Partager l'article ! Rothko: du 26 septembre 2008 - au 1er février 2009 Tate Modern, Londres. Le long chemin de la v ...
du 26 septembre 2008 - au 1er février 2009
Tate Modern, Londres.
Le long chemin de la vie de Rothko.
On fait l'hypothèse que tout le monde connaît la phrase de Rothko : "J'en suis arrivé à penser qu'aucun tableau ne devrait être exposé dans un lieu public". L'idée a germé dans son
esprit à partir de la production de toiles monumentales destinées initialement au restaurant "Four Seasons" situé au rez-de-chaussée de la tour "Seagram" (Manhattan, New-York).
Rothko renonce à cet accord et donne à la fin des années 1960 neuf des peintures à la Tate (visibles à ce jour à Londres). Les peintures arrivent en Angleterre dans la matinée
du suicide du peintre américain (1970).
Cela dit le contenu "historique" de cette oeuvre dans son ensemble (ses ramifications, son aura) pose à la conscience une question centrale : celle du sens de la vie. Mais pas de
n'importe laquelle évidemment. Plutôt celle qui est à la racine du mouvement de créer, dans la mesure où l'artiste "referme" une contradiction : quelque chose de capital et que
toutes ses impulsions manifestent.
Considérons les oeuvres montrées là, des fonds bruns, des masses noires, rectangles roses, formes comme des anomalies de fenêtres, portes essentielles (vivantes?). Principes d'un
dynamisme orienté vers une force embrassant le souvenir (mais lequel?). Unité de rouges(s) et de noir(s) fondus librement. Spéculation selon nous, sans doute difficile à
supporter, sur l'ici (le devenir, son existence) et puis les opposés (immanents, transcendants). Et la solution (laquelle?).
Un sujet est donc vivant (le peintre) pour autant qu'il referme sa contradiction possédée dans l'oeuvre, l'affirme, avec ses déterminations opposées (le blanc et le noir par exemple).
Puis "sa vérité" montrée se supprime. Et l'on conservera cette perte, cet anéantissement en mémoire. On s'en réjouira dans la langue de l'art en contemplant même les plus beaux
tableaux.
PG
informations pratiques :
Du dimanche au jeudi de 10h. à 18h.
Les vendredi et samedi de 10h. à 22h.
voir aussi : le site de la Tate Modern
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Pierre Givodan |