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Une machinerie picturale
La côte était brûmeuse et déserte.
Le peintre rêvait ce jour là à un pays inconnu situé de l'autre côté de l'horizon. Il marchait sur des galets et découvrait une pièce usée. Sur le côté face de la monnaie un visage à demi-effacé apparut. Il décidait le lendemain à se mettre à dessiner...
Il pensait à un voyage en mer, sur un cargo transatlantique parmi des marins burinés, de vieux loups de mer et de jeunes mousses non encore affranchis.
Ce pourrait être l'annonce d'un tour du monde au milieu des baromètres, maîtres d'équipage, sans chagrin, sans résignation, sans abattement.
Le vent gronderait en rafales soudaines. Le capitaine s'essuierait les yeux. Les nuages feraient un épais bandeau sur le ciel que traverserait par moment le soleil. Le temps serait terrible et ferait jurer tous les saints.
Les voiles tendues de voiliers imaginaires hurleraient aussi leur rancune. Le peintre dessinait une avancée "à l'estomac" et les coques grinçaient comme conscientes des dangers jusqu'au bout des terres connues. Vers le Nord, bien entendu, au milieu du chahut. Et les petits hommes agités resteraient enfin silencieux.
Les gouaches représentaient au final des scènes de mer, des marines conçues comme un art profond, sans pittoresque. Une certaine idée de la grandeur, de l'honneur et du self-control.
Un séjour auprès des grandes aquarelles, gouaches et dessins au crayon sur papier de Raoul Gaillard. Un point de vue pictural sur le combat de l'homme avec lui-même, face à la mer tumultueuse ou sereine, toujours énigmatique. P.G.
Une interprétation poétique de Pierre Givodan, au sujet des oeuvres plastiques de Raoul Gaillard exposées du 6 mars au 7 avril 2007 à la galerie Desprez-Bellorget , Paris (6) voir notre article |
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