Vendredi 2 mai 2008 5 02 /05 /2008 07:26

jusqu'au 25 mai 2008


Musée d'Art Moderne de Céret (66)


   

La diversité des modes d’expression est une permanence chez Chagall. En 1922, à Berlin, il appréhende la technique des eaux-fortes. Plus tard, aux USA, il s’adonne à la lithographie couleur, puis aux arts de la scène pour le théâtre juif. Lorsqu’il va s’employer à la céramique ce domaine est depuis longtemps réhabilité aux yeux du monde artistique. A la fin du 19ème siècle, Gauguin s’adonne déjà à la céramique ; en 1907 le Salon d’Automne présente les pièces de Renoir, Bonnard, Derain, Rouault, Matisse… Marquet et Dufy réalisent des décors d’intérieurs en céramique. Ce travail est d’ailleurs encouragé par les marchands d’art eux-mêmes : Vollard présentera les fauves au céramiste André Metthey.




Après la Seconde Guerre mondiale, Pierre Matisse expose à New York les pièces réalisées par Miró et Artigas, pièces qui seront montrées quelques années plus tard, en 1948, à Paris par Aimé Maeght dans sa galerie. Tout porte à croire que Chagall a vu ces pièces. Quand il arrive dans le Midi en 1949 Braque travaille avec Artigas, Picasso est à Vallauris, Matisse travaille aussi avec le couple Ramié.


Chagall s’installe à Antibes dans l’atelier « La poterie des remparts ». D’une très grande prodigalité il réalisera plus de 220 pièces entre 1949 et 1972. Toutes les pièces sont uniques, contrairement à Picasso, Chagall refusera le principe de l’édition.

 




Les premières productions s’adaptent aux formes traditionnelles de la céramique culinaire. Très vite Chagall tire parti des formes mais aussi des cuissons pour obtenir le velouté des couleurs, jouant de la lumière et de la profondeur grâce à l’alternance des vernis mats et brillants. Les possibilités de la matière elles-mêmes sont exploitées. En 1951 il profite de l’aspect grenu et poreux de la terre chamottée pour donner une intensité dramatique ou une nouvelle sensualité aux sujets.


Puis il travaille le volume et obtient une complexité formelle de plus en plus grande. Les vases deviennent de purs volumes plastiques et atteignent ainsi un statut d’objets autonomes. Sa réflexion sur les oppositions entre espaces intérieurs et extérieurs l’amène à innover dans la céramique comme le ferait un sculpteur.


Les séries réalisées à partir de 1950 comme « Les Fables de la Fontaine » ou les ensembles concernant la Bible affichent clairement leur correspondance avec celles réalisées en peinture et lithographie sur les mêmes thèmes. Chagall adapte les motifs en accentuant ou en simplifiant les traits pour adapter la lisibilité du sujet à la céramique.

 


A la même période il dirige aussi sa recherche vers la céramique murale : comment agrandir l’image sans détruire l’unité visuelle. Là aussi les premières créations sont directement liées aux thèmes de ses œuvres picturales (L’horloge, Le saint voiturier, le village…).


L’exposition s’attache à mettre en évidence les transpositions réalisées par Chagall entre le dessin, la gravure, la peinture et la céramique. Ainsi les œuvres en céramique peuvent être accompagnées de leurs dessins préparatoires ou des toiles qui ont exploité les mêmes thèmes, qu’il s’agisse des pièces de forme, des plats ou des plaques. Toutes les thématiques de Chagall sont abordées  : couples, religion, cirque, fables de la Fontaine, monuments, nus, mythologie, natures mortes…  L'exposition est à voir jusqu'au 25 mai 2008.




Informations pratiques :

Musée d'Art Moderne de Céret
8, Bd Maréchal Joffre
BP 60413, 66403 Céret Cedex- France
T (33) 04 68 87 27 76
contact@musee-ceret.com

de 10 h à 18 h
Ouvert tous les jours du 1er mai au 30 septembre
sauf le 1er mai

Par Art Point France - Publié dans : Sud Est : expositions - Partager     - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
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