Partager l'article ! Enki Bilal: Enki Bilal : Le cycle de la mémoire. Il faudrait commencer par le début. ...
Enki Bilal : Le cycle de la mémoire.
Il faudrait commencer par le début.
Comment un nation se désintègre. Et comment l'Occident reste muet.
Mais d'abord quelques souvenirs personnels, un peu de vécu et de subjectivité...
C'était en 1976. J'ai alors traversé la Yougoslavie de Tito. J'ai vu Zagreb , les minarets de Sarajevo, dormi à Belgrade. Profité de l'hospitalité des ex-Yougoslaves. Et puis neuf ans plus tard à Paris j'ai connu une personne d'origine serbe, une belle slave qui n'aimait pas ceux du sud , ellle les trouvait tellement différents n'est-ce pas...
Et puis ce fut la guerre ethnique . Six peuples enchevêtrés qui se déchirèrent dans l'incompréhension générale . Qu'est-ce qu'une guerre civile sinon cela justement : l'écartèlement comme méthode masochiste de supplice organisé. La folie comme "remède"imaginaire au mal du racisme, de la haine idéologique, la violence comme érection du monstre souverain. La "folle du logis" faite reine du royaume de l'enfer.
J'en viens donc à Bilal et à son "Cycle du Monstre" justement. Bilal l'européen, Bilal le bâtard de la mémoire. L'homme qui se sait autre parce que l'autre est en lui et qu'il ne veut pas le lâcher non plus. Je pense l'autre donc je suis . Là est le problème. Mais comment être si l'autre me nie alors. C'est ainsi que naît le désespoir ou la lucidité. Bilal ou l'exercice de la synthèse impossible du cogito et de la prière à l'ombre des pelouses parfumées ?
Car on ne peut pas boire un thé à la menthe sous les bombes ... et c'est dommage . C'est pourquoi Bilal dessine , écrit , filme, sûrement. Derrière les fantômes furtifs , sous les voiles bleus de la mémoire.
Ceci est une hypothèse bien sûr.
Sauf que les hantises de l'artiste nous renvoient à nous- même.
Alors méditons cette catastrophe suspendue. L'esprit aux abois. Recherchons l'intelligence des siècles. Pensons l'agression à partir de la déchirure initiale. L'esprit de l'utopie face à la débâcle. Car il n'y a pas en réalité d'autre alternative.
Bilal et le blues du retour ou encore le retour du refoulé à l'heure de la mondialisation de la culture du conflit.
Bonjour le XXI ème siècle. Adieu la tolérance. Vive la bande dessinée !
PG
"Etonnants Voyageurs" à Saint Malo offre dans le cadre de son festival annuel du 26 au 28 mai une présentation de 60 originaux de Enki Bilal (galerie Desbois) extraits des quatre cycles du "Monstre".
voir aussi : le site de Etonnants voyageurs, le site de la galerie Christian Desbois