Mercredi 24 mai 2006
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«L’insoumis refuse la servitude et s’affirme l’égal du maître » A Camus.
C’est dans cette mise en cause de la hiérarchie établie entre le maître et l’esclave que réside l’insoumission.
Je refuse d’être comme une chose ta « marchandise ». Je ne vois en toi qu’un autre homme, mieux placé et ajusté à l’ordre arbitraire de la société. Je refuse ton modèle social, ton ordre, ta finalité. Tel est l’insoumis.
Notons que l’insoumis se pose comme sujet et réfléchit à partir d’une inégalité de fait, présumée fondée en droit par le maître. C’est cette confusion volontaire, entretenue par ce dernier qui rend possible l’esclavage réel ou figuré.
Il existe dans notre langue française une tradition de l’insoumission. Et ce n’est pas un hasard si le mot apparaît au XVIme siècle. L’insoumis est d’abord celui qui refuse d’obéir à des dogmes religieux, politiques, militaires, lesquels reposent sur une volonté particulière érigée en vérité incontestable. Désir du pape, du roi, du chef des armées énoncés comme des raisons.
Rousseau est un insoumis au XVIIIme, Hugo au XIXme, Gide aussi au XXme, Sartre d’une certaine façon, mais Camus et bien d’autres encore jusqu’au jour présent.
Le phénomène de rébellion contre l’autorité instituée absurdement et le pouvoir dominant existe d’ailleurs en Occident dès l’Antiquité et l’Empire romain jusqu’à la période contemporaine de l’ex URSS notamment. Il répond toujours au sacrifice général des Innocents qui se vivent libres et se pensent vivants jusqu’au bout, de quelque bord que ce soit.
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