Partager l'article ! La Feuillée du 4 février 2010: Vanités contemporaines. Irréparablement creux, le crâne est la représentation en peinture ...
Vanités contemporaines.
Irréparablement creux, le crâne est la représentation en peinture de la vanité en référence à la parole de l'Ecclésiaste « Vanité des vanités, tout est vanité ». Mais cette annonce qui agite comme une menace un au-delà effrayant pour inciter à une attitude méditative et à un engagement moral valait seulement à d'autres époques. Aujourd'hui le motif de la vanité dans les oeuvres des artistes révèle d'abord une absence, un manque, un vide, en relation avec l'écroulement du sentiment d'exister.
La mort est à la fois une évidence et un non-sens. Sa grande faux mortifère attend son heure inconnaissable et imprévisible. Elle n'est plus pour la modernité ni régénération ni rédemption, elle est tragique et absurde, impossible à conjurer. La "vraie mort" qui prouvait l'unité de toutes les composantes de la vie a sombré derrière la ligne de flottaison d'un espace historique antérieur. D'où la violence des oeuvres contemporaines qui perpétuent l'utilisation d'un motif, la vanité, privée de sa signification première mais nourrie des représentations du monde de l'invisible.
Or précisément le peintre qui ne vit que par le regard de l'autre se perçoit de moins en moins visible. Il soupçonne la peinture elle-même d'être vanité et de révéler la vacuité de toute action humaine dans la masse inerte du monde. Ainsi, il choisit l'explosion et le surgissement du sortilège embusqué dans la mémoire, de préférence à un lent glissement vers la disparition et l'oubli. Il fuit le repli sur soi, récuse la déréliction. Les têtes de mort participent à une danse macabre renouvelée ; elles ne cèdent pas à la tentation d'un sommeil immobile et funèbre. Sublimes ou comiques, isolées ou en sarabande elles intègrent le lieu de l'expérience, traduisent la vie, et réaniment dans le théâtre des ombres le jeu d'exister.
Catherine Plassart
Fabrice Rebeyrolle Le saisissement et la fureur. Une chronique de Philippe André. " L'homme est périssable, comme individu et comme genre. Nous ne le savons que trop, mais faisons mine, la plupart du temps, de l'oublier..."
"C'est la vie - Vanités de Caravage à Damien Hirst" , exposition de 160 peintures, sculptures, photographies, vidéos, bijoux,
objets sur le thème des vanités du 03/02 au 28/06 au Musée Maillol à Paris
photos : (1) Fabrice Rebeyrolle, (2) Damien Hirst ,(3) Andy Warhol
voir aussi : La Feuillée du 4 février 2010
|
Catherine Plassart - contact@artpointfrance.org
|