Partager l'article ! Albert Camus: Camus, solitaire et solidaire Camus et la Méditerranée : cela ne voulait rien dire d'autre pour certains qu'u ...
Camus, solitaire et solidaire
Camus et la Méditerranée : cela ne voulait rien dire d'autre pour certains qu'une vague mesure de l'homme dans la lumière, autant dire une esthétique solaire.
Pour d'autres, une évaluation de ce que veut dire l'homme et de ce qu'il peut.
Liberté et démocratie, autant dire une politique de l'individu moderne.
C'est ce Camus là qui subsiste car il s'est enraciné dans la Grèce classique, mais nous regarde à partir du XXème siècle.
Camus était inactuel dans les années 50 car, en avance sur son temps et en retard d'une mode (l'existentialisme).
On lui reprochait son goût pour la "limite", Héraclite et les places désertes. On lui enviait aussi sa lucidité face aux désastres de l'histoire et son courage à dire ce que d'autres voulaient
taire.
Camus était solitaire. C'était sans doute son côté espagnol et don quichottesque qui s'exprimait là.
Camus était solidaire. C'était aussi son côté "peuple" de méditerranée et d'ailleurs. Ce peuple qui a toujours échappé aux classifications bourgeoises et aristocratiques.
Camus anarchiste ?
Nietzschéen de gauche ?
Un peu de tout cela, mais surtout bien autre chose et d'abord c'est vrai, artiste, joueur de sa vie, comédien des jours, amateur des drames ayant plutôt d'ailleurs tendance à préférer le tragique
au comique.
Méditerranéen, donc ? Sûrement de par là...
Mais pas au sens que lui donnaient les bourgeois de Paris. Plutôt, peut-être, dans la filiation de Sophocle, et d'Augustin ou de Tirso de Molina (Le Don Juan de Séville) par exemple.
Affronté à Dieu, voyant percer le désir, partout, d'une "volonté de puissance" plus ou moins bien comprise, Camus occupe enfin tel Cassandre la place de l'oiseau de mauvais augure dans nos
lettres fin de siècle.
Pierre Givodan
Lire aussi l'article de janvier 2010 ICI
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Pierre Givodan |