Jeudi 24 août 2006 4 24 /08 /Août /2006 11:23

La Fable des jardins

dessins et peintures de Pierre Givodan

 

du 29 septembre au 23 octobre 2006

Galerie Rancilio - Saint-Mandrier-sur-mer (83)

 
Pierre Givodan
 

Le travail en peinture de Pierre Givodan témoigne d'une extrême liberté. Au centre de la mise en espace de sa mythologie personnelle : le jardin, fouillis de végétaux et de couleurs, lieu aux topographies ludiques. La palette est vaste, beaucoup de couleurs franches et éclatantes mais aussi d'autres plus sourdes, plus tendres. Chez Pierre Givodan, peu de formes sont immédiatement lisibles, mais des lignes, des tâches, des applats réécrivent le monde sensible, et le métamorphosent selon les rêves du désir. L'artiste a choisi la simplicité car l'essentiel est toujours simple. Il ne se prive pas de l'imprévisible. Son oeuvre comme un hommage aux primitifs est séduisante et paradoxale, renouvelée toujours des échos du passé.

 

On comprend Pierre Givodan lorsqu'il écrit :

L'Ouvert est la voie sure.
La clé en est certaine.
Dans le chemin qui s'offre
est la garantie de la route
la porte jamais ne reste fermée
à celui qui ose le départ.

 

Il n'y a qu'un moyen
de ne pas perdre le but
viser haut et loin
vers la clarté entrevue
Les étoiles sont là
pour indiquer le nord
et le sud au voyageur indéterminé.

 

L'océan stable porte toujours
un secret, la montagne
aussi est un symbole fixe
Nulle étincelle ne suffit
à allumer le feu du remord...
Aux quatre coins du monde
sont suspendus les jardins à trouver.

Pierre Givodan " La fable des jardins" août 2006

 

Ainsi, dans "La fable des jardins", Pierre Givodan arrange ses lignes, ses couleurs. Le sujet est un prétexte. Il ne représente absolument rien de réel. Où sont les fleurs, les arbres, les herbes folles ? les haies, les buissons les allées ? les pièces d'eau, les bancs, les tonnelles ? Pierre Givodan se contente de faire bouger la terre. Silence et présence de jardins affabulés.

 

Tâches "sans rimes", applats bleus, verts, roses, jaunes, lignes affirmées, signes, graphes entremêlés dessinent sur la toile et sur le papier, une succession de jardins suspendus. Ils s'additionnent, tous semblables, tous différents.

 

"La fable des jardins" est un ensemble d'oeuvres de formats petits, moyens et grands. Réunies, elles construisent un lieu utopique, elles tentent de rendre présent pour la conscience ce que l'on ne visualise pas. Dissossiées, elles battent de leur vie propre, elles trahissent leur fragilité, affirment leur permanence.

 

Lorsqu'il y a quasi un siècle des artistes ont pris le parti de la singularité et de la rupture, ils ont fait franchir à la peinture les étapes qui devaient les conduire à la fin des images. Ils ont "pénétré dans la peinture avec tout leur corps" (Matisse). A l'heure du "tout virtuel", l'audace consiste à révéler indéfinimment ce corps matière, lumière et couleur. Réaction, provocation ou nécessité d'exploration sans fin ? "En art pas de politesse, c'est du désir brut" (COBRA)

 

Le peintre connaît bien le monde des idées, il leur refuse pourtant l'accès à sa peinture. Car Gauguin le disait déjà , la peinture doit "faire penser comme la musique fait penser sans le secours des idées et des images, simplement par les affinités mystérieuses qui sont entre nos cerveaux et tels arrangements de couleurs et de lignes." Pas de discours donc, mais un langage de signes intelligible à qui laisse ouvertes les portes du coeur et de l'être.

 

Les bombes font sauter la terre. Elles font de belles crevasses dans le sol. Elles possèdent sans doute la seule force qui soit réelle, la seule en tout cas que l'homme semble capable de mettre en jeu. Et pourtant...

 

Le peintre crée a tout va. Il nous enveloppe de peinture. Il comble les trous restés béants. Il nous invite à emprunter les chemins de tous les possibles. Dans la solitude, l'incommunicablité, le fracas du monde, les jardins de cette fable peinte nous disent les peines, les joies, et les espoirs d'un autre homme, celui de toujours.

Catherine Plassart

 

Informations pratiques :

vernissage le vendredi 29 septembre à partir de 19h

galerie Rancilio

Les Jardins d'Hydra

Saint-Mandrier -sur-mer 83

ouvert du lundi au samedi de 11h à 12h et de 16h à 19h, le dimanche de 16h à 19h

contact : 06 62 62 68 92

 
voir aussi : le site personnel de l'artiste,  l'article de Jean-Paul Gavart-Perret L'Eden et avant ou l'éloge de la beauté
Par Art Point France - Publié dans : Sud Est : expositions - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
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