Hysteria
Installations
du 27 janvier au 25 février 2006
Galerie Espace Blanche - Bruxelles
Dans sa première exposition personnelle à Bruxelles, Dessislava Atanassova (née en 1977, en Bulgarie) présente une série d’images et d’installations sculpturales crées autour du thème de l’hystérie.
L’histoire de cette maladie déconcertante et mystérieuse est l’histoire de la féminité. Possédée, sorcière, « soumise à sa nature », la femme est stigmatisée par cet étrange malaise qui justifie son rôle social réduit à la fonctionnalité biologique. Devenue avec Freud le point de départ et le modèle structurel de la thérapie psychanalytique, l’hystérie a ensuite perdu son aspect spéculaire. Aujourd’hui, souvent invisible, elle représente une manière adoptée ou pas, créatrice ou destructrice de gérer sa féminité. En ce sens l’hystérie subsume la condition humaine et interroge constamment nos désirs, nos fantasmes et nos angoisses dans nos rapports avec autrui.
Au départ de ce projet se trouvent les fascinantes photographies des patientes de Charcot prises vers la fin de 19> siècle. La mélancolie, la folie, l’épilepsie se confondent avec les scènes dramatiques de la grande attaque hystérique.
Tout d'abord, une série d’images intitulée reflètent l’état d’âme des malades en proie à une crise. Une autre série, nommée Stygmates représente les symptômes caractéristiques de la conversion somatique : contractures musculaires, anesthésies, paralysies des membres, paralysies
faciales…
Puis des installations :
Le Passage. Conçu comme un passage vers l’intérieur d’une architecture spiroïdale, cette installation induit le mouvement régressif vers «ce qui est tout à fait en arrière, au fond » : la matrice. C’est un corps ambigu dont l’organicisme peut paraître menaçant ou protecteur. Cette ambivalence est déjà présente dans les premières théories médicales qui attribuent l’origine de l’hystérie à l’animal vivant capable de se déplacer qu’est l’utérus (du gr. Hystera). Le trajet accompli traduit le principe de la thérapie psychanalytique : un retour au départ, là où se noue le lien primordial avec la mère, souvent problématique chez les hystériques.
Le contraste est le principe d’organisation de ce projet opposant la liberté du geste à l’objectivité historique de l’image, le mouvement vertigineux au statique, la sévérité froide du métal à l’organicité sanguine du rouge.
Des images surgissant telles des visions sont fixées dans les croquis qui ensuite prennent corps dans le jeu dialectique entre la forme et la réflexion. Le travail est un parti pris à l’écart des tendances stylistiques ou politiques, c’est le conducteur d’un message subtil à l’affût (la recherche ?) du dialogue.
Questionner les images, dévoiler le sens, essayer de comprendre, de connaître, de se connaître…
La formation artistique de Dessislava Atanassova débute avec le dessin, puis s’ajoute la peinture (à Sofia, à l’atelier de Christian Rolet à Tournai) et la sculpture (à l’Académie Royale de Bruxelles) dans la poursuite d’une expression pluridisciplinaire.
La formation artistique de Dessislava Atanassova débute avec le dessin, puis s’ajoute la peinture (à Sofia, à l’atelier de Christian Rolet à Tournai) et la sculpture (à l’Académie Royale de Bruxelles) dans la poursuite d’une expression pluridisciplinaire.
La peur des limites, l’urgence de s’affranchir de leur étreinte, voilà ce qui est devenu la constante dans un trajet personnel et artistique à travers les frontières culturelles et conjoncturelles.
Galerie Espace Blanche
Rue au charbon, 3
1000 - Bruxelles
tel 32 2 510 01 41
Ouvert de 14h à 18h Présence de l'artiste samedi, dimanche et jours fériés.
voir aussi : le site de la galerie Espace Blanche
Charcot a rapporté l’exemple de plusieurs cas ou les symptômes hystériques disparaissent au fil des derniers mois de grossesse, quand la patiente est amoureuse ou profondément mélancolique. Un cœur battant sur un tempo différent est la métaphore de ses états branlants, salutaires…