Lundi 13 novembre 2006
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Ou de la révolution à la Révolution
Ce week-end du 11 novembre nous avons été témoins d’un poignée de mains historique comme il en existe de façon récurrente dans notre histoire européenne. Nous voulons parler de celle de Dieudonné et du président du Front National. En réponse à cette rencontre nécessaire, inévitable , incontournable, comme les révolutions supposent des parcours identiques sur le plan stellaire, nous choisirons de mettre en parallèle deux trajets non moins réjouissants mais dans un registre plus « balancé », ceux de Boris Vian et de Woody Allen .
Boris Vian a écrit un jour une « physiopathologie du jazz » dans laquelle il rappelle que cette musique est dangereuse car elle engendre outre « la recherche de l’absolu …tous les germes de rébellion sociale » .Cela n’a pas empêché notre ami, déjà malade de jouer de la trompette jazz , d’écrire des chansons, de composer des musiques et même de les interpréter au mépris des convenances (voir Le Déserteur entre autres).
Woody maintenant . On sait la fascination qu’exerce depuis toujours la clarinette jazz sur ce désormais vieil homme et à laquelle il se consacre depuis des décennies dans un club de New York. Outre le fait que Paris et New York sont deux villes de plus en plus cosmopolites et donc probablement « impures » aux yeux de certains, elles présentent une particularité supplémentaire : leur grande tolérance vis à vis du danger ontologique que représente la musique jazz. Et cependant Woody Allen est plus jeune intérieurement que jamais !
Son dernier film swingue à la hauteur des plus grands . « Scoop » allie le surréalisme à la critique sociale, l’esprit Dada à la dénonciation des tares du « vieux monde » : narcissisme et esprit de sérieux .
Quant à Boris Vian, bien que victime mortelle du poison jazz, sa mémoire réconcilie en nous jeunesse éternelle et espoir en « l’humanité de l’homme », comme aurait dit un autre malade du rythme régulier : Emmanuel Kant qu'un seul événement avait distrait de sa promenade doucement chaloupée autour de son jardin : celui de l’annonce de la Révolution française .
PG
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