Partager l'article ! La Feuillée du 4 janvier 2008: Edito : Témoigner par dessus tout. " Il est grand temps que l'on sache Il est grand ...
Edito : Témoigner par dessus tout.
" Il est grand temps que l'on sache
Il est grand temps que la pierre s'habitue à fleurir... "
On ne présente plus Paul Celan, il est mondialement connu. Son poème de 1947, Fugue de mort a porté le combat dans le champ de la poésie. Paul Celan a ainsi fait mentir Adorno quand il a décrété, "écrire un poème après Auschwitz est barbare". Pour le poète juif, la seule barbarie aurait consisté à sceller la chape du silence sur l'holocauste. Pour lui, le survivant d'une tragique extermination, le langage avait obligation de dépasser le silence. Car si Celan savait que "Personne ne témoigne pour le témoin", il a démontré que le langage, témoigne. Concassée, pulvérisée, abrupte, la langue du poète disloque les mots, violente la phrase. Dieu est mort à Auschwitz, la prière n'est plus valide, seule la parole poétique est apte à maintenir hors de l'oubli la mémoire du mal absolu.
"Personne ne témoigne pour le témoin"
Après Anselm Kiefer en 2007, Michèle Katz rend hommage à Paul Celan. "Personne ne témoigne pour le témoin : chemin " est la troisième et la plus importante installation de Michèle Katz, inspirée de l'oeuvre du poète. La maison des métallos, nouveau lieu d'exposition dans l'Est parisien accueille et co-produit avec la Fondation pour la mémoire de la Shoah, cette extraordinaire machine poétique conçue par l'artiste peintre.
Catherine Plassart
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Catherine Plassart - contact@artpointfrance.org
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