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du 6 septembre au 1er octobre 2008
Galerie Magda Danysz - Paris (11)
L'art du vingtième siècle a ceci de marquant qu'il a fait de sa propre histoire une mythologie. Nicolas Ledoux, contemporain averti de cette révolution, en prend acte et la met en scène comme nul
autre avant lui : à travers chacun de ses dessins, c'est toute l'histoire de l'art qui fusionne et s'anime à la manière d'une théogonie.
Par Frédéric-Charles Baitinger
Embarqués sur des soucoupes volantes à mi-chemin entre des baignoires et des boules à facettes, Picasso, Gregor Schneider, Douglas Hoeubler, et bien d'autres encore... s'élèvent au-dessus d'une
masse grouillante tel des Dieux archaïques tirant vers eux un monde titanesque encore en formation.
Pour le Rhapsode Ledoux, il ne s'agit pas tant de faire oeuvre critique (d'organiser ce bestiaire en un système achevé) que de proposer aux spectateurs une vision personnelle et organique de
cette nébuleuse encore largement obscure et qui porte le nom, faute de mieux, d'art contemporain.
S'il fallait se risquer à proposer une interprétation générale de ses oeuvres, le plus simple serait peut-être de dire qu'elles fonctionnent comme les Métamorphoses d'Ovide, par ordre de
filiation. Chacune des soucoupes qui organisent l'espace de ses compositions est reliée aux autres selon un principe de rupture ou de trahison : Tristan Tzara, donnant la main à Hugo Ball,
enterre en chantant l'art du dix-neuvième, tandis que Francis Picabia, nouant des liens avec Dada, fraternise avec l'esprit des dissidents.
Toutes les énergies ne cessent de s'écouler de la soucoupe centrale pour venir alimenter les îles abstraites, formelles, conceptuelles... des nouveaux Dieux de l'art.
Mais derrière cette germination sans fin de formes nouvelles se tient le meurtre originel de la peinture – et avec elle de la figuration. Tel Zeus castrant Chronos pour échapper à une mort
certaine, l'art contemporain vit et se renforce à mesure que la peinture s'évide de son contenu. Sur la montagne sacrée qui abritait naguère la figure ancestrale du peintre, se tient l'image d'un
homme en pleur dont la parole a été dérobée.
Comme dans toute mythologie, l'histoire se confond ici avec ce qui la fonde : jalousies, hérésies, piratages, détournements... Ce n'est plus la muse qui inspire l'artiste, mais la métis de Zeus – la ruse sans laquelle l'art contemporain ne saurait venir à bout de l'insurpassable puissance de la Tradition.
Artiste : Nicolas Ledoux est né en 1968, il vit et travaille à Paris.
Photo : Pièce Unique
stylo plume sur canson, 250 x 125 cm, 2008.
Collection particulière
Photographie Bertrand Huet
ci-contre (détail)
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Le silence qui parle Les nouvelles chroniques de Frédéric-Charles Baitinger fredericcharlesb@hotmail.com |
Galerie Magda Danysz
78, rue Amelot - Paris 11
tel. / fax : +33(0)1 45 83 38 51
magda@magda-gallery.com
ouvert du mardi au vendredi de 11h à 19h et le samedi de 14h à 19h
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