Chroniques



Chroniques intempestives et subjectives à propos de l'art
de Pierre Givodan

Cet essai est un ensemble de méditations et de considérations sur l'art contemporain illustré par un choix de chroniques (art visuel, littérature, musique) parues entre 2005 et 2008 dans le Web Magazine Art Point France Info.


L'ouvrage est disponible en librairie au prix de 17€ ou sur le site des éditions Complicités

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Lundi 4 septembre 2006

Ipomés

Tryptiques & composites  - peintures de Thoma Ryse

une exposition proposée par Anne-Marie Noirot

 

du 22 septembre au 12 novembre 2006

 

Galerie Ty Art Show - Perros Guirec

 
 

Anne-Marie Noirot propose à la galerie Ty Art Show de Perros Guirec "Ipomés" une exposition des oeuvres du peintre Thoma Ryse qui vit et travaille en Bretagne et en Chine.

Pourquoi , "Ipomés" ?

Parce que l'ipomé (ou liseron) est pour le peintre la "fleur-reine". Une fleur qui contient toutes les autres et plus encore... Dans son grand entonnoir,  on trouve le jardin et ses saisons, le jardin et ses souvenirs, le jardin et son devenir....

Mais laissons Thoma Ryse nous raconter  lui même :

 

"Mon Jardin breton

Il ne peut y avoir plus grand contraste entre la fraîche tranquillité de ce cadre à la luminosité acérée, et la fébrilité humide et voilée de Hong Kong.

Ce jardin aujourd'hui est très grand, mais l'amour du jardin me vient d'un jardin minuscule, celui de mon enfance chez mes grands-parents. Ce jardin de banlieue qui cachait une minuscule maison, était très ordinaire si l'on se réfère à nos actuels critères. Il n'était pas encore le temps où chaque parcelle de gazon se cache derrière une rigide rangée de conifères, un simple grillage suffisait à séparer deux parcelles d'intimité, frontière accueillante, escaladée, enlacée par les graciles bras du liseron dont les fleurs blanches annonçaient la fin du printemps et meublaient l'été durant de ses embrasses, rubans, pompons, ce filet métallique qui finissait par disparaître sous les prouesses de ses élégantes courbes aériennes.

Pas de palmiers, d'oliviers, de plantes exotiques, un lilas faisait notre joie, un vieux pommier nous fournissait en fruits à astiquer, avant de nous livrer en exclusivité, la douceur amère de leurs chairs blanches. Exclusivité à reconquérir chaque instant auprès de nos amis les oiseaux qui squattaient cette parcelle.

Etrange époque où le jardin de banlieue n'était pas encore façonné en rempart , en enceinte, pour tenir le voisinage à distance. Il est vrai que la paix était neuve et qu'un impétueux besoin de retrouver une pincée d'instinct de contemplation se faisait sentir. Cette enceinte privée pour tous ceux qui avaient été privés du monde, se rebatissait dans ce regard émerveillé posé sur les choses les plus simples. Les hommes comme les fleurs étaient avides de luminosité.

Je n'étais pas suffisamment familier avec la botanique pour nommer le liseron, volubilis ou ipomés. J'ai appris bien plus tard que ses tiges tournaient toujours dans le sens des aiguilles d'une montre. Mais ce degré d'ignorance ne m'empêchait pas d'apprécier la fréquentation de cette ribambelle de corolles satinées en entonnoir, unis autant que je me souvienne pour les blanches, éclairées d'un oeil blanc pour les bleues, violettes ou pourpres.

J'ai toujours fait de la fidélité une vertu cardinale et je me dois de reconnaître que le liseron s'est toujours montré à mon encontre d'une fidélité exemplaire. J'ai souvent changé de jardin, mais ce dernier m'a toujours suivi, et encore aujourd'hui, il ne renonce pas à me démontrer sa vitalité.

Ces quelques oeuvres inspirées de mon jardin me reposent de cette agitation rencontrée à Hong Kong. Les champs, les parcelles ordonnées par la main de l'homme, cette empreinte humaine fragile et prompte à disparaître en l'absence de soin. Cette troublante et esthétisante connivence entre l'homme et la nature cache en réalité une lutte sans merci. Qui gagnera ? Nous n'en savons rien. Ce nuage blanc épais qui traverse la campagne ?

Et l'on voudrait me faire croire que tout ceci est abstrait, mais c'est au contraire d'un réalisme outrancié, rien n'est masqué, c'est l'exacte représentation de mon jardin."  Thoma Ryse

 
 

 

Une allégorie de la peinture post impressionniste

 

Figurer ! à quoi bon ?  Dans le jardin de Thoma Ryse, la réalité est tout autre. Son jardin est à n'en pas douter une allégorie de la peinture post impressionniste.

 

J'apprécie beaucoup la gaîté du travail de Thoma Ryse,  sa dimension ludique. Il réalise à mon avis  quelque chose d'extrèmement difficile en parvenant à inscrire son projet dans l'histoire de la peinture, tout en exécutant des oeuvres qui s'échappent souvent du rectangle de la  toile ou du papier. C'est une gageure de prolonger le travail d'un artiste aussi présent dans notre imaginaire que Matisse par exemple. Il  arrive  à Thoma Ryse de peindre des cubes ou des murs et de donner suffisamment d'originalité et de nécessité à son  travail pour que celui-ci ne puisse pas être réduit à une entreprise de décoration.  Il y a une touche de baroque,  me semble-t-il dans cet univers plein de vitalité , d'énergie où les éléments d'architecture sont parfois envahissants, volontiers bousculés, où les espaces colorés nous rappellent  tour à tour les "Nymphéas" de Monet et les  "all over"  de Pollock.

Une exposition à voir absolument du 22 septembre au 12 novembre à la galerie Ty Art Show à Perros Guirec

Catherine Plassart

 

Informations pratiques

galerie " TY ART SHOW "
42, place de la Chapelle
La Clarté
22140 Perros-Guirec

ouvert les vendredi-samedi-dimanche- fériés
de 10h à 12h et de 15h à 19h
sur RV les autres jours


Prochainement :

Thoma Ryse exposera dans le cadre du 4ème Festival d'Art Contemporain
de la ville de Perros-Guirec organisé par CAP sur les Arts
du 25 octobre au 2 novembre
à la Maison des Traouïro

 
voir aussi :  notre dossier Thoma Ryse, le site personnel de l'artiste
Par Art Point France - Publié dans : Nord Ouest : expositions - Recommander - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
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