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Date de création du web magazine Art Point France Info 16-06-2005 . Art Point France Info a dépassé le million de pages vues le 28 février 2008 Pages vues : 1 175 987 (total au 30 avril 2008) Journée record : 19/04/2008 ( 7619 Pages vues ) Mois record : 04/2008 ( 87279 Pages vues ) Chroniques régulières de Pierre Givodan, Jean-Paul Gavard-Perret - Responsable de la publication : Catherine Plassart |
Art Point France |
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La Feuillée du 8 mai 2008
Les livres en mai Au printemps du livre, on compte plusieurs salons, de mutiples rencontres, beaucoup de livres d'art, de livres d'artistes, de livres "monde".L'édition 2008 d'Etonnants voyageurs qui a choisi pour thème "Migrations" ouvre les festivités le 10 mai à Saint-Malo (35)... lire la suite |
| Livres en mai réunira 40 éditeurs de bibliophilie contemporaine les 24 et 25 mai 2008 dans le cloître du Lycée Henri IV à Paris. Dossier de presse PDF | |
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"Sans protection" du 26 avril au 14 juin 2008 Galerie L'H du Siège - Valenciennes (59) |
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Erro, Klasen, Monory, Rancillac, Télémaque La Figuration narrative du 29 avril au 31 mai 2008 anne-marie et roland pallade - art contemporain - Lyon (1) |
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exposition personnelle du 12 mai au 1er juin 2008 galerie expression libre Paris (14) |
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Thoma Ryse "Colour party" du 6 avril au 6 juin 2008 Imagine Gallery - Beijing (Chine) |
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Joanpere Massanadu 19 avril au 15 mai 2008 la Bussola - Cosenza (Italie) |
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Anne-Marie Cutolo et F.-O. Brunet du 14 avril au 14 juin 2008 galerie 9 - Grenoble |
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rédactionnel, publicité, solution
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MARCEL JEAN, ACTEUR HALLUCINÉ DU SURREALISME
par Jean-Paul Gavard-Perret
« Marcel Jean, Acteur et témoin du surréalisme », Musée de l'Hospice Saint Roch, 36100 Issoudun. du 01/02 au 01/07 2008.
Vivant de manière secrète parce que c'était là sa manière de surmonter l'écart - solitude - Marcel Jean est demeuré une figure voilée du surréalisme. On l'a plus
considéré comme un témoin que comme un acteur de ce mouvement. L'exposition du Musée de l'Hospice Saint-Roch permet de réparer cette injustice en offrant une panoplie des songes et des désirs
obscurs de l'âme, fabriqués par celui qui du néant a fait sentir l'irréparable outrage. A la frontière indécise du conscient et de l'inconscient, Jean a su charger de matière des formes pour
leur fournir une densité de vie. Dans ses gouaches se défont les traces afin de faire comprendre comment le plaisir peut, en peinture comme ailleurs, tuer le regard. La peinture et le
surréalisme (mais c'est là pour lui un seul corps) est le lieu où doit être ôté ce qui recouvre et dissimule car rien n'est dans le réel mais à l'inverse tout est dans la surface de la toile même
si par sa figuration elle ne représente qu'elle-même.
Il reste à ce titre un des surréalistes les plus précurseurs car il a compris qu'en peinture (comme en littérature) ce n'est pas le référent qui fait le tableau ou le texte. Pour lui le regard
est la peinture, la peinture est le regard. Bref il est toujours question de toile enveloppant la toile. Plus besoin de s'enfermer dans la peinture comme dans un tronc creux afin de nous livrer
aux océans des siècles d'attente. Marcel Jean dans ses écrits et dans ses oeuvres plastiques en détache la tête, la remodèle à la cire non en ses moments figés dans le sommeil de mort mais
au moment où se déplient les images consistantes de rêves plus réels que ce que la réalité promet. Plus que d'autres Marcel Jean a illustré ce qu'il affirme lui-même à savoir « le flagrant délit
qui flamboie dans le crâne de tout surréaliste ». Il a su (nous) glisser en ces points - interstices - où les images du réel n'ont plus lieu d'être. Il les a entrecroisées, échangées pour
qu'elles jouissent dans la partouze visuelle où une multitude de traits et de couleurs s'arquent au delta des jambes béantes de la réalité. Mais on a trop oublié combien Marcel Jean était non
seulement le témoin mais l'acteur halluciné d'un surréalisme capable d' imaginer la nuit à Manhattan où dans la chevelure de Marianne entre la balance pèse-farine de Terraillon et un
bidet acrylique de Duchamp. Certes le temps est tombé sur le surréalisme mais Jean nous en offre encore de pertinents indices qui relient des fragments de paroles, aux images et jusqu'à la
musique de Mento, cette musique populaire de la Jamaïque ancêtre du Ska et du Reggae. Plus particulièrement, l'oeuvre picturale de Jean ne cherche pas à savoir comment l'émotion arrive mais
comment elle se reproduit sur la toile où les couleurs nourrissent et portent la vérité du corps entre sommeil et fable. A chaque oeuvre son vertige, sa perte d'équilibre dans l'horizon même si
le soir tombe, fait pression sur les vitres des toiles qui ferment le paysage afin qu'il soit encore plus visible. C'est pourquoi il faut considérer l'oeuvre de Jean comme un chasse-neige brutal
qui passe pour enlever le drap blanc qui recouvre notre regard. Jean l'appelle par sa manière de traverser les murs des apparences afin que l'espace soit dépris de lui-même.
Le créateur nous rappelle aussi que le tumulte de l'être est toujours beaucoup plus subtil que toutes les simplifications figurales. C'est pourquoi la poésie de Jean ne cesse de balancer
entre affaissement et remontée. Elle offre à la "peinture mère crevée" (M. Pleynet ) une sortie en beauté pour inventer une sorte de charnière invisible sur le corps silencieux. Dans la
matière "couleur" tout devient miroir déformé parmi ce qui est enfoui (Le jardin), retrouvé (Le palier) ou perdu (La maison). C'est cela l'Existence. Nous y sommes sans y être (invité).
C'est-à-dire parce que nous y entrons par effraction et parce qu'un désir subsiste. Parce que grâce à cette création majeure, nous sommes femme et homme et que l’homme regarde la femme
sachant ce qu’il en est de lui au fond : "Une image où tout finit. Ainsi commence l'histoire" dit Jean. Le tout dans la précision (en abîme) d'un décor qui ment dans sa simplicité : il y a
ce qui se voit et tout ce qui ne se voit pas ( les millions de racines, des centaines d'oiseaux, limaces, taupes... Bien d'autres choses encore... : éros blanc et tout ce qui tombe et roule. Le
déchirement de la poésie. Celui des certitudes des sexes. Ce n'est plus le corps exposé qui parcourt une incertitude mais le regard. Ne reste que ce trop plein, que ce tremplin. Peu de
surréalistes ont osé aller si loin.
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Sur et hors de la toile : un regard sur l'art contemporain de Jean-Paul Gavard-Perret |
Musée de l'hospice Saint-Roch
Rue de l'hospice Saint-Roch - BP150
36100 Issoudun
Tél : 02 54 21 01 76
photo : Portrait par Mélanie Gribinski Paris 1992 http://gallery.artlimited.net/image/?id=94&lg=en