Jeudi 7 août 2008 4 07 /08 /Août /2008 07:56

jusqu'au 28 septembre 2008

 

Musée de Grenoble

Wolfgang Laib

Wolfgang Laib

Le rituel de la lumière.


A propos de Laib, il faut parler de dépouillement plutôt que de minimalisme. L'artiste a tout oublié des contingences, de la violence du monde, de ses vices et de ses appétits. Il est dans un ailleurs et nous chuchote à l'oreille,  un secret... Un secret ? Pas une idée, pas un point de vue, une vérité non révélée.

Comme un grand sorcier ou un prêtre, il tamise le pollen, verse le lait, ou empile les grains de riz.. Le blanc, le jaune sont éblouissants.  Ils invitent au partage avec l'autre, à la réconciliation avec soi-même.

Les installations de Wolfgang Laib donnent de l'esprit aux lieux. La magnificence émerge de l'insignifiant, du ténu, de l'impalpable. La silhouette du créateur s'imprime sur toutes ses oeuvres, donnant à la notion d'individu toute sa place dans un processus artistique qui n'omet rien dans sa tentative d'atteindre le beau.


A opposer :



Aux immondes immondices de Christoph Büchel.

Christoph Büchel Dès l'instant qu'une création ne sert strictement à rien, il ne faudrait pas en parler, car c'est encore lui faire trop de publicité que d'en dire tout le mal que l'on en pense. Pourtant, il est parfois nécessaire de faire le point sur la haute mer de l'art institutionnel, car il a une portée politique et engage des responsabilités. A quoi jouent donc les élus et les nantis lorsqu'ils se gobergent devant le tas d'ordures, organisé en habitat de fortune pour  miséreux, en tanière sordide pour SDF, dans un grand musée, le Palais de Tokyo ? Vivent-ils la misère par procuration ? Se font-ils peur et se confortent-ils  dans l'assurance qu'ils sont du bon côté ?


"Dump" de Christoph Büchel est une réalisation vaine et  ignomineuse. Qui oserait parler ici de dénonciation ? Les états de la  pauvreté dans la rue ne sont-ils pas suffisamment frappants ? Qui ignore l'existence du dénuement  et de la misère ? Refuser à "Dump"  le statut d'oeuvre d'art n'est pourtant pas suffisant. Il faut de plus dénoncer ce qu'une telle entreprise muséale trahit et se méfier de l'intention manifeste de tromper les candides, de manipuler les non-avertis, les indéterminés. 

Manifeste :

Quand une création se réduit à son propos, elle n'a rien dit.  Une oeuvre d'art ne brasse pas les évidences. Elle  n'obtient pas son statut sous prétexte d'une exposition dans une salle de  musée. Elle est bien plus exigeante.  Elle réclame que s'allume, dans le regard de celui qui s'y confronte,  la petite flamme de la félicité et que s'exprime la jubilation  qui naît, du sentiment d'approcher une totalité. Voici qui élimine du champ de l'art, cette "expérience contemporaine" signée Büchel , proposée par le Palais de Tokyo. Voilà,  qui atteste le talent de Wolfgang Laib. On le remercie de nous procurer grâce à ses sculptures et ses installations une délicate sensation d'intense plénitude. Son exposition est à voir jusqu'au 28 septembre au Musée de Grenoble.


Catherine Plassart


Informations pratiques :

Musée de Grenoble
5, Place Lavalette
38000 Grenoble
04 76 63 44 44
www.museedegrenoble.fr

tous les jours sauf le mardi de 10h à 18h30

Par Art Point France - Publié dans : Sud Est : expositions - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
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