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Lundi 28 avril 2008

"lecture-performance"
Improvisations dessinées de Louis-Paul Baudot sur des textes de Bertrand Chavaroche,  lus par l'auteur 


samedi 10 mai 2008 à 18 h 30


Café-lecture Les Augustes - Clermont-Ferrand

 






En dessinant la femme.



En dessinant la femme il dit
- Et elle pleure / traits traits. La voix susdit évidemment.
- J’aime quand elle pleure / le noir insiste et raye, débite, éclate et gerbe noir.
La voix fait la grave- la joie grave qui se gave un peu sur j’aime, aime y traîner, y traîne y déleste  le crayon la main l’épaule de biais, de biais de baise tordue torse. 
- Elle pleure sa tristesse à elle / trait sur trait. La voix dessine l’aile d’elle, appuie sur l’aile, insiste. Trait sur trait / déverse / giclures près de bandeaux drapeaux / près d’étendards / criures par-delà les joues / et les cheveux tout emmêlés.
- Que / sa tristesse à elle / engoncement enfonçure le trait encoignure qui la traite maltraite. Enfonçé noir. Colère. Rentre et dégaine. Noircissures : noircissement césure sciures de l’œil sanies scories. Suspension de la mine puis
- La tristesse des autres / elle ne sait pas / Main partie craie volante le bras monte entoure en robe passe par-dessus. Crayon colt colère. Ce ventre ce cul cette énormité qui occupe. Larmes larmes et sexe de magnolia.

Il s’écarte. Le corps entier s’extrait du grand papier. Il regarde. Par où ? Il regarde.
Crayon : il la tient la cherche la crève la perd perd la trace la repère la reperd la récupère. Danse sur place. Tape le pied. Tape le pied et avance. Décidément. Serre le crayon dans la main. Vise. Confirme. Attaque le volume, les putains de volume. Extrapole la torsion. Cherche cherche des yeux l’endroit où ça se tord. C’est déjà là. A l’esquisse abdomen diaphragme en trop en rab. En râble mis devant-derrière. En rage.

Il dit
- Putain / je sais pas / putain / là ! Le crayon dans l’occupation du ventre énorme. En plein. Dessus. Plein centre bas. Le sexe de la femme comme chose qu’elle est. Chose en plein qu’il lui monte à la gorge. Trait vertical direct de bas en haut d’un trait. Dans la gorge qu’elle n’a pas.
Si gros le ventre confirmer rond qu’à peine place des seins pour s’avachir dessus.
La tête pleureuse se bouffe les seins.
Il : emmerdé avec la bouche. Pas de bouche. Supprimée. Puis non trop de bouche. Bouche lippue rouge dans son noir débordant. Bouche de femme bouchée.
Il : la main l’esprit du crayon court culbute déraille en toute méfiance sur le trait de trop.
- Ah !  il dit  Le trait de trop ! tandis que la bouche s’embouche d’elle-même en pleine épaisseur.
Il : revient après avoir fait grand écart du papier, recul droit. Il revient.
Il finit par le sexe, ombrant sa vulve à peine.
Et là… prononce-t-il,  traçant décidément lissant l’I grec à l’envers entre cul et cuisses,
là, c’est fermé.  Sa voix est claire, très nette. La craie noircit une fois encore la ligne de fermeture tout du long, arrondissant la fesse puis l’ombre. Là, recul. Il se recule. Défait le gant qui protège la main de la noirceur grasse du crayon.
Il : regarde / ce qu’il vient de faire / tout. Il est souple et magnifiquement haut sur ses jambes. Un instant, totalement immobile. A la distance juste. Pour voir. Le tout.

Il dit -pour terminer- il dit -durement dans les dents, mais les lèvres laissent le passage- il dit
- Ca va. C’est pas mal. Puis il se recule encore, décroche le dessin, le retourne côté blanc, le replace au mur.
- Allez. Encore une autre. Sa bouche prononce. Et il fait / poursuit/ défait/ avance avance.

Tête droite
Butée
Tête
Main gauche soulevant (musique)
Fesse lourde imaginaire
Avance recule lève
Va vient
Danse baise
DESSIN : battre le temps / expulser la chimère / baratter le sexe de la femme /
barrer le baratin des sexes.


………………...


Sus-vu toi
à la fenêtre de toi-même
en plein faire en plein vent
là ta danse et ton trapèze
là où ton poids
là où fulmine ta tête
arme blanche craie noire
là : ton sexe exact.



21 avril 2008
Claire-Anne Mérie

 



voir aussi : la vitrine de Louis Paul Baudot sur Art Point France


contact : Louis-Paul Baudot L-Paul.Baudot@univ-bpclermont.fr

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Jeudi 13 mars 2008

Malgré tout – Gravures récentes

Du 1er au 9 avril 2008

La Bouvêche - Orsay (91)



gendre.jpg

 

Au centre de l'exposition "Malgré tout" à Orsay, une série de gravures inédites  de Christine Gendre-Bergère « Pluies noires. Suite gravée ». 


Hiroshima : 6 août 1945. Un aviateur, le colonel Paul Tibbets, largue une bombe. Une bombe A. A comme atomique. A comme anéantir. A comme aveugle. A comme le début d’une possible série : Nagasaki, trois jours après. Un éclair blanc. Et puis les brûlures qui ne s’effacent pas. Les cancers. Les pauvres ruines. Le ciel noir. Mais aussi les oeuvres de l’esprit, les romans, les photos, les films, les témoignages. Et à la fin une ville qui se reconstruit, qui vit comme si de rien n’était. Ou plutôt pas tout à fait. Une ville qui vit aussi pour que soient proscrites, pour toujours et partout, les bombes atomiques. Sur les vestiges du Dôme, des images comme autant d’empreintes des mots de Masuji Ibuse, Marguerite Duras,Tamiki Hara, Philippe Forest, des photographies de Yosuke Yamahata, des films d’Alain Resnais, de Shohei Imamura, Isao Takahata, Akira Kurosawa, Nobuhiro Suwa.

« Traces de mon séjour là-bas, de mes lectures, de souvenirs de cinéma et figures de ma détestation définitive des armes et des guerres. De mon amour de la vie ».

Sont également présentés dans cette exposition, les images gravées, un portfolio et des gravures tirées à part, hommage à Samuel Beckett et  l’histoire véritable de Cendrillon…de Christine Gendre-Bergère.


informations pratiques :

La Bouvêche – 71 rue de Paris
Orsay (91)

Ouvert du lundi au vendredi de 14 h à 19 h
Le samedi et le dimanche de 10 h à 13 h et de 14 h à 19 h


voir aussi : la vitrine de Christine Gendre-Bergère sur Art Point France, ses livres d'artiste

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Mercredi 6 février 2008

Guyomard
Le Cloarec
Velickovic


du 1 au 30 mars 2008


Galerie Le Garage - Orléans

le-garage.gif


L'exposition « La mémoire du geste »  s'attache au travail de ces artistes qui ont approché, avec la peinture et au delà  de la peinture, cet espace incertain, mouvant  entre l'image fixe et l'image animée." Claude Guibert Commissaire de l'exposition


L'exposition de la galerie Le Garage à Orléans réunit des oeuvres de trois artistes autour du précurseur du cinématographe Etienne-Jules Marey.  Gérard Guyomard et  Gérard Le Cloarec ont  un emploi insolent de la couleur et tiennent l'un comme l'autre une place originale au sein de la Figuration  en France. Vladimir Velickovic  peint "des soleils noirs", son 'univers macabre et violent montre les souffrances infligées à l'homme par l'homme.


L'oeuvre de Velickovic  qui sera exposée lors de l'exposition "la mémoire du geste" est  une pièce historique du peintre, réalisée en 1986 et intitulée "La grande poursuite" . Elle est composée de 4 toiles de 225 x 165 cm (quadriptique) soit un format total de 660 x 255 cm. Elle partira ensuite en Chine où elle sera exposée à Pékin, dans le cadre des Jeux Olympiques.
 
 

Grde-poursuite-01SM.jpg grde-poursuite-02SM.jpg

La grande poursuite, 1986 Vélickovic


récemment paru : 

Remémoration de Mansour Hallaj à Saint-Patrick
Texte de Salah Stétié, illustration de Vladimir Velickovic
2 tirages disponibles, le premier comprend 3 lithographies de Vladimir Vélickovic
le second 3 lithographies rehaussées de Vladimir Vélickovic
ed. Al Manar 2007 
Vous pouvez voir et commander l'ouvrage ICI



informations pratiques :

Michel Dubois
Galerie Le Garage
9, rue de Bourgogne
45000 ORLEANS
Tél. 06 08 78 34 02

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