NON A LA CENSURE
L'exposition «Humain, très humain» devait s'ouvrir demain samedi...
"Humain, très humain"
du 12 avril au 18 août 2008
Musée d'Aquitaine - Bordeaux
"Humain, très humain" devait être une exposition de grande ampleur, un projet collectif réunissant 500 images produites par vingt photographes, sur les deux dernières décennies, une somme d’«archives du présent». François Hubert, le directeur du Musée d'Aquitaine a demandé à l'un des exposants, Christian Delecluse de retirer six photographies de l'exposition sous prétexte qu'elles auraient pu choquer. Pourtant ces photographies réalisées entre 1992 et 1997 avaient été retenues lors de la sélection, elles ont par ailleurs fait l'objet d'un livre «Un tel père et fils» (éditions du Cercle d’art), et d’une précédente exposition à la Fnac.
"Nous, notre but n’est pas de faire du débat. Ce n’est pas la vocation de ce musée. On travaille sur l’Histoire, l’archéologie et l’ethnologie». déclare le Directeur. Si l'objectif de M. Hubert
était de ne provoquer aucun remous, c'est raté ! L'indignation et la colère s'expriment de tous côtés. D'autres exposants sont susceptibles par solidarité pour leur collègue censuré, mais
plus encore, pour défendre, la liberté d'expression de l'artiste de décrocher, à leur tour, leurs photographies. Ainsi le photographe Rip Hopkins et la galerie le Réverbère jugeant cette censure
"ridicule et d'un autre âge" ont réagit en demandant à M. Hubert d'enlever sans délai tous les clichés de cet autre photographe.
Qu'en est-il des clichés incriminés ? Comme on photographie des femmes "dans leur intimité maternelle au travers d'une nudité quotidienne", Christian Delecluse a souhaité photographié des hommes.
Le projet s'est imposé à la naissance de son fils, il a alors entrepris de rencontrer d'autres pères, de mener une véritable quête afin de revivre à travers eux, des émotions et des
petites histoires vécues avec son propre père. Si le regard est indiscret, il n'y a aucun voyeurisme. Une tendresse épurée, une réserve d'affection, se manifestent dans ces belles
photographies noir et blanc. Il est ici question d'amour paternel. Comment peut-on s'y tromper ?
Catherine Plassart
Informations pratiques :
Musée d'Aquitaine
20 cours Pasteur
33000 Bordeaux
Tel : 05.56.01.51.00
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Joanpere Massana