Hommage à Georges Rouault (1871-1958)
L'effervescence des débuts
jusqu'au 13 octobre 2008
11h00 - 21h00
Centre Pompidou - Paris (4)
Georges Rouault : Le corps visible et la peinture positive.
Pas de réflexion ici sur le visage, l'individu, mais très visible, le corps d'une femme : "Nu aux jarretières rouges". Rouault entend exposer le rapport du corps au monde sans se
poser de question sur "le Nu" comme genre. Loin de toute psychologie ou de science académique, tributaire d'aucune théorie toute faite. Et l'on perçoit tout de suite son
ambition : l'expérience comme sauvage de la simplicité. Fauve ? Matisse n'est pas loin non plus... Une vision gagnée ici sur la réfléxion. Aucune punition infligée à ce corps
harmonieux. La femme est belle et ne doute pas d'elle. Vérité de la perception. Rien n'est faux dans cette scène. Les sens parlent. Pas de fiction. Une certitude : elle
existe.
Il est curieux de "lire" Rouault comme un peintre du doute ou de l'inquiétude métaphysique, car cette exposition des commencements nous le montre ouvert à la possibilité du monde. Un
monde premier que manifeste ce corps de femme. Lignes pures sans mensonge et dépassant toute naïveté aussi bien. Ainsi Rouault tisse la possibilité d'un monde que suppose cette
femme. Univers sensible où celle-ci s'assoit pour construire un espace de la rupture et de la distanciation. Rouault nous dit bien que le monde et l'autre existent sans
dissimulation, dans un attachement fort que nous donne à penser la nécessité d'une foi, non pas surnaturelle, mais physique. Une redécouverte du visible donc et de ses
propriétés esthétiques.
Pas de prison du regard enfin chez le jeune Rouault mais une perception "charnelle" qui n'a pas peur de se confondre avec le monde et de le faire advenir pour tous. L'artiste fait
jaillir le visible, sans refoulement et comme sans intériorisation pour exprimer une peinture neuve, celle que regardera longtemps un autre ennemi du négatif et adversaire du
vide dans les arts plastiques, Matisse, élève comme Rouault à ses débuts de Gustave Moreau. L'homme, la femme ne sont pas rien, mais remplis du monde et de l'existence.
PG
Exposition "L'effervescence des débuts", Hommage à Georges Rouault (1871-1958) Centre Pompidou, du 25 juin au 13 octobre 2008 à Paris. Détenteur du fonds de l'artiste le musée fête
intelligemment le cinquantième anniversaire de la disparition de Rouault./////
photo : Georges Rouault: Fille/Nu aux jarretieres rouge, 1906
Aquerelle et pastel sur papier, 71 x 55 cm, Musée d’Art moderne de la Ville de Paris
voir aussi : le site du Centre Pompidou ICI
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Pierre Givodan - contact@pierregivodan.com |