Franchir le seuil.
Le premier alibi de James Coignard, peintre, vertigineux dans son exigence, est la vertu de réciprocité : donner pour recevoir. Son oeuvre à première vue impénétrable dépasse la polarité de
la bonne ou la mauvaise peinture. Mue par l'amour (une rencontre, la passion...) elle va bien au-delà du trivial et frôle le sublîme.
Peinture allégée et jamais prosaïque, parfois terreuse et massive, d'autres fois comme subjuguée par le désir d'infini. Coignard n'a jamais été vaincu et sa guerre fut une victoire
sur les ambiguïtés insolentes du principe d'identité. Pour nous ses axiomes sont moraux :
- Qu'en est-il de l'homme, cet être pensant et mortel ?
Ou encore :
- Mort et immortalité comme éternels problèmes de l'art, hors du temps et d'autant plus internes que l'homme-artiste vieillit.
On reconnaît une oeuvre de Coignard à son mystère en zigzag. Une plénitude du trait noir en forme de figure humaine, une tache rouge, une flèche dirigée vers un chiffre "8", des
nappes bleues et blanches. L'amour dans son élan, auquel succombe fatalement l'artiste vivant, jamais sur la défensive, même s'il s'efforce parfois de
réduire ses prétentions.
L'âge a cependant eu le dernier mot sur James Coignard. La dernière fois qu'il a peint, c'était comme la première fois encore...dans l'éternité. Ses têtes de plus en plus extatiques
approchent la limite du silence. Sur le point de s'évader dans un ultime tour de force le peintre est mort en accostant sur le rivage en un éclair foudroyant. Au-delà confondus
: l'espérance et le coeur qui bat une dernière fois.
Pierre Givodan
James Coignard artiste peintre de renommée internationale, né le 15 septembre 1925 à Tours, est décédé à l'âge de 82 ans le vendredi 7 mars à Mougins, France.
Pierre Givodan - contact@pierregivodan.com
Chroniques intempestives
le 17 mai 2008
en France et en Europe
Royaume-Uni
MGM
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Belgique
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Lettonie
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Serbie
Noc Muzeja
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Toscane
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Varsovie
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Brno
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voir aussi : La nuit des Musées en France ICI
La Ville d'Ornans et le Centre régional du Livre de Franche-Comté organisent à Ornans la deuxième édition du Salon du Livre d'Art et d'Artiste le samedi 17 et dimanche 18 mai 2008.
Cette seconde édition réunira les meilleurs éditeurs d'art français qui feront partager au public leurs démarches éditoriales et les dernières tendances du livre d'art. Un bel espace sera dédié
aux livres d'artiste de prestige et aux livres de bibliophilie.
Programme des rencontres :
Samedi 17 mai 2008 :
• 10h : Ouverture du Salon au public
• 15h : Écrire et dessiner, les dessins d'écrivains: Rencontre avec Sophie Bogaert et Frédéric Pajak .
• 16h : Le peintre et l'écrivain: rencontre avec la romancière Maryline Desbiolles.
• 17h : Memento mori ou l'art et le temps: promenade dans l'art avec le critique et poète Paul Louis Rossi.
• 18h : Rodin et la photographie : Hélène Pinet.
• 20h30 : Concert-Lecture avec le comédien Jean-Claude Dreyfus et le pianiste Jean-Marie Sénia.
Dimanche 18 mai 2008:
• 11h: Vernissage de l'exposition de Titus-Carmel (ICI) et lecture de ses poèmes.
• 14h30 : Rencontre avec Jacques Jouet, poète, et Tito Honegger, plasticienne, autour de leur ouvrage Un énorme exercice. (ICI)
• 15h30: L'art et l'écriture : rencontre avec l'écrivain Bernard Comment.
• 16h30: L'art pris au mot : rencontre-débat avec l'écrivain et critique d'art, Alain Jaubert.
• 17h30: 0.60, Nothing but ashes: rencontre avec Bailly-Cowell, artiste plasticien.
Un énorme exercice
Tito Honegger, Jacques Jouet
178 x 255 mm
128 pages
ISBN 978-2-940377-18-3 coll. Varia Art&Fiction éditeur
Diffusion Art Point France
En associant les monotypes de Tito Honegger et l’écriture de Jacques Jouet, art&fiction ne fait pas dans la dentelle éditoriale…
voir l'ouvrage , le commander contact@artpointfrance.org
Informations pratiques :
Centre régional du Livre de Franche-Comté
2 avenue Arthur Gaulard
25000 Besançon,
03 81 82 04 40
crlfc@wanadoo.fr
Pour le programme complet voir sur le site du Centre régional du livre de Franche-Comté
du 8 mai au 28 mai 2008
Librairie de la Halle saint Pierre - Paris (18)
La librairie éphémère
Pour la 9e fois, la librairie éphémère s’installe et présente la production d’une quarantaine d’éditeurs soit 500 titres de nouveautés et de fond qui « ne se trouvent pas partout ». La
manifestation, rendez-vous bi-annuel à l'initiative des éditeurs est accueillie par la librairie de la Halle Saint Pierre dont les murs accueilleront du 7 au 27 mai 2008,
les oeuvres de trois artistes, Katrin Stangl pour Passage piétons édition , Catherine Gillet pour Circa 1924 et Josef Nadj pour les editions L’Œil d’or.
PROGRAMME DES LECTURES ET PRÉSENTATIONS
Dimanche 11 mai
Projection de film d’artistes
Toute la journée - Amphithéâtre
Samedi 17 mai et Dimanche 18 mai
16 heures
Représentation de Cirques, de Jean-Luc A. d’Asciano (Éditions Passage Piétons)
Par la compagnie Amorfini
Dimanche 25
Bal des éditeurs
(tout l’après-midi, avec de mystérieux musiciens)
Liste des éditeurs :
Passage piétons / L’Œil d’or / Alain Beaulet / Anacharsis / Art&fiction (ICI) / La Barque
(Revue) / William Blake & co. / Chemin de fer / Circa 1924 / Cochon pendu / Colophon / La compagnie créative / Cosa Nostra / Coup d’encre / Le Cycliste / Delphine Montalant / Diantre ! / La
Dragonne / Édition Jean-Pierre Huguet / Les éditions sans importance / L’Epure / L’Escampette / Folle avoine / Grandir / Harpo & / Lettr’ange / Lirabelle / L’Idée bleue / Michel Houdiart /
Magellan & co / Mix / Monsieur Toussaint l’ouverture / Nuit Myrtide / Organic éditions / Part des anges (La) / Plaine page / Plonk et replonk / Les Editions de l’Atelier in 8 / Poursuite
Editions / Rhubarbe / Ritagada / Rougerie / Le Passager Clandestin / Sillage / Éditions du sonneur/ Stalker / Trouvères & compagnies André Dubuc / Vedrulla Editions / Virgile / Yvette &
Paulette / Zédélé / Zinc / Zoom
Informations pratiques :
La Halle Saint Pierre
2 rue Ronsard 75018 Paris
Tèl : 00 33 (0)1 42 58 72 89
Fax : 00 33 (0)1 42 64 39 78
info@hallesaintpierre.org
voir aussi : http://www.hallesaintpierre.org/
Thème : Migrations
du 10 au 12 mai 2008
Saint-Malo (35)
"Où il sera question de la quête et des pièges de l’identité, de la ville Moloch et de la Ville lumière, de l’errance et de la demeure, des épopées fondatrices, des diasporas à travers les âges,
de la perte et de la reconquête de soi, de la langue, aussi, et de son invention. De la langue, où toutes ces questions se retrouvent, portées à incandescence, et d’abord celle de la littérature.
Ainsi : la langue nous détermine-t-elle, nous impose-t-elle au final ses valeurs quoi que nous fassions ? Dit-elle « l’âme d’un peuple », signe-t-elle son identité ?
Est-il une « langue du maître » dont les opprimés devraient se libérer pour être ? Il se pourrait bien, au contraire qu’aucune langue, pour personne, ne soit pleinement sienne — et
que ce soit pour cela que nous pouvons, par elle, communiquer avec les autres ? En sorte que l’enjeu, pour un écrivain serait moins de revendiquer une langue propre, que d’affirmer un
style…" Michel Le Bris
Et comme chaque année, des rencontres, des expositions, des spectacles, des films, des signatures et des livres... Voir le programme ICI
Ecouter Michel Le Bris sur France Culture ICI
Le 1er Salon
Samedi 17 mai 2008
Dimanche 18 mai 2008
Centre Pompidou, Paris (4)
La nuit des musées est fixée au 17 mai pour cette année 2008, elle concerne quantité de lieux à Paris et en région. Pour la première année, à l’occasion de la journée de gratuité dans les musées,
les éditeurs du Mai du livre d’art proposent un salon au centre Pompidou et prolongent la manifestation jusqu’au dimanche. Dans un espace de 900 m2, tout au long du week-end,
dédicaces et rencontres avec les auteurs et les artistes.
Samedi 17 mai de 11h à 24h
Dimanche 18 mai de 11h à 19h
75004 Paris, Centre Pompidou
Entrée libre
"Les rois ont perdu leur couronne pour un chapeau"
du 20 mars au 15 juin 2008
Musée des Beaux-Arts - Brest (29)
La peinture de François Dilasser se joue des écoles. Elle part d'une géographie, d'un paysage ou d'une image mentale expérimentés et portés au plus près de la sensation, à travers des séries
comme Arbres, Mains, Têtes silencieuses, Veilleurs, Jardins, Planètes, Baigneuses…
Depuis 1973, l’artiste alterne des formes pleines, paysage ou portraits, avec une sorte de quadrillage coloré ou les éléments se démultiplient.
Le titre de l’exposition « Les rois ont perdu leur couronne pour un chapeau » est extrait d’un texte de l’artiste. Il exprime le mélange de dérision et de tragique, d’ironie et de gravité
que contiennent les soixante tableaux exposés, reliés par un fil conducteur : la métamorphose.
Des têtes, des mains, des corps se transforment, se déforment. Leurs contours en deviennent souvent flous tandis qu’une franche vitalité émane de couleurs en coups de poing. Les Têtes sont un
thème récurrent à travers toute l’oeuvre. Elles illustrent le glissement permanent que le peintre opère d’une forme à l’autre, de figure à paysage. Cette métamorphose est parfois soulignée par
les titres : “Arbre et île” peut devenir “Tête marine” ou inversement. Comme si, pour le peintre, un seul schéma premier devenait susceptible de toutes les variations. Des oeuvres récentes de la
série Nuages sont exposées pour la première fois auprès d’oeuvres marquantes, notamment celles des séries qui se succèdent depuis 1988 : les Chute d’Icare, Grands Voyages, Yock, Jardins,
Veilleurs, Bateaux-feu, Régentes, Mains, Arbres, Planètes, Etoiles, Personnages, Baigneuses après Cézanne, Têtes...
L’exposition présente 40 ans d’une vie dans l’art, à travers des oeuvres emblématiques et insiste plus particulièrement sur les 10 dernières années. Elle est produite en partenariat avec le musée
des beaux-arts de Bordeaux et est à voir au Musée des beaux-Arts de Brest jusqu'au 15 juin 2008.
A paraître le 18 mai aux ed. Canopée
Livre d'artiste
Ineffable vent
Texte de Erwan Rougé. sérigraphies et oeuvre originale de François Dilasser.
Tirage à 29 exemplaires : 21 exemplaires avec cinq sérigraphies, 4 exemplaires avec le livre et une suite de cinq sérigraphies signées, 5 exemplaires de tête avec le livre, la suite de cinq
sérigraphies et un dessin original.
Prix : 700€
Prix avec la suite : 1000€
Prix avec la suite et le dessin original : 1500€
Une diffusion Art Point France, le commander contact@artpointfrance.com
voir l'ouvrage ICI
Informations pratiques :
Musée des beaux-arts de Brest
24, rue Traverse 29 200 Brest
02 98 00 87 96
ouvert de10h à 12h et de 14h à 18h tous les jours sauf dimanche matin, lundi et jours fériés.
Catalogue avec des contributions d’Antoinette Dilasser et de Jean-Marc Huitorel
voir aussi :
"Peinture, Système, Monde"
Jusqu'au 11 mai 2008
Musée d'art moderne de la ville de Paris.
Priorité au vivant
Contrairement à une vision superficielle du travail de Penck on aurait tord de croire que le moi est le centre autour duquel s'ordonne sa peinture.Penck est un artiste du général qui
s'intéresse au moyen de communiquer le plus largement avec l'humain.Sa prise de conscience d'une scission à l'intérieur de notre modernité l'a enrichi d'une tentation de peser
moralement sur les autres. Ses immenses toiles ponctuées de signes en noir et blanc ou colorées et narratives sont un dialogue, une ouverture à l'Histoire.
L'histoire de la conscience humaine qui se fraye un chemin au milieu des embûches des passions.Défenseur des droits de l'homme à rêver, chanter, hurler sa joie et sa peine en musique,
mais aussi méditer sur le destin des forces obscures, animales et instinctives, Penck, issu de l'Allemagne de l'est de l'après-guerre est un renverseur ascétique de tradition.
Autant dire un révolutionnaire de l'art dont les sculptures taillées à la hache dans le bois démontrent les possibilités d'un amour désintéressé, harcelant et sans scrupule.
Les formes de ses sujets sont élémentaires et sans courtoisie, mais l'approche est éclatante, non conventionnelle au possible. Priorité est donnée ici au vivant sans théâtralité ni
noblesse obligée, sans austérité ingrate non plus. Penck s'est donné tous les droits esthétiques mais s'est aussi obligé aux plus grands devoirs. Achoppant à la finitude ses
personnages angoissés franchissent les limites de l'espace en criant sur les toits l'absurdité, la vanité et la malédiction issue du malin génie qui nous conduit à l'erreur.
Il y a une vérité têtue dans le travail de cet artiste tourmenté et disproportionné : exclure la mesquinerie de son champ d'attention et en finir avec les fallacieuses perversions
faussement innocentes et immaculées. L'homme est faible, crédule et Penck le sait. Ce dernier nous chuchote la tragédie des malheurs d'Adam et Eve comme un trésor infiniment
précieux dont nous ne saurions nous dispenser sans démissionner de
notre condition, entre amour et jactance.
P.G. contact@pierregivodan.com
lire aussi la présentation de l'exposition de A. R. Penck publié le 8 février ICI
Exposition A.R.Penk, "Peinture, Système, Monde, Musée d'art moderne de la ville de Paris.Jusqu'au 11 mai 2008.
du 14 mai au 14 juin 2008
Galerie valeurs d'art - Paris (13)
Les promesses d’immortalité.
Le nœud gordien de la peinture, de la sculpture, de l’art tout court réside peut-être en cela : l’idée substantielle que les défunts, partis, disparus, ont besoin d’un lieu propre,
au-delà du simple monde visible, un monde autre en compagnie de l’essentiel : de l’attention que le groupe social leur porte.
Loin du bavardage et de l’imagination fantaisiste, ce musicien de la couleur et de la matière qu’est Rillon , nous livre donc quelques secrets sur l’ici-bas et l’objet
d’art.
Admettons qu’il existe une inquiétude métaphysique, difficilement sublimable. Et que de l’Italie à l’Islande, le langage nous cache la sauvagerie de l’habitation sur terre. Mais
on n’a pas attendu Mozart ou Rimbaud pour nous rappeler notre réalité empirique. Ce que Rillon rend tangible par ces « reliquaires », « Architextures » et nomenclatures
errantes c’est la cuisine de l’art de toujours, l’audace de créer à ses risques et périls de objets-
symboles pour aller voir du côté des forces du dedans, loin des lâchetés vulgaires, sans perdre de vue la promesse d’immortalité que les vivants font aux trépassés. Ce qui arrive
souvent face à ce genre d’œuvre artistique, c’est que l’on en oublie la beauté.
La poésie, la puissance, la possession du métier pèsent là en la faveur du peintre sculpteur qui n’abandonne rien au hasard et tel un médecin des esprits fait œuvre
salutaire en employant au mieux son langage plastique pour s’adapter aux nécessités intérieures universelles.
PG contact@pierregivodan.com
informations pratiques :
du mardi au samedi de 14 h 30 à 19 h
Galerie Valeurs d'art
11-13 rue Henri Michaux, 75013 Paris
voir aussi : le site de la galerie Valeurs d'art
jusqu'au 8 juin 2008
Petit Palais - Paris
Le paradoxe de Goya graveur est que plus il se contient moins il se trahit. Moins il en rajoute et plus il s'exprime.Comme si le graveur prenait le relais du peintre.Les difficultés
de la peinture étant compensées par le maintient, le rassemblement, véritable tour de force, quand on songe à ses reprises de Vélasquez et à ses clins d'oeil à Rembrandt. Mais
il réussit sans donner le sentiment de l'effort, comme sans y penser. Et l'on aime. C'est répétons-le l'accomplissement de la maîtrise compatible avec le minimum de moyens.
Mais il y a plus. Comme une volonté passionnée de faire vivre l'Espagne et les siens, de leur porter secours.De ne jamais les perdre de vue ni les abandonner, de se dévouer corps et
âme à leurs bonheurs et à leurs malheurs, depuis les jeunes filles légères et gaies jusqu'aux mères terrassées par la douleur des "Désastres de la guerre". Un désir fou, en
toutes circonstances de retenir l'existence.
Aimer ou mourir.Telle semble être la question que pose Goya dans cette production en noir et blanc. Aimer en renonçant à haïr ou mourir, comme celui qui accepte de n'être rien : "Le
Garroté" par exemple en est la métaphore. Quant à la douceur ineffable d'aimer , elle est rendue dans la contradiction vivante des "Caprices" notamment. C'est que Goya était insoluble
dans la rationalité. En bon Espagnol celui-ci se débat entre Les Lumières venues de France et d'Europe et la fatalité d'un destin qui pèse sur les hommes du Sud. Le sentiment
tragique de la vie n'a pas attendu Unamuno pour éclore sur cette terre des possibilités impossibles et des évasions intérieures.
Sensible à l'immoralité du monde et à sa finitude, disposant de la ruse de l'art et de l'ambiguîté du beau, Goya fonce tête baissée sur l'irrationnel qu'il tente,
vainement de neutraliser ici.
Sublimation de l'art qui cherche une réponse à la question du Tout et du Rien en tâtonnant dans l'indicible. Enfin le second point se place à la hauteur des solutions vertigineuses et
infinies. Non plus Tout et Rien mais mais l'un dans l'autre, indiscernables, indifférents ou qui reviennent au même.
Plus d'optimisme ni de pessimisme mais un héroïsme de l'extrême, à mi-chemin de la vie et de la mort, ce qui lui permet de dépasser définitivement la médiocrité dans les
"Tauromachies" ou les "Disparates" entre autres.
Goya graveur se révèle donc définitivement inadapté à la moyenne et aux compromis impurs dans un monde de relative médiocrité. Bien loin des jouîssances égoîstes son art est
comparable à un devoir cruel, car tôt ou tard la mort mettra à nu la vie, l'amour et le rêve de l'artiste est de faire reculer l'instant fatal.
Il était donc important ici à Goya de rappeler ces évidences oubliées de beaucoup, hier comme aujourd'hui : que vaut la vie sans une raison vitale d'exister ? Et inversement qu'en
est-il du mystère du destin ? Ou mieux : la folie de l'amour nous donnera-t-elle la force d'outrepasser le néant ?
PG contact@pierregivodan.com
exposition "Goya graveur" au Petit Palais à Paris, jusqu'au 8 juin 2008.
lire aussi : "Les caprices d'hier et d'aujourd'hui" dans La Feuillée du 06/03/2008
Informations pratiques :
Petit Palais, Musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris :
Avenue Winston Churchill – Paris (8e)
Renseignements au 01 53 43 40 00
Ouvert tous les jours de 10h à 18h
Nocturne le jeudi jusqu’à 20h pour les expositions temporaires.
Sauf les lundis et jours férié
voir aussi : www.petitpalais.paris.fr