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Sa rencontre avec le tigre date de 1974. Pour traiter le sujet de son travail de fin d'étude de l'Académie des
Beaux Arts de Copenhague, il se rend au zoo. Au résultat, un tableau de composition assez classique montrant un lion en cage, aux couleurs éclatantes.
La première recherche obstinée de Uffe Christoffersen, avant même que le tigre ne s'impose comme son seul
et unique sujet, est l'approche dans toutes ses dimensions chimiques et esthétiques de la richesse chromatique. Il travaillera d'ailleurs pendant huit ans au
laboratoire technique de l'Académie.
Aujourd'hui encore, il vous parle en poète, en historien, en chimiste, du "cinnober rouge" par exemple, un
minéral extrait dans le sud de l'Espagne et que l'on transforme en pigment.
Car ce qui est vrai pour chaque couleur, l'est plus encore aujourd'hui pour le rouge. A sa symbolique, le
peintre ajoute "une double symbolique qui dépend de sa luminosité".
La couleur claire et franche qui est brillante et extravertie, appartient au jour. Elle est fraîche et pousse à
l'action en projetant sa lumière sur le monde, tel un grand et invincible soleil. Elle attire.. " et plus loin "La couleur foncée et lourde au contraire, est nocturne, secrète et
plutôt introvertie. Elle est le symbole du mystère de la vie. Elle avertit, retient..."
Toute la magie de l'univers du peintre tient dans cette rencontre entre un sujet, le tigre et une palette d'une
diversité et d'une subtilité extraordinaire.
Les couleurs sont tout aussi jaillissantes, lumineuses quelque soit le support, papier ou toile, la technique ,
aquarelle ou huile, le format petit, moyen, grand ou demésuré.
L'artiste recherche leur puissance expressive. Coloriste, il est aussi résolument expressionniste.
"Quand il fait rugir ses débauches de couleurs dans de puissantes représentations de grand fauves, il nous fait savoir
que les forces intérieures qui guident son instinct artistique, et qui s'expriment dans son oeuvre, sont des puissances de la nature originelle." ( Finn Terman)
Mais quand il pose un regard sur le monde, qu'il observe les grands événements internationaux, comme les
expériences et les faits de son quotidien, l'artiste voit la nécessité pour les comprendre de les écrire. En 2005, il produit une suite d'oeuvres "Fables et
tigres", inspirées des multiples versions qu'il lit et relit des fables d'Esope, de La Fontaine. Le
lion a été remplacé par le tigre, son motif de prédilection.
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