Chroniques



Chroniques intempestives et subjectives à propos de l'art
de Pierre Givodan

Cet essai est un ensemble de méditations et de considérations sur l'art contemporain illustré par un choix de chroniques (art visuel, littérature, musique) parues entre 2005 et 2008 dans le Web Magazine Art Point France Info.


L'ouvrage est disponible en librairie au prix de 17€ ou sur le site des éditions Complicités

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Mardi 30 juin 2009

Amalgame


du 11 juin au 11 juillet 2009


galerie Van der Stegen


SR Labo



Le voile d'Isis

On devrait mieux respecter la pudeur avec laquelle la Nature
se cache derrière des énigmes et des incertitudes chatoyantes.

Nietzsche, Le Gai savoir

Et voici que sous nos yeux la cire, telle la déesse Isis ôtant un à un ses voiles,  nous révèle son inessentialité féconde ; sa parenté avec la célèbre formule d’Héraclite : « La Nature aime à se cacher en se montrant. ». Mais si une réalité en cache souvent une autre, il est des moments, plus rares encore, où deux réalités - que tout oppose – s’amalgament en un seul corps. Les sculptures organiques d’SR Labo relèvent de cet ordre, de ce type d’état quantique où la matière s’agite et renonce à toute identité stable.

Poursuivant l’œuvre poétique des anciens botanistes pour qui les plantes n'étaient qu'une variété particulière de bête se tenant la tête en bas, la taxinomie des formes, qu’SR Labo invente, défie les lois de la physique et de la biologie moderne : elle les contourne ou les parodie pour mieux nous inciter à contempler le monde du seul point de vue l’art ; autrement dit, du seul point de vue de la beauté des formes en leurs subtiles métamorphoses.

Mais qui, du règne organique ou végétal, absorbe l’autre ? Serait-ce le monde sanglant des chairs qui enfin se calment ou bien l’univers endormi des plantes qui tout à coup s’empourprent ? Une chose est sûre : chacune de ces sculptures semble traversée d’une ambiguïté fondamentale ; d’un frisson ontologique les faisant tour à tour devenir - dans l’esprit de celui qui les contemple - un objet d’angoisse puis d’émerveillement.

Détournant ainsi la céroplastie de ses usages les plus fréquents (empreintes, ex-voto, etc..), SR Labo nous invite à renouer avec la vieille cosmographie analogique des alchimistes pour qui toute forme visible renvoie toujours à son double symbolique, et réciproquement. Quoi de plus normal, alors, si je vous dis que la forme ronde et granulée d’un citron peut tout aussi bien devenir, dans les mains de cette artiste féconde, l’ébauche d’une vulve fluorescente… ou bien encore, que sous nos chairs palpitantes, se cachent, en réalité, de petits arbustes de corail.

Frédéric-Charles Baitinger



Informations pratiques :

galerie Van der Stegen
1 rue Gustave Goublier
75010, Paris.
+ 33 1 42 59 41 81 / + 33 6 75 21 84 70.

Ouvert du mercredi au samedi de 14h à 19h


voir aussi : www.vanderstegen.com

Le silence qui parle Les nouvelles chroniques de Frédéric-Charles Baitinger fredericcharlesb@hotmail.com

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Mercredi 10 juin 2009

"Bye Bye, Bye Baby, Bye Bye".


Du 28 mai au 28 septembre 2009


Musée Maillol - Paris (7)







La Vie du Désir.
Guy Peelleart, (1934-2008), formé aux Beaux-Arts en Belgique a voulu suggérer des êtres qui se distinguaient de l'existence qui leur était montrée comme une fatalité. Ces hommes, ces femmes n'y trouvaient pas leur satisfaction. Ils voulaient réaliser leurs rêves. Ceux-ci passaient notamment par le canal de la musique country, blues ou rock, mais le transcendaient. Cette réalité qu'ils visaient avait des lieux, une temporalité, des figures, une certaine objectivité.

Guy Peelleart s'est laissé absorber par les désirs, valeurs, modèles à plusieurs dimensions qui couraient partout dans les années soixante et soixante-dix depuis l'Amérique puis défiaient l'Europe, le tribunal de la bonne conscience, la réalité des idéologies mortifères de l'après-guerre mondiale, la culture industrielle, la multiplication des biens, des services, l'industrie des loisirs, les consommateurs de transports...
L'artiste a réagi à cette conscience du faux par un réalisme quasi "photographique". Contre la vie réduite à sa plus simple expression, cette recherche de la dimension unique, il a opposé les icônes de Tina Turner, les aspirations infinies à d'autre manières de vivre, un changement qualitatif, des passions soutenues par Jerry Lee Lewis, Bob Dylan ou les Byrds et une richesse technique qu'il a aussi appliquée aux affiches de cinéma pour M. Scorsese, Wim Wenders, les disques des Rolling Stones, David Bowie entre autres.
 
PG


Exposition Guy Peelleart au Musée Maillol "Bye Bye, Bye Baby, Bye Bye réunit 30 planches originales de l'album Rock Dreams, paru en 1973. "Nous voulions faire un livre avec le rock'n'roll comme toile de fond, mais également avec la vie de tout le monde en toile de fond." (Interview, 1977).






Informations pratiques :


Musée Maillol Fondation Dina Vierny
59-61 rue de Grenelle
75007 Paris
Tel : 01.42.22.59.58

Ouvert de 11h à 18h, tous les jours sauf le mardi


voir aussi : le site du Musée Maillol

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Lundi 8 juin 2009

« Urban Legends »

du 14 juin au  4 Juillet 2009

Galerie Jacques Levy - Paris (3)








Questionner et résister aussi.

Le premier geste de Patricia Erbelding sur la toile consiste à la saupoudrer d'une traînée d'oxyde destinée à rouiller. Un acte de profanation, un outrage à l'indéfectible et insipide perfection de la toile blanche.  Puis elle interrompt le processus de corrosion et soigne par la cire la blessure infligée au support .  Reste la  "cicatrice" souvenir de l'accident provoqué, témoin des soins apportés pour une amoureuse guérison. Dès lors, la peinture peut prendre corps, les couleurs peuvent se déployer, des couleurs élémentaires, sans mélange,  rouge cinabre, noir dense, ou  vert franc. En larges taches et en aplats, elles  organisent les compositions  qui sont autant d'espaces propices à une circulation entre le dedans et le dehors, autant de routes pour une recherche de la vérité de soi  liée à un  combat contre les évidences.

Dans cette exposition « Urban Legends » , Patricia Erbelding convoque les légendes urbaines pour les questionner et y résister aussi.



Informations pratiques :

Vernissage le mardi  19 mai 2009 à partir de 18h

Galerie Jacques Levy
62, rue Charlot 75003 Paris.
M° Filles du Calvaire
Tél : +33 1 42 78 79 24 
j.levy.galerie62@wanadoo.fr 

Du mardi au samedi de 15h à 19h et sur rendez-vous

voir aussi : www.galeriejacqueslevy.fr, la vitrine de Patricia Erbelding dans Art Point France, ses livres d'artiste



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