Les chroniques intempestives : P. Givodan


Vendredi 13 janvier 2012 5 13 /01 /Jan /2012 09:12

 

Peindre le ciel au-dessus de soi.

 

Artificialisme, formalisme, peinture métaphysique....L'image peinte n'est jamais naturelle. Mais il arrive que l'artiste se prenne pour un scientifique. Nous vivons souvent ces moments cycliques dans lesquels les mathématiciens s'emparent de pinceaux et de crayons. Ils dessinent leur rêve de clarté et construisent des espaces mesurés pendant des décennies. Peinture sans objet, mais plutôt avec un "projet" : les bandes de Buren, les "éponges" de Viallat... Négation de l'autoportrait et réduction de la prétention ontologique de l'art.

Il n'y a pas si longtemps, un Ferdinand Alquié nous mettait cependant en garde dans tous ses textes philosophiques, contre le désir de prendre l'objet pour l'être et de songer à un art du pur donné. "L'être n'est pas l'objet" répétait-il, (La Conscience affective, La Nostalgie de l'être...)

 La poésie des sons, des couleurs, de l'espace et du temps nous donne plutôt à penser ce qui n'est pas là , le " tout autre" justement et l'artiste qu'est Van Gogh peut écrire à son frère Théo , l'année de sa mort ( on est à Saint- Rémy entre mai 1889 et mai 1890 : " J'ai essayé d'être patient ...moi ma patience est à bout... Ils disent que dans la peinture il ne faut rien chercher , ni espérer." Lettres à Théo (V.Van Gogh)

Contre toute vanité Vincent gagne une autre forme de certitude, celle de sa foi dans la transcendance que porte l'oeuvre authentique.

Pierre Givodan

 

 

 

Vincent Van Gogh

 

 

 

 

Claude Viallat

 

 

 

 

Daniel Buren

 

 

photos : Autoportrait de Van Gogh. (1887/88), Feria du riz Claude Viallat Arles 2010, "5610 flammes colorées pour un arc-en-ciel", Daniel Buren Rue Serpenoise Metz

 

 

Pierre Givodan

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Dimanche 6 novembre 2011 7 06 /11 /Nov /2011 13:49

 

Edvard Munch

La conclusion à laquelle arrive Munch

 

La condition d'Edvard  Munch a sans doute connu bien des bouleversements. Il a dû lutter certainement pour conserver son humanité et sa peinture a trouvé un élan dans un renouveau de l'expressionnisme dont la radicalité annonce Bram Van Velde et les Abstraits coloristes des décennies suivantes.

Pas de recherche fondée sur la multiplicité des artifices donc dans ses oeuvres. Le pinceau prolonge le bras. Munch a peint avec son corps. Il prépare un certain agrandissement des sujets. Il marche à l'affect. Son carburant convertit en mouvements des énergies accumulées durant des années... Extension, puissance. Ses tableaux gémissent sous le poids des faits biographiques. Mais Munch veut continuer et accomplir la fonction de l'art : un savoir-faire pour toucher le divin. 

Or dans ces toiles, pas de vide ni d'efforts désordonnés, mais une morale, un regard intérieur actif aussi. D'où une conscience dont le va-et-vient nous renseigne sur la pièce, la comédie, le scandale... La vie est passée par là, Munch n'a rien oublié, il persiste et signe.

PG

Exposition "Edvard Munch, L'oeil moderne" du 21 septembre 2011 au 9 janvier 2012, Centre Pompidou, Paris.

 

 

Pierre Givodan

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Vendredi 21 octobre 2011 5 21 /10 /Oct /2011 16:46

"Les sept dernières paroles du Christ"

 

 

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Bernard Lacombe et l'Occident de l'art.

 

Cette exposition de Bernard Lacombe nous importe si on se place dans le contexte philosophique d'une pensée chrétienne. C'est ici qu'intervient la nécessité de se référer au texte : celui du Nouveau Testament. Le livre même porte le message de "Jésus".

Indépendamment de son encrage dans le judaïsme ou des influences multiples que cet écrit peut refléter, nous sommes là devant un bouleversement de valeurs. Une révolution dans la culture de l'époque qui traversera les siècles. L'humanité connaît ses séismes. Elle en est même coutumière. En quoi consiste la "coupure " chrétienne ? Et quel "obstacle" surmonte-t-elle ?  Les expressions empruntées à Gaston Bachelard pour décrire le processus cognitif dans la science, valant ici aussi selon nous. C'est bien cet enjeu qu'interroge à sa manière expressionniste la série des oeuvres de Bernard Lacombe que l'on observe maintenant.

Ce dernier est un lecteur et un familier de la culture judéo-chrétienne. Son travail pictural va puiser dans l'inspiration qui a donné lieu à l'humanisme spécifique qui caractérise notre occident de l'art.

C'est pourquoi dans la filiation d'un Rembrandt par exemple, il nous montre comment le pari en un sens transcendant de l'existence s'incarnera en une figure à la hauteur de notre souffrance et de notre joie ; celle d'un individu chez qui "l'obscure divinité" pascalienne se réfracte discrètement dès l'origine.

Pierre Givodan

 

Exposition et Lecture musicale le 17 novembre 2011 à Genève

 

voir aussi : le site personnel de l'artiste

 

Pierre Givodan

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