Sur et hors de la toile : J.-P. Gavard Perret


Jeudi 24 juillet 2008 4 24 /07 /2008 09:51

"L'image survivante", réédition 2008, Editions  de Minuit, Paris.
"La ressemblance par contact", 2008, Editions de Minuit, Paris.



Du cliché à l'épreuve - Georges Didi-Huberman ou le (mauvais) génie du lieu.


par Jean-Paul Gavard-Perret


Jamais l'anathème ne remplacera la force de l'analyse surtout lorsque cette dernière est animée par le courage. Celui-ci préside à la réflexion fondamentale de Georges Didi-Huberman sur le sens des images.  L'origine du livre "L'image survivante" (et de la polémique) est la mise en cause de l'auteur pour un texte qui accompagnait une exposition de photographies sur les camps de concentrations nazis. L'auteur commentait plus particulièrement quatre clichés réalisés clandestinement dans les camps de la mort  par un membre non identifié de la résistance polonaise d''Auschwitz'. Les clichés montraient des femmes nues près du crématoire V de Birkenau et la crémation des corps de détenus gazés avec l'"aide" de ceux qui au sein du Sonderkommando participaient à cette crémation avant d'être eux-mêmes gazés, bourreaux malgré eux, victimes en sursis de leurs tortionnaires.



Dans un autre de ses livres récents, "Génie du non-lieu", Didi-Huberman cite un précepte de Léonard de Vinci "L'ombre de la chair doit être de terre brûlée". Pour les détracteurs des clichés cités plus haut tout se passe comme s'il fallait en revenir au précepte de Vinci : ne jamais exhumer certains types de traces,  rayer de la carte du visible ces empreintes. Pour Claude Lanzmann par exemple, de telles images ne devraient pas exister. Le directeur des « Temps modernes »  précise que si l'on découvre des images témoignant de l'horreur des camps,  il faut les détruire… Didi-Huberman le souligne lui-même, certaines images  risquent d'entraîner une fascination morbide chez le voyeur. Néanmoins au nom de quelle censure peut-on oblitérer des images-reliques dans lesquelles les morts et les vivants en sursis se confondent ?

 

Loin de tout soucis esthétique ces photographies sont des témoignages terribles arrachés, volés à la surveillance des monstres. On comprend mal leur refus par les thuriféraires de Didi-Hurberman qui le taxent pratiquement de révisionnisme !  On s'étonne des vindictes contenues dans deux longs articles de la revue des "Temps modernes" : "De la croyance photographique" par Gérard Wajcman et "Reporter photographe à Auschwitz" d'Elisabeth Pagnoux qui prétendent donner force de loi à l'écriture  tandis que l'image serait vouée à une sorte d'ostracisme fondamental comme si elle ne pouvait être qu'un voile, un mensonge, un piège.



Certes le débat n'est pas neuf. Il possède d'ailleurs un arrière-fond religieux. Il met depuis des siècles l'opprobre sur l'image et nie sa légitimité non de représentation mais de présentation. Si parler des camps - comme l'ont fait par exemple Primo Levi, Paul Celan, Anna Arendt, Giorgio Agamben et bien d'autres - demeure bien et nécessaire, il n'en va pas de même lorsque nous entrons dans le champ de l'iconographie. Cette dernière reste marquée d'une fin de non recevoir. Elle ne serait, à l'exception des peintures rupestres et des premiers témoignages visuels des cultures préhistoriques, qu'une machinerie "désimageante". Ajoutons à cela que ce n'est pas un hasard si l'attaque envers le texte de Didi-Huberman et les images qu'il défend a vu le jour dans la revue "Les Temps Modernes". Son directeur s'est pris peu à peu pour le gardien du temple et la seule persona grata habilitée à dire et à montrer ce qu'il en est de la Shoah . En dehors de son film (n'est-ce pas là d'ailleurs un livre d'images ?) rien n'est recevable à ses yeux du côté de l'iconographie quelle soit fictionnelle ou de reportage. Rien ne possède de légitimité, ni le film de Resnais (qui demeure pourtant capital) ni les fictions plus discutables de cinéastes (Begnini, Polanski, Spilberg par exemple).



On ne se débarrasse pas toutefois aussi facilement du livre de Didi-Huberman et des quatre clichés de la résistance polonaise. On ne se débarasse pas non plus de l’image des camps. L'écrivain Maryline Desbiolles l’évoque dans une interview au journal Le Monde : « enfant, j’ai eu l’occasion de parler souvent avec le directeur d’une maison de retraite juive. Il m’a montré des choses qui n’étaient pas du tout de mon âge. C’étaient des images des camps et cela m’a marquée, pas seulement sur le coup mais pour toujours ? Cela a contribué à mon écriture. C’est presque le plus important ». pour reprendre une phrase du premier livre de Didi-Huberman "l'image la plus simple n'est jamais une simple image". Ainsi, les quatre photographies incriminées permettent à l'auteur de reposer les questions essentielles sur la photographie et le mal, sur la valeur, le rôle et le sens de l'image. Questions fondamentales et qui depuis "L'invention de l'Hystérie" non seulement traversent l'œuvre de Didi-Huberman mais la fondent.



A travers sa réflexion sur Aby Warburg, G. Bataille, M. Blanchot, à travers les Démoniaques de l'art, Fra Angelico ou plus près de nous et entre autres C. Parmiggiani ou Pennone, l'auteur n'a cessé d'interroger le sens des images, d'analyser celles qui échappent à la disparition, qui comblent la  mémoire absente. Des êtres sont en instance de mort devant nos yeux et voilà que se propage leur présence irrécusable. Les photographies acquièrent alors une dimension salvatrice, elles  réveillent notre mémoire, enrichissent notre savoir, provoquent l'émotion la plus profonde. Certes, l'image photographique ne peut donner que ce qu'elle a. Mais ce qu'elle offre précisément n'est pas rien : d'une certaine manière, elle nous retourne, nous rend tous coupables. Car elle a le pouvoir de recouvrir, mais aussi de dévoiler, de procurer la  densité de l'émotion à une nouvelle connaissance.



Si l'horreur demeure invisible, si l'image ne peut dire ou montrer l'impensable, elle y parvient  autant, toutefois que les textes sur la Shoah - le film de Lanzmann lui-même en est la preuve.  Une représentation se fabrique qui se veut fidèle à l'irreprésentable, sans y parvenir tout à fait.  Image et texte sont dans la même impasse :  l'une et l'autre se rejoignent dans le cul de sac de tout langage. Le réel est trahit car il n'existe pas de moyen de se soustraire à l'ambiguïté qui régit tout protocole de représentation qu'il soit iconique ou linguistique. On tente seulement d'y parvenir pour dire,  toucher et atteindre le cœur et la raison - l'inconscient aussi - entre l'interdit et la transgression. Le "témoignage" brut ou reconstruit sera toujours coupable de ses manques. Il n'en demeure pas moins utile : Bataille, Blanchot, Levi, Celan mais aussi Resnais, Lanzmann en ont montré l'inexorable nécessité et l'impitoyable manque, insurmontable pour certains, qui y ont laissé la vie.



Face aux faux-semblants et aux révisionnismes, les quatre clichés volés restent et resteront l'image qui manque mais aussi l'image qui revient. Rien n'est résolu, nos interrogations demeurent en suspens. Mais c'est peut-être là leur force, celle qui nous place dans l'haleine des mourants, dans la fumée de la crémation. Il y a ce qui ne peut s'oublier, ce dont nous ne devons jamais nous débarrasser : le "contact" avec ce que Didi-Huberman nomme dans "Génie du non lieu" : "la hantise de l'air",  une odeur qui sourd des clichés et parvient jusqu'à nous. Il ne faut pas en avoir peur mais s'y confronter. "L'image mieux que tout autre chose manifeste probablement cet état de survivance qui n'appartient ni à la vie tout à fait, ni à la mort tout à fait mais à ce genre d'état aussi paradoxal que celui des spectres qui sans relâche mettent du dedans notre mémoire en mouvement" (p. 16) . Il  ne faut pas refuser l'image : elle aussi sert à penser.





Bibliographie sommaire
  : Georges Didi-Hubermann a publié plus d’une trentaine d’ouvrages, dont Fra Angelico. Dissemblance et figuration (Flammarion, 1990), Devant l’image (Minuit, 1990), L’image survivante. Histoire de l’art et temps des fantômes selon Aby Warburg (Minuit, 2002), ou, sur la question des photogrammes arrachés à l’enfer de la Shoah, Images malgré tout (Minuit, 2003). Signalons aussi un ouvrage collectif sur l’ensemble de sa pensée chez Minuit (avec Laurent Zimmerman et Arnaud Zykner) : Penser par les images : Autour des travaux de G. Didi-Huberman (éd. Cécile Defaut). Et pour l’année 2006 : Le danseur des solitudes (Minuit). En 2007  Ex-voto. Image, organe, temps (Bayard), L’image ouverte (Gallimard), et la republication chez Christian Bourgois du Mémorandum de la peste.

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Jeudi 26 juin 2008 4 26 /06 /2008 16:22

"L'Illusion du tranquille"


Géraldine Lay et François Deladerrière "L'Illusion du tranquille" Chapelle Saint-Jacques, centre d'art contemporain, Saint Gaudens, et image/imatge, Orthez


 Deux expositions : du 19 juin au 14 août 2008, image/imatge, L’Imprimerie, 15, rue Aristide-Briand, 64300 Orthez, tél. 05 59 69 41 12, et, du 31 octobre 2008 au 21 février 2009, Chapelle Saint-Jacques – centre d’art contemporain, avenue du Maréchal-Foch, 31800 Saint-Gaudens, tél. 05 62 00 15 93. François Deladerrière et Géraldine Lay sont représentés par la galerie Le Réverbère, 38, rue Burdeau, 69001 Lyon.




  François Deladerrière           Géraldine Lay
 F. Deladerrière          G. Lay



Monstre va

par Jean-Paul Gavard-Perret

C'est à une rencontre avec une étrange narrativité photographique que nous convient les deux artistes réunis sous le titre de "L'illusion tranquille". L'intitulé est à l'image des tirages exposés : bourré d'humour. Les thématiques, les sujets ou objets saisis par G. Lay et F. Deladerrière sont mis en scène avec élégance, en divers jeux entre le subtil et le criard, l’arrogant et le secret. Là où derrière l'apparence, le grotesque dessine l’ envers du miroir de nos territoires de rêve, il  reste carcasse de voiture et  trophée de chasse dont les têtes mortes "imaginent" qu'elles peuvent brouter encore. Les deux artistes découpent une sorte de no man’s land. Dans une suite de lieux, par un effet de trop plein, des variations dessinent une sorte de friche du monde où les fantasmes ne fonctionnent plus. Surgit un double maillage qui circonscrit une zone d’abandon où le "bon" mauvais goût (en particulier chez Géraldine Lelay) offre une “ statuaire ” délétère et outrancière. Les deux artistes ne cherchent cependant aucune dramatisation, aucun effet misérabiliste. Ils se contentent de montrer une symphonie acide et cassée de couleurs qui viennent se moquer des figures qu’elles sont censées recouvrir. De ce bric-à-brac surgit paradoxalement un espace vacant donc ouvert et presque aussi onirique qu'ironique.



Tout se joue dans un kitsch où se mêlent la rigidité longiligne et les verticales des structures. Cela crée des paysages qui ne s’arc-boutent pas forcément sur le passé (que laissait présager l'adjectif du titre “ tranquille ”) mais prennent presque des aspects de paysages de science fiction en l'absence de présence humaine. La photographie crée des sortes de “ borderlands ” qui échappent à toute localisation précise et donnent une éternité à cette touche éphémère du passé soudain figé. Des restes  portent témoignage de l'activité de l’homme dans ces natures plus que mortes aux couleurs souvent abusives et drôles. De tels clichés ne sont ni mémoire, ni critique d’un certain mauvais goût. Les photographes proposent plus et mieux : ils nous contraignent à appréhender un vertige d'objets qui appellent l’imaginaire puisqu'ils sont devenus inutiles. personnifiés, ils nous regardent et semblent s’amuser de l’effet qu’ils produisent. Dès lors ils instaurent un élément scénographique essentiel ouvert sur un inconnu qui nous parle vraiment.

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Mercredi 25 juin 2008 3 25 /06 /2008 10:44

Avedon : La photographie mouvement

par J.P. Gavard-Perret

"Richard Avedon Photographies 1946-2004, Rétrospective", Musée du Jeu de Paume, 1er juillet au 28 septembre 2008.




Richard Avedon Qui d'autres sinon Avedon pour symboliser le portrait photographique ? Cela ne va pas pourtant sans une ambiguïté foncière au sujet des… sujets retenus pour de tels portraits. La plupart  sont le "reflet" des célébrités du temps . Les Beatles, Antonioni (sublime portrait avec son épouse Enrika), Bacon, les Monty Pythons, Jane Livingstone sans compter bien sûr les stars de la mode (Twiggy, Elise Daniels, Suzy Parker ou Penelope Tree) et de la politique. La question peut donc sembler pertinente de savoir si la notoriété et le bénéfice de l'image de celle ou celui qui pose devant l'objectif du photographe ne vampirise pas ses clichés. La force des épreuves de Richard Avedon dément le postulat. Le gris noir de ses portraits est toujours envahi d'une lumière qui chez lui est facteur de mouvement. Dans ses photos de mode Avedon parvient à être érotique  sans lubricité. A l'instar de Fred Astaire, héros et idole du photographe, l'artiste est capable d'approcher les femmes comme un afficionados qui n'a pas pour autant besoin de les séduire.




Son écriture jusque dans ses photos de mode sait valoriser le mouvement pour lui-même. Jusque là ceux qui s'étaient intéressés au mouvement (Munracki par exemple dont l'artiste a tiré tant de leçons) le rattachait plutôt au culte de la santé. A l'inverse, les filles d'Avedon ne sont pas spécialement "sportives" et la recherche du mouvement est toujours au service de l'émotion. Comme un Fragonard (qui l'a plus qu'un autre inspiré) le photographe élabore un vocabulaire nouveau du geste afin de recomposer  une syntaxe particulière d'un monde où des femmes bouches bée, front appuyé dans les livres,  agrippent  les pages de leurs doigts tels des pinces. La fascinante beauté de l'exhibitionnisme cède le pas à celle de la conspiration. Le front inquiet et le sourire complice sont souvent les motifs dominants d'un pacte entre la femme et le photographe : qu'on se souvienne de son cliché de Suzy Parker rebroussant chemin au moment d'entrer au "Shéhérazade"...





Richard Avedon Avedon reste lié à une nouvelle façon de présenter ce qu'il nomma (en français) "le bonheur de vivre" dans lequel on sent l'amour que le photographe porte aux femmes de manière non superficielle. On a pu ainsi parler à son propos de "protoféminisme et de complexe de compréhension de leurs difficultés" ! Chez lui la femme n'a rien de naturaliste : elle est même irréelle ce qui incline l'artiste vers la générosité, l'esprit, l'humour et une aptitude à prendre lui-même un recul ironique par rapport à son propre pouvoir de "prise" photographique. En ce sens les photos de mode du portraitiste restent capitales car elles soulignent le rôle essentiel des apparences dans la création de la "valeur". Cette postulation peut sembler discutable. Mais  le photographe n'est jamais dupe de la  vanité. "Lorsque nous habitions Cedarhurst, ma mère nous emmenait à New-York pour un circuit Met, Frick, Carnegie Hall". Il y découvrit non seulement Astaire, mais ceux qui, pour lui, restent les grands portraitistes : Fragonard ("Fragonard est tout en esprit"), Gainsborough, Goya. Il apprend chez eux cette manière lourde et légère à la fois de saisir le mouvement de l'être dans un visage qui fait résonner "le bruit sourd du fleuve Intérieur qui l'anime".




Richard Avedon Photographe citadin par excellence (le paysage ne l'intéresse pas et la nature le fatigue), il demeure le plus sophistiqué et le plus délicat des photographes. Toutefois, en se concentrant sur l'humain il le soulève ou l'écrase. C'est pourquoi loin de tout humanisme et en dépit de ses contraintes de portraitiste "officiel" de ce qu'on nomme aujourd'hui les "peoples", il sait, dans chaque visage et pose, faire découvrir une charge d’inconnu. Certains de ses clichés sont beaux au sens classique, néanmoins se dessine à travers l’incantation du léché, ce qui affirme et nie à la fois cette beauté. On en retient le souffle qui garde la force d’extirper une énigme. Il fait éclater les masques du “ je ” social. Le photographe arrache la fixité, l’opacité du règne de l'apparence dans de longues vibrations de lumière et libère ainsi par diffraction une existence prisonnière.




Surgit, un monde de la présence précaire avec en filigrane l’hypnose de certaines voix (lorsqu'il s'agit de chanteurs ou d'orateurs). Reste toujours cette intensité au sein de laquelle l’image fait surgir la fragilité des êtres. Apparaît, même une sorte de douleur muette, larvée. Le créateur montre sous la réconciliation sociale une fracture. Il est celui qui dévoile une gravité au sein de la "futilité". Restent une autre empreinte de la chair, un grondement sourd et un gouffre dans la présence. Les "extases" d'Avedon ont beaucoup à nous apprendre. Elles demeurent  avec leur "part de nuit", des propédeutiques à qui veut comprendre le mystère des images En ce sens que chacune d'elle reste une énigme qui fait de richard Avedon  le plus grand portraitiste de son temps.

 


 

Cinquante ans durant, Avedon fut l’un des plus grands noms de la photographie de mode. L’exposition regroupe 270 œuvres retraçant l’ensemble de sa carrière de 1946 à 2004 : des photographies de mode bien sûr, mais surtout des portraits de nombreuses célébrités du monde de la politique, de la littérature, de l’art et du spectacle.



Informations pratiques :


Jeu de Paume
À Concorde
1 place de la Concorde
75008 ParisMardi de 12h à 21h
Du mercredi au vendredi de 12h à19h
Samedi et Dimanche de 10h à 19h
Fermeture le lundi
Tél. 01 47 03 12 50

 

photos :

Autoportrait
Provo, Utah, 20 août 1980
Photographie Richard Avedon
© 2008 the Richard Avedon Foundation


Twiggy, coiffure de Ara Gallant
studio de Paris, janvier 1968
Photographie Richard Avedon
© 2008 the Richard Avedon Foundation



Roberto Lopez, ouvrier sur un gisement pétrolifère
Lyons, Texas, 28 septembre 1980.
Photographie extraite de la série In the American West
Richard Avedon
© 2008 the Richard Avedon Foundation


voir aussi : http://www.jeudepaume.org/?page=accueil

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