Vendredi 19 mai 2006
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Dans son essai intitulé «La mort de la tragédie» Georges Steiner écrivait en 1961 dans sa conclusion : «La courbe de la tragédie peut-être n’est pas brisée».
Reprenons un instant à notre compte l’hypothèse déjà vieille de la mort de la peinture annoncée de façon analogue par d’illustres prédécesseurs.
Et si la peinture était bien morte comme certains l’affirment depuis longtemps…
Et si nous étions parvenus à ce stade de dissolution que d’autres annoncent aussi depuis maintenant plus d’un siècle… Comment penser alors cette pratique qui perdure dans les recoins de l’histoire ?
Il faudrait peut-être suivre le fil rouge que Steiner déroule à propos du théâtre et qui court des plaines de l’Argos jusqu’aux mémoires encombrées du xxeme siècle européen.
En effet si la tragédie s’enracine dans «quelque rite … de défi et d’hommage aux morts»
Qui nous dit que la peinture ( et peut-être que tout art véritable) n’a pas sa source dans cette posture… Lorqu’un monde disparaît,lorsque des millions d’individus s’effacent de la vue des autres, la peinture d’un espace, le récit d’une histoire restent et témoignent de l’énigme et du «gaspillage».
L’étude de l’histoire de la peinture pourraît être ainsi la matière d’un récit de l’homme perdu hier et aujourd’hui pour rien.
Méditer ce gâchis, tel serait peut-être enfin le préalable nécessaire à toute création vraiment salutaire et à toute interprétation esthétique féconde.
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| voir aussi : le site personnel de Pierre Givodan |