Samedi 13 septembre 2008 6 13 /09 /2008 08:00

Hommage à Georges Rouault (1871-1958)
L'effervescence des débuts

jusqu'au 13 octobre 2008
11h00 - 21h00

Centre Pompidou - Paris (4)





Georges Rouault Georges Rouault : Le corps visible et la peinture positive.

Pas de réflexion ici sur le visage, l'individu, mais très visible, le  corps d'une femme : "Nu aux jarretières rouges". Rouault entend  exposer le rapport du corps au monde sans se poser de question sur "le  Nu" comme genre. Loin de toute psychologie ou de science académique,  tributaire d'aucune théorie toute faite. Et l'on perçoit tout de suite  son ambition : l'expérience comme sauvage de la simplicité. Fauve ?  Matisse n'est pas loin non plus... Une vision gagnée ici sur la  réfléxion. Aucune punition infligée à ce corps harmonieux. La femme  est belle et ne doute pas d'elle. Vérité de la perception. Rien n'est  faux dans cette scène. Les sens parlent. Pas de fiction. Une certitude  : elle existe.


Il est curieux de "lire" Rouault comme un peintre du doute ou de  l'inquiétude métaphysique, car cette exposition des commencements nous  le montre ouvert à la possibilité du monde. Un monde premier que  manifeste ce corps de femme. Lignes pures sans mensonge et dépassant  toute naïveté aussi bien. Ainsi Rouault tisse la possibilité d'un monde que suppose cette femme.  Univers sensible où celle-ci s'assoit pour construire un espace de la  rupture et de la distanciation. Rouault nous dit bien que le monde et  l'autre existent sans dissimulation, dans un attachement fort que nous  donne à penser la nécessité d'une foi, non pas surnaturelle, mais  physique. Une redécouverte du visible donc et de ses propriétés  esthétiques.


Pas de prison du regard enfin chez le jeune Rouault mais une  perception "charnelle" qui n'a pas peur de se confondre avec le monde  et de le faire advenir pour tous. L'artiste fait jaillir le visible,  sans refoulement et comme sans intériorisation pour exprimer une  peinture neuve, celle que regardera longtemps un autre ennemi du  négatif et adversaire du vide dans les arts plastiques, Matisse, élève  comme Rouault à ses débuts de Gustave Moreau. L'homme, la femme ne sont pas rien, mais remplis du monde et de l'existence.

PG


Exposition "L'effervescence des débuts", Hommage à Georges Rouault  (1871-1958) Centre Pompidou, du 25 juin au 13 octobre 2008 à Paris. Détenteur du fonds de l'artiste le musée fête intelligemment le  cinquantième anniversaire de la disparition de Rouault./////

photo : Georges Rouault: Fille/Nu aux jarretieres rouge, 1906
Aquerelle et pastel sur papier, 71 x 55 cm, Musée d’Art moderne de la Ville de Paris


voir aussi : le site du Centre Pompidou ICI



Pierre Givodan - contact@pierregivodan.com

Chroniques intempestives



Par Art Point France - Publié dans : Les chroniques intempestives : P. Givodan - Partager     - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
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