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D'ici et d'ailleurs
oeuvres récentes
du 26 mars au 30 avril 2009
Mondapart - Espace de Boulogne (92)
Sophie Sigorel. Le Passage du temps.
On se demande en remuant les souvenirs ce qu'il reste au milieu des doutes et des chavirements, car l'espace se fend et craque. Si l'on veut reconnaître une fois la ville raturée, les expéditions
dans la métropole, les adresses, les sourires admis, la jeunesse sans fièvre, alors on est environné de soupçon. Dans le fil assassin des corvées de transport, les rues noires, au milieu d'un jeu
de glaces au rebord des quartiers nocturnes, les figurants impersonnels, les fantômes d'ombres muettes déambulent de droite et de gauche.
Misère du monde sans chanson ni dandinement. Bleu froid, gris et jaune, mélancolie obligée, image continue des numéros rouges sans raison. Avec les tableaux de Sophie Sigorel, on file à
l'anglaise dans l'espace architecturé du monde où règnent et vascillent le faux, le plat, la vanité. Divagation sans commencement ni fin, formes floues, couleurs altérées par le
déplacement, les passants de la rue s'habituent au hasard. Vaille que vaille parmi les engins, la déroute des âmes, les groupes dont le passe-temps consiste à loucher vers le départ en auto, à
pied, en train, pour rien, se déploie le rythme de la vie citadine. Effarement, émotions sans gloire, inquiétude et dépassement du trouble. Le voyage n'est ni résigné, ni dominé par l'anxiété
pour autant.
Car la peinture de Sophie Sigorel contient un savoir, un avoir. Celle-ci nous réveille de ce dont nous avons tort. Dans cet espace demeuré poétique, sans violence majeure les êtres
apparaissent non pas désespérés mais vêtus de leurs fragiles chrysalides d'habitants des villes. L'extraordinaire est que ce travail conserve la cadence de la grâce, la bienveillance du regard.
Au delà du souvenir de nos agglomérations oscillantes, l'artiste épuise la matière mouvante, pour fondre les distances entre l'humain et la cité qui l'entoure. Comme dans un ralenti sans
son ni parole, elle étend le mouvement et figure avec insistance le passage du temps.
Pierre Givodan
informations pratiques :
Vernissage le jeudi 26 mars de 18h30 à 21h30
Mondapart
Le Hameau
50-52 boulevard de la République
92100 Boulogne Billancourt
+33 (0)9 70 40 69 75
Galerie-Maison ouverte tous les jours sur rendez-vous
et les jeudis après-midi de 14h00 à 18h00
photos : (1) les passagers 140 x 140 cm, (2) Red Index 100 x 100 cm
voir aussi : le site de la galerie Mondapart