Montrer les vestiges de nos rêves
Il y a différentes manières de voyager...
Prenez des pinceaux par exemple. Déclenchez l'imagination créatrice et laissez-vous conduire par les sensations souples du bleu, du rose, de l'ocre et de tous les tons de terre brûlée.
Eluard a écrit un jour : " La terre est bleue comme une orange". Laurence Innocenti nous donne bien à penser que la route est rouge comme un poivron, jaune comme un tournesol ou verte comme une nature morte.
Ainsi par delà l'espace et le temps de la mémoire ou des associations d'idées règnent dans cette oeuvre l'alchimie des détours de l'esprit et celle des désirs enfuis.
Qui donc dira ce qu'il reste du voyage quand il approche de son but ?
Seule la musique des couleurs, et le rythme des formes ou la mesure du trait nous informent encore, au bord du chemin.
C'est au sujet des vestiges de nos plus anciens rêves que l'artiste nous parle ici. Ceux là même dont plus personne, et peut-être pas nous-mêmes, ne se souvient.
Et pourtant...
Pierre Givodan (2005)