|
|
|||
|
Insérez votre annonce dans cet espace |

Chroniques intempestives et subjectives à propos de l'art
de Pierre Givodan
Cet essai est un ensemble de méditations et de considérations sur l'art contemporain illustré par un choix de chroniques (art visuel, littérature, musique) parues entre 2005 et 2008 dans le
Web Magazine Art Point France Info.
L'ouvrage est disponible en librairie au prix de 17€ ou sur le site des éditions Complicités
|
ZOOM SUR UNE COLLECTION Du 8 mars au 28 mai 2007
Carré d'Art - Nîmes (30)
+ 2007- NOUVEL ACCROCHAGE DE LA COLLECTION DE CARRE D'ART - NÎMES |
|
|
Du 8 mars au 28 mai, Carré d’art Musée d’art contemporain accueille douze œuvres, photographies ou peintures provenant de la collection de la Société générale dans le cadre d’un accrochage entièrement renouvelé. Celui-ci, comme les précédents, est l’occasion de confronter de nouvelles acquisitions, des œuvres rarement montrées aux grands chefs d’œuvres de la collection tels les Richter, Polke, Penone dans des liaisons nouvelles.
La première salle réunit des œuvres dans lesquelles l’intervention de l’artiste tend à s’effacer au profit de règles, d’où découle la forme. Ces procédures sont aussi des règles de vie et entretiennent un lien fort avec l’évocation du temps. La Date Painting d’On Kawara formulée dans la langue du pays dans lequel il se trouve, doit être terminée le jour même, sinon elle est détruite. Elle possède son propre emballage, une boîte en carton réalisée par l’artiste et contenant un journal du jour. De même les formes complexes de Sec, Equarri, Abouti en ligne courbe, 1975 ou Sec, planche débitée, courbée par coins, collé, 1974 de Toni Grand naît de l’application immédiate de techniques d’assemblages très précisément décrites dans le titre. L’utilisation de poissons morts comme unité de mesure dans les sculptures que Toni Grand a réalisées à partir de 1987 subvertit la géométrie, mais elle est une interrogation sur le temps. Le bouquet de fleurs de Gerhard Richter est un rappel de la nature morte tel qu’elle s’est formalisée à partir du XVIIe siècle : la fleur est le symbole évident de la brièveté de la vie. |
|
|
|
Autour de l’œuvre invitée de la Société générale, Seita de Raymond Hains, relief de bois qui reproduit en grand un carnet d’allumettes, sont réunies des œuvres des Nouveaux réalistes comme « Tir à la carabine » de Niki de Saint-Phalle, empreintes d’objets de Arman, ou l’œuvre de Daniel Pommereulle, Chariot, objet de prémonition qui, par le recours à l’objet, font sortir l’œuvre d’art des catégories esthétiques pour la rapprocher de la vie.
Le XXe siècle s’est beaucoup interrogé sur la réalité du fait artistique. Plus conceptuelle, la salle suivante présente des oeuvres de Joseph Kosuth, Bernard Frize et Buren. Dans une autre salle, autour d’une grande toile de Claude Viallat des années 60, les œuvres de Pascal Pinaud, de Laurent Pariente, de Remy Hysbergue.
La comparaison de Stephan Dean et Stéphane Couturier souligne une réflexion sur la peinture au travers de moyens tels que l’objet ou la photographie notamment à partir de la conquête des grands formats couleurs par celle-ci. Cette salle dévoile des états différents de la photographie « plasticienne » chez Burgin ou Sophie Calle, Thomas Ruff, Thomas Demand, Alain Bublex et Philippe Ramette.
La Maison de riz de Wolfgang Laib et des Propositions d’objets quotidiens de Absalon renvoient à un jeu sur l’échelle, familier dans la seconde moitié du XXe siècle. |
|
|
|
Les deux salles suivantes s’organisent autour de rapprochements formels. Hantaï, artiste d’origine hongroise né en 1923 met au point une technique de pliage de la toile au moment de sa réalisation qui fait intervenir le hasard dans la détermination de la forme peinte. Chez Christopher Wool, Jean-Marc Bustamante, Albert Oehlen une profusion de signes peints, voire issus de l’ordinateur, crée un graphisme rythmé dont le lyrisme pourtant évident n’est pas la raison d’être.
Il y a tromperie. La salle suivante serait le contrepoint sérieux avec un artiste comme Martin Barré (1924 –1993) et Bernard Frize.
Les deux salles suivantes explorent les possibilités de la matière, principalement autour de l’Arte povera, le land art mais aussi la peinture figurative d’un Barcelo. Les artistes du XXe siècle ont souvent convoqués dans leur travail des éléments d’authenticité empruntés à l’environnement naturel ou à des objets patinés par un long usage humain (Penone, Merz et Kounellis). Ils sont souvent allés vers un univers ressenti comme plus authentique : reprise par David Tremlett des couleurs de la terre vues au travers de ses nombreuses marches africaines, assimilation des gestes traditionnels du potier par Orozco, ou pour Barcelo qui installe un atelier en Afrique à partir de 1988, force de la matière organique insérée dans la peinture.
La salle suivante témoigne du dépassement de l’opposition abstraction et figuration par de nombreux artistes. Les œuvres abstraites de Sigmar Polke et Gerhard Richter jouent plutôt sur la limite entre réalité et représentation. Réalité de la peinture quand Polke utilise des pigments minéraux, ici le lapis lazuli, pigment rare utilisé autrefois par les Primitifs, réalité de la superposition des coups de brosse dans Abstraktes Bild de Richter, réalité du motif de légumes et de fleurs du tissu face à la « mythologie » peinte des Quatre saisons.
La dernière salle du parcours confronte, autour de la photographie, deux utilisations engagées de la figure. Sigmar Polke dans Flüchtende (les Fugitifs) reprend une photographie de presse de deux émigrés fuyant le mur de Berlin. Innocenti de Thomas Schutte présente des photographies très rapprochées de personnages en pâte à modeler. Cette série fait partie d’un ensemble d’œuvres où Schütte évoque la notion d’espace public et de pouvoir.
Très réfléchi le nouvel accrochage autour de la collection de la Société Générale du Carré d'art à Nîmes nous paraît offrir dans une bonne mesure un panorama de la création au XXeme siècle. |
|
informations pratiques : Vernissages le jeudi 8 mars à partir de 18h30 tel 04 66 76 35 79 |