gravures, lithographies, livres
du 4 juillet au 28 août 2008
Galerie Remarque - Trans-en-Provence (83)
Fautrier : et la nuit recouvrit tout.
par P. Givodan
Sa renommée dépasse les frontières. Il habite une drôle de bâtisse que l'on appelle l'histoire de l'art contemporain. Sa côte est étrange et réputée. Cette année il aurait eu
cent dix ans. Son atelier imaginaire est certainement encombré de figures, de bustes féminins et de paysages rayés en voie de disparition. Il n'avait aucune pitié pour ceux qui
savent le latin et les périls nationaux. La France des bons père de famille demandait la paix. Lui n'en parlait jamais. Délivrons-nous plutôt de la bestialité disent ses figures d'otages,
ses corps abîmés, ses formes déviées. Et de quoi s'agit-il encore et toujours, sinon de la liberté en art, loin des dogmes intangibles et des Académies. A ce moment le Président
quitta la foule des hommes du Parti et s'en fut au banquet littéraire. Evidemment, c'est un rêve, toujours le même. Celui que fait l'artiste ( ou le philosophe parfois).
Mon Dieu délivrez-nous de l'art qui oublie la vie et des fêtes qui placent la volupté dans l'optimisme du repos de la pensée. Intransigeant au bon sens du terme, voilà un adjectif qui lui
sied bien. Un bon exemple pour les professeurs qui veulent devenir modernes. Loin des pompiers, entre Michel-Ange et Picasso peut-être. Une peinture de figures chiffonnées qui se soucie de
la raison, du sens de l'art et des conversations sans doute avec un vieux sage comme Goethe (qui s'achemine vers le sublime bien qu'usé par la vie), cherchant la correspondance
des états d'âme sur la toile stigmatisée. Bon anniversaire M Fautrier et merci pour vos charmantes poitrines de femme peintes et vos portraits d'hommes "indépendants".
Jean Fautrier (1898 - 1964) a une place déterminante dans la conception et le développement de l'abstraction lyrique en France. Ce peintre, l'un des plus exigeants et des plus "virtuoses" (Jean
Paulhan) de sa génération, a toutefois traversé différentes périodes picturales, depuis sa première période figurative, au réalisme sombre des années 20, jusqu'à l'explosion de ce que l'on
appellera "l'art informel" dans les années 50.
Depuis la mémorable rétrospective en 1989, au Musée d'art Moderne de la ville de Paris, l'oeuvre de Fautrier a fait l'objet d'une seule autre grande rétrospective à la Fondation Gianadda en
Suisse en 2005. Aujourd'hui, se souvenant que l'artiste aurait eu cent dix ans en 2008, la galerie Remarque lui consacre une exposition monographique.
Elle présente un large panorama des estampes de Jean Fautrier, avec entre autre la toute première exécutée en 1925 "Nu couché au bras levé" (55 x 34 cm) et la dernière de 1964, avant sa
disparition, "La Forêt" (66 x 50cm). Ce sont pour la plupart des gravures et quelques lithographies qui composent cet ensemble de 25 oeuvres réunies et présentées du 4 juillet au 28 août
2008 par Jean-Pierre Sintive et Stéphanie Ferrat. à la galerie Remarque à Trans-en-Provence.
informations pratiques :
Vernissage le vendredi 4 juillet 2008 à partir de 18h
A chacun sa réalité. Lecture à 19h30.
Galerie Remarque
2, place de l'Hôtel de ville
83720 Trans-en-Provence
Tel 04 94 84 54 72
du mardi au samedi de 15h30 à 19h30 ou sur rendez-vou