Rêves d'artistes (et contre-culture).
« Nous sommes faits de la même étoffe que nos rêves ». Shakespeare (La Tempête).
Jean Dubuffet a écrit jadis un livre sur le purgatoire et le paradis des oeuvres singulières dans l'Homme du commun à l'ouvrage (1973). D'abord on y voit que l'intensité des créations se
mesure à l'imagination d'un autre monde. Ensuite que les anciens parlent toujours aux nouvelles générations. En deçà et au-delà de l'histoire officielle, on constate que dans l'ombre, les
artistes qui ne faiblissent pas, évoquent la sensibilité éternelle, la géomètrie des mécanismes poétiques de toujours. Car nous vivons de bonheurs de ce genre, d'anecdotes et de narrations
primordiales. Magie du surnaturel sans procédé. Les artistes ont encore la foi. Le chemin de l'art les place à des distances astronomiques des images convenues. Très proches de Don Quichotte,
dans l'inimitié des conducteurs de troupeaux, ils fuient la banalité quotidienne et demeurent dans l'amitié des crachats de lamas. Ils offrent un certain contraste. Même si leur
attitude n'est jamais purement filiale, ils obtiennent leur salut en nous donnant une vision des âmes fidèles, parfois perdues et réprouvées, du roman de l'art contemporain. Vive donc les
habitants de la rue de l'art, loin du cercle des Évangiles des révolutions libérale ou populaire !
Nous arrivons à ce moment-clé où loin des cimes ascétiques des anciennes théologies du « Nouveau et des avant-gardes ». l'on demande d'autres stratagèmes :
- Force du chant lyrique, idée sauvage, mystique du plaisir contre philosophie du « connaître » et du « comprendre ».
- Désir ludique contre volonté de pénétrer les étoiles, à faire pleurer d'ennui les foules aux antipodes.
- Art improvisé et déraisonnable mais cependant ni aveugle ni ignorant et en guerre contre la comédie des dictateurs de l'art pur, contre les suiveurs de l'idéologie informatique.
C'est ainsi qu'après Versailles (« deux ») nous choisissons par exemple d'apprécier l'exposition de la fondation Cartier à Paris, l'histoire du Tag plutôt que celle de la métamorphose
d'un art lilliputien en décor de Walt Disney pour cette fin d'année 2009.
Pierre Givodan
Expositions :
1 - au Chateau de Versailles
Xavier Veilhan jusqu'au 13 décembre 2009
(notre présentation de l'exposition ICI)
2 - à la Fondation Cartier pour l'art contemporain, Paris 11e
Né dans la rue, Graffiti prolongée jusqu'au 10 janvier 2010
Informations pratiques :
Fondation Cartier
261, boulevard Raspail 75014 Paris
Tél. 01 42 18 56 50
tous les jours, sauf le lundi, de 11h à 20h.
Nocturne le mardi jusqu’à 22h.
Métro Raspail ou Denfert-Rochereau
(lignes 4 et 6) / Bus 38, 68, 88, 91
RER Denfert-Rochereau (ligne B)
photos : (1) JonOne, The New Face of America, 2009 © JonOneRock / Adagp, Paris, 2009. Photo © Fabrice Gousset(2) Nug, Suède, 2009© Nug (3) P.H.A.S.E. 2, 2009 © P.H.A.S.E. 2 (4) Part One, dessin
préparatoire, 2009 © Part One
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Pierre Givodan |