Jeudi 10 janvier 2008
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du 21 janvier au 9 mars 2008
Maison d'art Bernard Anthonioz - Nogent-sur-Marne (94)
Y'a pas photo
Images floutées loin de l'hyperréalisme, trainées de peinture pour la dramaturgie, les photos-peintures des sept artistes de l'exposition "Y'a pas photo" sont en prise
avec une réalité tissée de moments présents et chargée d'une histoire, la leur d'abord, celle également de la peinture, un médium plutôt intempestif aujourd'hui dans les arts
plastiques.
Alors que l'on cotoie de plus en plus souvent des productions artistiques qui ne sont que des procès faciles de questions dérisoires, ne trouvant leur justification que dans la seule
recherche d'incongruité, Patricia Erbelding, Danièle Gibrat, Michel Pelloille, Tony Soulié, Herman Steins, Mathias Gaillaguet, Vincent Verdeguer nous offrent des
oeuvres intemporelles et toujours lisibles qui conjuguent image photographique et gestuelle picturale.
Discours sur la violence au travers d'un combat singulier entre l'artiste et son double de Mathias Gaillaguet, vision d'une Amérique rêvée et mythique celle de l'ouest américain pour Patricia
Erbelding ou New York pour Tony Soulié, érotisme troublant d'un Michel Pelloille revisitant une Origine du monde toute contemporaine, réflexion sur une jeunesse française sans repère et cherchant
un avenir de Vincent Verdeguer, recherche des avatars qui hantent le regard de Danièle Gibrat, ou étude formelle et conceptuelle de I'image tramée pour Herman Steins. Des sujets différents, mais
une même volonté d'interroger notre rapport à l'image.
Le Y'a pas photo du titre semble souligner de façon paradoxale et malicieuse leur complicité autant que le refus des conformismes...
L'aventure commencée pour ces artistes dans les années soixante-dix, n'a cessé de mêler la vie et la peinture, la photographie et les voyages. Pour eux la photo-peinture est plus qu'un
procédé commun, c'est un style qu'ils partagent.
L'exposition est à voir du 21 janvier au 9 mars 2008, à la Maison d'art Bernard Anthonioz, à Nogent-sur-Marne.
C.P.
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Patricia Erbelding
"En photographiant, je pars du postulat "ce que je vois n'est pas vrai", je considère que l'espace et le temps ne sont pas des barrières aussi hermétiques et au moment où je photographie
un paysage américain comme dans la série " Texan dream " ou des fêtes foraines pour "Drop dead", je vois une peinture.
De retour à I'atelier, I'alchimie peinture/photographie devient un jeu où parfois l'une prend le dessus sur l'autre jusqu'à l'éliminer et où d'autres fois, elles fusionnent."
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Mathias Gaillaguet
"C'était pendant les manifestations du CPE, après les émeutes de novembre. J'ai été marqué par le service d'ordre de la CGT à République, en sortant du métro.
Quand je suis rentré à la maison, on a fait une série de
photos. Par respect pour l'anonymat, il n'était pas question de peindre des arabes en train de tout cramer..."
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Michel Pelloille
"La photo c'est en rupture de mes parents. Appareil soufflet Kodak noir blanc. Premier shot, l'usine à Vincennes, j'ai 14 ans. ( L'écran noir de mes nuits blanches).
La photo : des têtes coupées de soldats américains sur fond jaune. Mon second "papa" reporter de guerre en Indochine.
La photo de classe où j'ai I'air si triste. Les pochettes jazz ( Blue Note ) et le sexe. In fine, c'est le Liban que j'aime et qui me le rend bien. À compter ce foutu temps où je pleure
encore la mort trop courte de ma mère. Don't give up."
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Danièle Gibrat
"Je ne prends pas souvent de photos, j'ai d'autres - souvenirs, pourtant, ce sont des photographies qui ont éclairé pour moi cette " part d'ombre" qu'évoque Ellroy . Protégées par du
papier cristal, au milieu d'un tas de rapports plutôt laconiques, elles attendaient dans un dossier des archives du tribunal. Alors que tout le monde sait que la police fait
obligatoirement des photos, j'ai été sidérée de les découvrir..."
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Tony Soulié "...une peinture non photogénique farouchement hostile aux frontières, je ne me pose jamais en photographe seul, la peinture est le fil conducteur, la
déviance avec le rêel, sans hiérarchie, travestie, créant une matière fluide de transit, de transe et de catastrophe, la photo peinture apparaît alors comme une matière
hybride "dévoratrice d'espace", d'où les vues de villes du monde, de déserts, de volcans, de vanités androgynes et ce n'est qu'à ce moment que la ohoto se révèle machine à créer !"
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Herman Steins
"Dans mes recherches, la photo, généralement prise par moi même, sert comme point de départ, comme déclencheur. Je dois la remanier pour entrer à I'intérieur de ce qu'elle représente et y
apporter mes propres codes. Contrairement au photographe, je travaille mes images plutôt de l'intérieur vers l'extérieur, pour donner vie ou âme à une réalité...."
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Vincent Verdeguer
La photo a eu un rôle déterminant et inattendu mais de manière négative. J'entretenais un rapport de répulsion, d'antipathie pour ce médium à mes yeux arrogant par sa représentation
parfaite des réalités plates et lisses, débarrassées de corps et de matière.
Depuis 1987, la nécessité qui me pousse à introduire le photographique au sein de I'espace pictural trouve ses
fondements dans un désir d'affrontement pour redonner du corps à la photographie et du sens à la peinture...."
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Informations pratiques :
Maison d'art Bernard Anthonioz
16 rue Charles Vll
94130 NOGENT/MARNE
tél :01 48 71 9007
maison-dart-bernard-anthonioz@wanadoo.fr
entrée libre
tous les jours sauf les.mardis et les jours fériés de 12h à 18h
voir aussi :
www. maisondart.fr
Par Art Point France
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Publié dans : Centre : expositions
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