Dimanche 2 juillet 2006 7 02 /07 /Juil /2006 09:15

(La distance de l’acte à la cause est infinie)

Je fais quelque chose  et des années  après je comprends la cause de mon acte. J’achète un livre, et cinq ans plus tard je saisis ce qui était en jeu dans cet achat. Je comprends ce que dit l’auteur et je me comprends mieux…


Il y a ainsi des milliers de jours qui peuvent  séparer un acte de sa cause.


C’est pourquoi tout acte n’a de valeur que relative ; l’acte de créer qui s’éclaire dans les lointains, l’acte moral, immoral, politique ou autre.


Cette notion d’écart de temps nécessaire pour percevoir le sens caché des choses est sans doute fondamentale. Cette longue distance nous donne à penser  toutes les limites  qui constituent notre condition.


La « chute  n’est sans doute rien d’autre que cela.


Le mythe nous rappelle que nous sommes bien loin de savoir tout ce qui nous sépare d’une hypothétique coïncidence avec soi, le monde, etc.


Alors, que diable, un peu de tolérance !


Ce qui ne veut pas dire évidemment d’accepter le n’importe quoi en art, en société, etc.


Mais bien au contraire de toujours essayer de situer les actes, les faits, les œuvres, par rapport à un avenir encore mystérieux.


Cela s’appelle de l’anticipation et un effort de jugement  éclairé et plus libre au regard des valeurs admises, de tous bords, aujourd’hui .

 

Pierre Givodan

Chroniques intempestives

voir aussi : le site personnel de Pierre Givodan
Par Art Point France - Publié dans : Les chroniques intempestives : P. Givodan - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Retour à l'accueil
Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés