Dimanche 14 mai 2006
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Si l’utopie est un non-lieu qui s’affirme comme exigence d’être là pour celui qui se le représente et le vit intérieurement,l’utopie est en chacun comme un modèle propre du monde à venir, une sorte d’échelle d’évaluation de toutes les figures du présent.
La question qui se pose est de savoir pourquoi cette exigence surgit par exemple en tout art qui se veut neuf.
Autrement dit quelle relation l’utopie a-t-elle avec l’inédit dans la peinture, la littérature, le non entendu dans la musique etc…
On peut parler d’utopie esthétique dès lors que l’artiste se place au niveau d’un commencement. Lorsqu’il fonde un style, une écriture. L’utopie réside ici dans l’espoir de dire enfin quelque chose qui révèlerait le monde tel qu’il est pour l’artiste, voire en soi pour une subjectivité créatrice. Le miracle consiste alors dans la communication des consciences qui s’exprime dans le jugement esthétique à l’œuvre dans l’expérience de l’amateur d’art.
Dire : « c’est beau », c’est justifier ainsi une parole artistique, un point de vue particulier à l’œuvre dans le monde.
L’objet d’art acquiert immédiatement une dimension politique dès lors qu’il ouvre sur un univers commun.
Toute œuvre authentique est d’emblée politique .
Il y a une esthétique de la politique, comme il y a nécessairement une certaine politique de l’art. Il faudrait toujours s‘en souvenir .
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