Vendredi 1 décembre 2006 5 01 /12 /Déc /2006 04:58

Culture en trompe l'oeil

de Henri-Pierre Jeudy eds lettres volées 2006 16,50€  commander

Le sociologue Henri-Pierre Jeudy analyse le phénomène contemporain de la culture comme « trompe-l’œil », dans les musées, le cinéma ou l’architecture.

La réalité ne dépasserait plus la fiction mais se ferait trompe-l’œil par l’effet de l’exhibitionnisme culturel contemporain. Tandis que nous perdons cette sensation que les choses nous regardent, la liberté de notre regard devient l’illusion de notre puissance critique subjective. A l'impératif de visibilité propre à la société du spectacle, Henri-Pierre Jeudy oppose un regard sans qualité qui se laisserait porter par la vision des choses et séduire par l'indifférenciation souveraine. Ce regard des choses que manifestent l'art, l'émotion du paysage ou le cinéma de Jacques Tati, l'auteur le confronte à un certain nombre de dispositifs de vision - et de mémoire, du musée des Arts premiers au " trou " des Halles de Paris, des chantiers de Berlin au Ground Zero de New York.

L'auteur, Henri-Pierre Jeudy est sociologue rattaché au CNRS et enseignant à l’école d’architecture de Paris-Villemin. Il a écrit plusieurs ouvrages.

 

Une réflexion savante , actuelle et actualisée qui complète le point de vue développé par Yves Michaud dans "l'art à l'état gazeux " eds Stock 2003

 

L'art à l'état gazeux

Yves Michaud eds Stock 2003, eds poche Pluriel 2004 7,60€  commander

Le livre d'Yves Michaud est construit autour d'un paradoxe. Nous vivons dans le monde du triomphe de l'esthétique. Tout est supposé être beau : les produits packagés, les corps du body-building, l'environnement protégé et préservé, la nourriture dans les assiettes ; même les cadavres sont emballés dans des housses plastique clean.
Nous vivons dans un monde cosmétique. Mais ce triomphe de l'esthétique s'acomplit dans un monde vide d'oeuvres d'art, au sens de ces objets rares, hyper valorisés, qu'on accrochait dans les musées et qu'on venait contempler religieusement. Les tableaux accueillent des fragments de papier peint ou de linoléum, des collages, des éléments de récupération, jusqu'au moment où il n'y aura plus du tout de tableau, au sens d'une surface colorée. Ce qui remplace l'oeuvre ? Des happenings, des « installations », des « performances ».
Ce n'est pas la fin de l'art et il n'y a pas lieu de crier au scandale. Mais c'est la fin du régime traditionnel de l'art, celui où il produisait des objets.

 

Yves Michaud, a été tour à tour professeur de fac, directeur de l'Ecole nationale supérieure des Beaux-Arts, rédacteur en chef des Cahiers du Musée national d'art moderne au Centre Pompidou, et chef d'orchestre de l'Université de tous les savoirs.

Par Art Point France - Publié dans : Art et société - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
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