Partager l'article ! Iturria: du 26 novembre 2008 au 31 janvier 2009 galerie Patrice Trigano - Paris (6) L'imagi ...
du 26 novembre 2008 au 31 janvier 2009
galerie Patrice Trigano - Paris (6)
L'imagination "blessante" d'Iturria.
Quand on veut comprendre la peinture d'Iturria, né à Montevideo en 1949, il faut observer comment il représente les hommes, les femmes et les enfants : minuscules et affairés, joueurs
et insouciants, dont il nous chante poétiquement les gestes dans des environnements où ils se perdent.
Et pourtant rien d'ordinaire du côté de l'espace qui les entoure ou qu'ils habitent. Mais un univers surdimensionné qui ne trompe pas et auquel il manque l'essentiel : la possibilité
d'y déceler une issue. On appréhende ainsi par la vue le mouvement qui pousse le peintre à construire ces scènes étonnantes dans des appartements qui balayent toutes proportions, des
labyrinthes qui affectent la perception, de mystérieuses piscines ou des lavabos dans lesquels de petits êtres flottent faussement souverains.
C'est que pour Iturria, sélectionné en 1995 pour représenter l'Uruguay à la biennale de Venise, le tintamarre de la vie, n'empêche pas de penser, de s'étonner et de chasser l'absurde
en le tenant en échec par la science troublante d'un art puissant.
Ceci dans des tons terreux où le théâtre ridicule des hommes pas plus grands que des moustiques, gagne la bataille de la vie en agissant envers et contre tout, au hasard des jours,
comme un ensemble vain de jouets du sort.
En écrivant cela on songe tout aussi bien au néant qui les poursuit. Car d'où vient que ces êtres "boiteux" qui éprouvent le besoin d'y croire ne conversent malgré eux qu'avec le
royaume des ombres et du clair-obscur sous-jacent ?
C'est que l'imagination d'Iturria, maîtresse de fausseté et d'infaillible vérité nous parle de fous qui ont beau jeu de sembler crier à la puissance ou la victoire, mais qui ne
cessent pas au-delà du respect qu'on leur doit, de paraître insuffisants et quelque peu "misérables".
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Pierre Givodan |