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Récits
du 27 mai au 26 juin 2010
Galerie Jean Fournier - Paris 7e
Pierre Mabille. Une esthétique de la joie.
"L'art est un continuum dans lequel chacun s'inscrit. Appartenir à la galaxie Matisse ou de la galaxie Bacon, tous deux de grands peintres, entraîne des attitudes de recherche ou des méthodes de travail radicalement différentes."
Pierre Mabille
Pierre Mabille a choisi comme Matisse la couleur qui crée de l'espace. Il n'en demeure pas moins que le dessin a son mot à dire dans la question du langage plastique et que dans l'oeuvre de
l'artiste le conflit existe entre la forme colorée et le trait. Vers 1997, Pierre Mabille retient dans son vocabulaire initial, un seul élément formel. Il le simplifie jusqu'à le
vider d'une signification précise, afin " d'accorder plus d'importance à l'aspect matériel, afin de travailler la couleur avec plus de liberté…". Il le manipule, le répéte, le
fait varier de manière à "mettre en pratique « plusieurs dispositions (…), plusieurs assemblages, relations (…), plusieurs accidents, plusieurs analogies (…) ". En arcs de cercle croisés,
l'élément à la géométrie floue est assez indéfinissable. Vertical, il rappelle la mandorle, la soucoupe volante, le sexe féminin, le noyau d’olive…, horizontal, il devient léger, aérien. Comme en
suspension., il permet alors "d'oublier le sol et le ciel, donc de quitter l'image."
Un autre référence, celle à Georges Perec pointe dans la démarche de l'artiste producteur de "Récits". A la suite de l'oulipien, Pierre Mabille s'est choisi une douce contrainte, garder toujours cette apparence d'une même forme oblongue. Pourtant s'apercevant qu'il ne l'a jamais séparée en deux, il envisage une ouverture vers de nouvelles perspectives. Car après tout, ce n'est qu'une exploration, un travail en tension, un chantier "mixant construction rigoureuse et liberté de digression". Il existe d'autres possibles qu'il ne s'interdit pas. En effet, le maître mot de cette démarche qui brasse une foule de vocables (cette seule forme peut être appelée de 400 manières différentes ! ) est ouverture. Ouverture "à l'infini du champ imaginaire" , ou comment à partir de trois fois rien, par le truchement de la main et par un cheminement obstiné, un artiste explore un territoire sans limites et suggère ce qui se joue et se trame dans un hors-champ aléatoire.
Pierre Mabille qui déclare préférer rester au ras des pâquerettes, nous offre une oeuvre gouvernée par l'esthétique de la joie . En démontrant qu'il n'y a pas d'absolu de la forme, il déploie une magnifique leçon de création.
Catherine Plassart
photos : (1) Sans titre acrylique sur toile - 2010 180 x 200 cm. ,(2) , (3) Sans Titre Acrylique sur toile - 2009 116 x 89 cm. , (4) Sans titre 3, série Les Récits encre de Chine - 2010 80 x 60 cm. , (5) Antidictionnaire technique mixte sur papier - 2010 21 x 29 cm. (2 fois)
Informations pratiques :
Galerie Jean Fournier
22 rue du Bac
75007, Paris - France Tel :
info@galerie-jeanfournier.com
33 (0) 1 42 97 44 00 33
ouvert du mardi au samedi de 10h à 12h30 et de 14h à 19h.
voir aussi : le site de la galerie Jean Fournier