Vendredi 11 avril 2008 5 11 /04 /Avr /2008 17:51

NON A LA CENSURE

L'exposition «Humain, très humain» devait s'ouvrir demain samedi...




"Humain,  très humain"

du 12 avril au 18 août 2008

Musée d'Aquitaine - Bordeaux

  Christian Delecluse


"Humain, très humain" devait être une exposition de grande ampleur, un projet collectif réunissant 500 images produites par vingt photographes, sur les deux dernières décennies, une somme d’«archives du présent».  François Hubert, le directeur du Musée d'Aquitaine a demandé à  l'un des exposants, Christian Delecluse de retirer six photographies de l'exposition sous prétexte qu'elles auraient pu choquer.  Pourtant ces photographies réalisées entre 1992 et 1997 avaient été retenues lors de la sélection, elles ont  par ailleurs fait l'objet d'un livre  «Un tel père et fils» (éditions du Cercle d’art), et d’une précédente exposition à la Fnac.



"Nous, notre but n’est pas de faire du débat. Ce n’est pas la vocation de ce musée. On travaille sur l’Histoire, l’archéologie et l’ethnologie». déclare le Directeur. Si l'objectif de M. Hubert était de ne provoquer aucun remous, c'est raté ! L'indignation et la  colère s'expriment de tous côtés. D'autres exposants sont susceptibles par solidarité pour leur collègue censuré, mais plus encore, pour défendre, la liberté d'expression de l'artiste de décrocher, à leur tour, leurs photographies. Ainsi le photographe Rip Hopkins et la galerie le Réverbère jugeant cette censure "ridicule et d'un autre âge"  ont réagit en demandant à M. Hubert d'enlever sans délai tous les clichés de cet autre photographe.



Qu'en est-il des clichés incriminés ? Comme on photographie des femmes "dans leur intimité maternelle au travers d'une nudité quotidienne", Christian Delecluse a souhaité photographié des hommes. Le projet s'est imposé à la naissance de son fils, il a alors entrepris de rencontrer d'autres pères, de mener une véritable  quête afin de revivre  à travers eux, des émotions et des petites histoires vécues avec son propre père. Si le regard est indiscret, il n'y a aucun voyeurisme. Une  tendresse épurée, une réserve d'affection, se manifestent dans ces belles photographies noir et blanc. Il est ici question d'amour paternel. Comment peut-on s'y tromper ?

Catherine Plassart



Informations pratiques :

Musée d'Aquitaine
20 cours Pasteur
33000 Bordeaux
Tel : 05.56.01.51.00

Par Art Point France - Publié dans : Photographie - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
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