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“ Négrifique !”
du 25 avril au 29 mai 2009
galerie Nordine Zidoune - Paris (3)
Le monde en noir et blanc
Alexis Peskine a tout compris. Sportif, il sait surfer sur la vague. Noir de peau et fort sans doute de la présence d'Obama à la Maison Blanche, il exploite son petit fond
"négrifique" et se pose en défenseur de la "culture Noire" avec un "N" majuscule et un cynisme de bon aloi. Puis, il glisse sans incident au "Black Power" sous réserve que nous
nous attendrissions avec lui sur le sort d'un petit garçon auquel la culture blanche a imposé ses héros.
Dommage que Peskine ne nous ait pas laissé libre d'envisager nous-même le sens à donner à son travail. Car ici, "Oeuvres + Discours" sentent le produit marketing fini, bon pour
les gogos qui n'en finissent plus de se sentir coupables et qui croyant payer une dette et se blanchir la conscience vont entre-ouvrir leur porte-monnaie pour s'acheter une indulgence.
Au lieu du manifeste politique de "cette identité que l’on appelle noire" qu'il nous promet, sa production d'"artiste" écrit le synopsis d'une stratégie publicitaire. Tout
cela sent plutôt le parfum de luxe que le souffre. Toutefois "son esprit de provocation" marque un point, puisqu'il obtient déjà une réaction... Un point et un seul ! Tous
les autres sont perdus d'avance en dépit de la technique "inédite" et du vernis intellectuel de l'auteur : "Dans mon travail, on retrouve ce métissage entre les images graphiques et les
éléments de la culture populaire mélangées à une dialectique beaucoup plus subtile et cérébrale. "
Qui est Alexis Peskine ? Il faut absolument le savoir (cf. le communiqué de presse) : Il tire son inspiration à la fois de son grand-père paternel : un résistant juif qui a survécu aux
camps nazis, de son grand-père maternel : menuisier habitant une favela de Salvador de Bahia et du mariage de son propre père franco-russe et de sa mère afro-brésilienne. Mais on nous
prévient Peskine défie son public par son attitude provocatrice, cynique et quelques fois fine sur des sujets sérieux.
On saisit illico que son histoire familiale le poste du bon côté de l'Histoire et que plus rien n'empêche Peskine d'être le porte-drapeau tant attendu de la
culture "Noire", celle d'un groupe humain spécifique et cohérent, indépendamment de sa couleur de peau, ça va de soi ! Entendez comme il enfonce les clous sur le bois laqué à la glycéro,
rehaussé de feuilles d'or : "Les clous de mes oeuvres représentent le lien unissant tant de femmes et d’hommes qui comptent parmi les nombreuses facettes de leur identité, cette identité que
l’on appelle noire."
Sus aux idiots qui rêvent d'un monde de couleurs avec ses éclats variés, ses tons multiples et ses nuances infinies. Sus aux ringards qui tentent encore de faire le décompte
des cultures plurielles. Peskine est notre prophète, le XXIe siècle sera "Négrifique" ou ne sera pas.
Catherine Plassart
informations pratiques :
galerie Nordine Zidoune
41 rue de Turenne
75003 Paris - France
et
101 rue Adolphe Fischer
L1520 Luxembourg Luxembourg
voir aussi : www.galeriezidoun.com