du 13 février au 12 mai 2008
Carré d’Art - Musée d’art contemporain - Nîmes (30)
La route désolée des enfers
Un jour tout homme a en face de lui la violence, comme un fait consistant qu’il ne peut nier. Aucun discours ne pourra jamais la dominer totalement. Celui, ou celle, qui refuse à un
moment donné la contradiction, principe de la communauté, est mûr pour choisir celle-ci.
Alors, comment survivre lorsque l’on se trouve engagé dans ce processus comme acteur passif ?
Telle est la question que soulève l’œuvre de Wolf Vostell. Travail d’une vie qui s’établit dans le contexte de l’individu isolé, recevant de partout cette violence physique, morale,
mentale, immuable, mortelle et servie par la technique industrielle de destruction. Et l’on revoit les photos de l’acharnement pseudo médical durant les expérimentations
nazies, celles de bombardements massifs pendant les guerres intercontinentales , les tortures militaires infligées à la vie réduite au stade animal, détruite systématiquement
jusque dans les corps. Une succession de tableaux de la dépréciation de l’existence, du naufrage des valeurs humanistes, échouage de toute dignité comprise et …impossible découverte
de la route désolée des enfers. Aucun discours n’a de contenu valable éternellement face à l’examen de ce refus fondé sur l’oubli volontaire de l’homme. C’est pourquoi l’artiste
prend position ici.
Wolf Vostell est né en 1932 et a vécu enfant la seconde guerre mondiale, traversant l’Allemagne détruite sous les bombardements. Et si personne n’est prêt à affronter la catastrophe
qui sera apte à subir indéfiniment l’exception ?
Cependant l’artiste a pris la décision de surmonter le mal par l’art et l’oeuvre ici montrée repose sur la mobilisation du chaos. Accumulation de télévisions et de blocs de bétons
brisés, installation d’une baignoire a moitié remplie de liquide noirâtre et surmontée d’un crochet de boucherie, photos montages de massacres de civils, vidéos sonores ,
peintures gigantesques traversées de flaques de sang et percées d’écrans visuels, pianos recouverts de boulets de canons, sirènes d’ambulances stridentes incluses dans le
mécanisme lui même prolongé par une moto encastrée dans le meuble…
Les œuvres présentées, au nombre d’une cinquantaine et datées de 1958 à 1997, démontrent comment le scepticisme radical de l’artiste maintient le non-sens à la hauteur de la catégorie
de la conviction comme un préambule pour communiquer sur la disparition de la vérité au XX me siècle et l’inutilité d’une « logique » scientifique parvenue à son stade ultime
d’abandon au vide ontologique et à la réfutation de toute éthique.
PG contact@pierregivodan.com
informations pratiques :
Ouvert du mardi au dimanche inclus de 10h à 18h
Carré d’Art – Musée d’art contemporain
Place de la Maison Carrée - 30000 Nîmes
Tél : 04 66 76 35 70
E-mail : info@carreartmusee.com
entrée gratuite pour tous les premiers dimanche de chaque mois
Les 14 et 15 mars : entrée gratuite dans le cadre du « Week-end Musées Télérama ». Pour y avoir accès, découpez le Pass Télérama disponible dans les numéros des 5 et 12 mars
2008 et valable pour 4 personnes.
200 musées et centres d'art sont concernés dont le carré d'art à Nîmes; En savoir plus : Télérama
voir aussi : le site du Carré d'Art de Nîmes