Chroniques



Chroniques intempestives et subjectives à propos de l'art
de Pierre Givodan

Cet essai est un ensemble de méditations et de considérations sur l'art contemporain illustré par un choix de chroniques (art visuel, littérature, musique) parues entre 2005 et 2008 dans le Web Magazine Art Point France Info.


L'ouvrage est disponible en librairie au prix de 17€ ou sur le site des éditions Complicités

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Jeudi 21 mai 2009

 du 14 mars au 14 juin 2009


Musée royal des beaux-arts d'Anvers




James Ensor , Masques devant la mort

"En se dandinant dans le pétrin à Anvers".
 
Il était minuit et la ville dormait. Les étoiles brillaient dans le ciel, sous une lumière bleue. Un air frais soufflait. Bien que fatigué je poussai un cailloux du pied et j'hésitai à pénétrer dans le musée dont j'avais la clé. J'entrerais quelques minutes pour m'asseoir.
Et ce que je vis me remua vraiment. Le diable en personne n'aurait pas fait mieux. J'osai poursuivre ma visite.
- Quelle était donc l'affaire d'Ensor ? me demandai-je. La réponse sautait aux yeux. Il déclarait la guerre à tous les servants du jeu social, les clercs en tous genres, intrigants et comploteurs, compromis.
Masques grotesques de ces peintures laissées de côté, j'allais à droite et gagnais la petite pièce ou des gravures expressionnistes détournaient mon attention. Redon avait laissé au cimetière toutes ses illusions et il s'élançait dans les buissons frotter ses cornes (et ses couronnes) contre la terre.
Tous les deux avaient pour compagnon de cauchemar Goya. Je pris une porte voisine et vint le saluer. Des hommes volants s'élevaient dans la nuit comme des grappes de chauves-souris et s'éparpillaient sur une gravure.
-Entrez, me dit Goya, votre conscience seule est endormie. Il y a même une chambre au rez-de-chaussée.
PG



  Odilon Redon, Le Christ crucifié


Francisco Goya y Lucientes (1746 – 1828) a peint et dessiné et nombreux démons, sorcières et fous, dans un mélange de compassion, d’amusement et d’horreur. Le peintre belge James Ensor (1860 – 1949), que l’on connaît surtout comme le peintre des masques, se gausse de tout et de tous dans ses œuvres grotesques et caustiques. Ses caricatures cyniques tournent aux scènes expressionnistes et même parfois hilarantes. Les œuvres d’Odilon Redon (1840 – 1916) paraissent sérieuses et symboliques, mais l’artiste affichait une prédilection pour des sujets étranges, comme des amibes à tête humaine, des fœtus, des yeux écarquillés. Ses œuvres trahissent l’influence de l’écrivain Edgar Allan Poe.

Les 180 œuvres que le Musée réunit sont présentées dans un concept scénographique oppressant, qui vous plonge d’emblée dans l’atmosphère. Pour la première fois depuis 1983, on peut voir la grande collection d’Ensor appartenant au Musée Royal des Beaux-Arts d’Anvers.


Francesco Goya , Le rémouleur



photos : (1) James Ensor "Masques devant la mort" New York  MoMA, (2) Odilon Redon, "Le Christ crucifié"  KMSKA, (3) Francesco Goya "Le rémouleur" Budapest, Szepmuveszeti Muzeum



Informations pratiques :

Musée Royal des Beaux-Arts à Anvers (KMSKA)
Leopold De Waelplaats,
2000 Anvers Belgique

ouvert du mardi au samedi 10h -17h
dimanche 10h – 18h
fermé : les lundis, le 1er et le 21 mai 2009


voir aussi : le site duKoninklijk Museum

Pierre Givodan - contact@pierregivodan.com

Chroniques intempestives

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Mercredi 15 avril 2009

du 30 mars au 4 mai 2009


Boulevard Saint-Germain - Paris (7).



"Souriez Chine ! "
 
Sur le terrain de l'art et en particulier de la peinture en Chine existe un combat contre le faux ascétisme, la malhonnêteté politique, l'avidité du pouvoir à s'accorder avec le testament de Mao. Cette mystique qui atteint son summum  d'hypocrisie dans sa lutte sans fin avec le Tibet notamment est une bénédiction pour les artistes professionnels.
L'important dans cette exposition est l'aspect séculier, utilisant le sourire, la couleur, la figure, sans relâche comme preuves et levier de l'expansion d'une conception autre de la vie...laquelle pointe aussi souvent du doigt un autre "puritanisme", celui de l'esprit du Capitalisme.
Une question s'imposant enfin : comment transformer le monde sans accroître la puissance (inéluctable?) des détenteurs du pouvoir politique ou économique.
PG


Artistes présentés : Tuo Guang Yan, Mao Gang, Guo Zheng, Shu Xing Chuan, Pan Hong Gang, Ye Tao, He Bin, Liu Yang, Hu You Chen.


"Parcours Générations Chinoises", est organisé par la galerie 208 Chicheportiche et l' Association Le Faubourg Saint Germain.  Du 30 mars au 4 mai 2009, Boulevard Saint-Germain, 75007, Paris, 9 artistes actuels présents dans 17 lieux et représentés en totalité dans la galerie.

informations pratiques :

Galerie 208 Chicheportiche
208 boulevard Saint-Germain
75000 Paris

Lundi : 14h - 19h
Du mardi au Samedi : 10h - 19h

Les lieux partenaires du 7ème arrondissement  : Bang & Olufsen / Design S.A / Save the Queen / Kenzo / Sentou / Un jour, un sac / Volt & Watt / Hôtel des Saints-Pères / Silvera / Hôtel d'Orsay / Voyeurs / Arnys / Maxalto / Mairie du 7ème Arr. / Centre Culturel de Chine / World Style / Monte Paschi Banque / Hôtel Duc de Saint Simon /

Voir aussi  : www.galerie208.com

Pierre Givodan - contact@pierregivodan.com

Chroniques intempestives

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Lundi 23 mars 2009



Loïc Le Groumellec Loïc Le Groumellec . Un ouvrage pour éclaircir.
C'est ainsi qu'on peut dire que Loïc Le Groumellec est fidèle à quelque chose qui fait acte, dans la lumière blanche, comme agi par une force puissante. Il a le pouvoir de persévérer, capacité rare à laquelle il ne manque rien. C'est pourquoi il est défendu (paradoxe?), car sa parole fait sens.

Il touche la possibilité de s'installer dans le plein, la terre, le ciel, des pierres levées, le toît d'une maison simplifiée imbriquée dans le minéral , une croix, l'entier. Le Groumellec défend sans bavardages inutiles des commandements possibles à tout peintre à savoir, rendre la présence (ou l'absence), les lois impénétrables et étranges de la sagesse du monde, la question du passage (plus ou moins détaché) de l'ici à l'ailleurs... L'obligation d'éclaircir ce qui fait la vérité d'une vie, sans autres appuis que le sentiment, la toile, la laque, le noir et le blanc, des moyens employés pour combattre l'erreur.

Le sujet en l'état portant au final sur la preuve que l'artiste peut parvenir à dérouler du sens et qu'il lui est toujours possible de dépenser son énergie sans équivoque à faire apparaître juste une oeuvre bonne.
PG


Oeuvres peintes de Loïc Le Groumellec vues à la galerie Templon, salon "Art Paris", du 19 au 23 mars 2009 


Pierre Givodan - contact@pierregivodan.com

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