du 02 au 27 février 2009
galerie Christine Colas - Paris (3)
Le combat des âmes simplement singulières.
Dans cette peinture l'accent est placé sur la vertu et la liberté hors des modèles classiques. La vertu comme un principe de partage qui reconnaît l'égalité des hommes :
l'artiste et l'amateur d'art, voire tout citoyen préoccupé de sens figuré. La liberté qui présuppose la conscience au sens rousseauiste de sentiment et d'instinct.
Colette Banaigs oeuvre donc sur le registre de la peinture qui s'adresse clairement à des individus pour lesquels l'attachement à la vie rejette l'esprit de guerre et l'affairement à
détruire. On reconnaît ainsi comme une vocation au devoir, (loin des dogmes ou de toute foi) à chasser au-delà ceux qui ont été abandonnés à la nature, livrés au mal ou oubliés de leur
propre génie. Apparitions en noir, messages rouge sang sur fond de terre infinie gravissant les escaliers du temps.
Ces figures nous adressent toujours enfin "en creux" le même message (recouvert et renversant) : celui de l'espérance "métaphysique" d'un monde meilleur que la vulgarité
(parfois masquée et emprisonnante) restreint avec la force dangereuse contenue dans un monde corrompu et diabolique parfois séduisant mais jamais compatible, c'est sûr, avec
l'innocence .
PG
informations pratiques :
Vernissage le 12 février 2009 à 18h.
Galerie Christine Colas
8 rue Sainte Anastase
75003 Paris
Tel : 01.48.04.73.00
PUBLICATION :
Le Monde diplomatique
numéro de janvier 2009
"Nous avons découvert que le bien ne peut être consommé par ce qui est esthétiquement attirant et audacieux, que la culture qui ne s'intéresse pas à la politique et exclut toute question
sociale de sa compétence s'approche de la barbarie et qu'une personne à l'esprit éclairé assume des responsabilités qui dépassent le domaine de la beauté". Thomas Mann (in Briefe, 1937-1947)
Depuis deux siècles maintenant, les artistes dans leur grande majorité ont la volonté d'agir sur le sol du réel, en témoignant de faits sociaux, de situations politiques et en engageant un point
de vue. Si on écarte la période du réalisme socialiste, on observe que c'est bien la liberté acquise par les artistes qui leur permet d'écrire "le" politique. Cette connivence avec la
réalité, cette manière d'esthétiser le quotidien, d'inscrire sa production dans un contexte est un caractère de la modernité.
L'atelier de Colette Banaigs n'a rien de la tour d'ivoire. Elle peint "Les envahisseurs", "l'Ombre d'un doute", "La mémoire du cri", "Contre-coup", "Terres étrangères"... avec pour horizon la
guerre d'Irak. Cependant, si le titre a une extrême importance pour elle, c'est du tableau que naît le titre et non l'inverse.
Le Monde diplômatique est le seul journal qui prend le parti de faire appel à des regards d'artistes - peintres et photographes pour son iconographie. Il ne s'agit pas d'illustrer un
propos mais de juxtaposer un point de vue plastique et une approche analytique et critique des questions internationales. Pour accompagner le texte d'Alain Gresh dans l'article "La
mémoire refoulée de l'Occident", le mensuel pour son numéro de janvier 2009 a choisi un ensemble de tableaux de Colette Banaigs. Une façon de prendre du recul et de considérer sous un
autre angle une problématique actuelle.
C.P.
autre publication :
Colette Banaigs, peintures 2002-2008
ed. lelivredart 2009 12€