetière. J’ai cherché ma tombe. A Chartres, j’ai jeté mes clés, mes papiers d’identité et je suis entré dans la cathédrale. Il y avait un
mariage. Je me suis dirigé vers la chapelle où se trouve une vierge noire. Au passage j’ai cueilli tous les cierges allumés, que j’ai brisés au nez des fidèles. Je me suis appliqué à marcher sur
le labyrinthe, de manière méthodique, en bousculant les chaises au passage. Quand je me suis approché de la mariée, j’ai senti que les gens commençaient à s’inquiéter. En sortant, j’ai croisé la
police qui venait me chercher mais elle ne m’a pas vu. Le soir j’ai été interné. Je n’ai pas dit mon nom.
A travers l'exposition « La Bourgogne, la famille et l’eau tiède » à la galerie Daniel Templon, Gérard Garouste explore les trois pôles de sa vie : le paradis perdu de son enfance en Bourgogne,
l’enfer de la famille et sa recherche, peut-être impossible, de « l’eau tiède », c’est-à-dire une forme de modération ou de sagesse. La vingtaine de toiles présentées retrace sans pudeur,
des épisodes marquants de la vie de l’artiste : secrets de famille, traumatismes d’enfance, souvenirs de crises de démence et d’internement.
« Dans les détails d’une vie, s’inscrivent les dysfonctionnements d’une société toute entière. En un sens, ce malade dont je peins les aventures est le pur produit de son époque. La question
de la transmission de la connaissance représente pour moi le point crucial. Enfant j’ai été élevé dans le mensonge familial et l’hypocrisie de la religion. Cette grande duperie que fut mon
éducation est aujourd’hui un moteur. Je lui dois mon obsession pour le démontage des images comme des mots, et mon intérêt pour l’idée d’origine. Même si l’origine est une utopie. Reste la
recherche de la vérité. »
Extraits du catalogue de l’exposition «Gérard Garouste : La Bourgogne, la famille et l’eau tiède »Textes de Gérard Garouste, propos recueillis par Hortense Lyon Ed. Galerie Daniel
Templon, 2008
informations pratiques :
Galerie Daniel Templon
30, rue Beaubourg (au fond de la cour)
75003 Paris
Ouvert du lundi au samedi de 10h à 19h
autre information :
Du 29 janvier au 24 février 2008, Gérard Garouste se produira sur la scène du Théâtre du Rond Point. En compagnie du comédien Denis Lavant, il interprètera son spectacle « Le Classique et
l'Indien » : le commentaire d'un critique aveugle sur l'absence d'une toile, autour de la Dive Bacbuc, peinture cachée tirée du Quart Livre de Rabelais.
oeuvres récentes
du 7 février au 8 mars 2008
Galerie Arcturus - Paris (6)
"Penser au temps, et à son rôle dans la peinture, m'a conduit à une étrange équation : que se passerait t-il si le temps venait remplacer la peinture dans la troisième dimension? C'est comme si
elle se transformait en un autre médium et était employé dans le processus de travail, et comme si les différents flux de temps (le temps implicite situé dans l'image avec laquelle j'ai commencé,
la profondeur du temps dont on se souvient, le temps réel que je passe devant la toile) fusionnaient dans l'image finale.
Je crois que tout art tente fondamentalement de libérer des bribes de vie, de temps, mais la peinture est le seul moyen d'expression qui se retire de la sphère du temps au moment précis de son
achèvement. On peut passer du temps dans la contemplation d'un tableau, et on doit le faire, mais la peinture elle-même n'est pas soumise au temps, comme un morceau de musique. La peinture est
juste là, indépendante de l'écoulement du temps, une présence continue. Pourtant, le temps est, là aussi, fixé, transformé de l'habituelle vision du temps horizontal en vision verticale, offrant
une profondeur singulière à la peinture et par là même devient le plus fort argument justifiant son existence."
Gabriel Schmitz, Octobre 2007
informations pratiques :
Galerie Arcturus
65, rue de Seine - 75006 Paris
T : 01 43 25 39 02 – F : 01 43 25 33 89