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Chroniques intempestives et subjectives à propos de l'art
de Pierre Givodan
Cet essai est un ensemble de méditations et de considérations sur l'art contemporain illustré par un choix de chroniques (art visuel, littérature, musique) parues entre 2005 et 2008 dans le
Web Magazine Art Point France Info.
L'ouvrage est disponible en librairie au prix de 17€ ou sur le site des éditions Complicités
Ma haie
(Un privé à Tanger II)
Petit, j'étais désordonné, mais désordonné comme il n'est pas possible de l'être. J'étais champion toutes catégories de désordre. Ma mère disait que le désordre dans ma chambre était à l'image du
désordre dans ma tête. Et elle avait raison. J'an ai beaucoup souffert. Toutes mes tentatives de rangement se sont toujours soldées par des échecs épuisants, physiquement et moralement. En dépit
de mes efforts pour mettre de l'ordre dans ma tête via ma chambre, je ne suis jamais arrivé à rien parce que je ne parvenais pas à concevoir un principe d'ordre satisfaisant. Et j'abandonnai.
Je regarde maintenant mon désordre comme un penchant. Ou un besoin. « Chez moi », les choses sont aujourd'hui à peu près en ordre. Mais ce n'est qu'une ruse. En fait, mon désordre s'est déplacé. Il est aujourd'hui caché au coeur de mon ordinateur. Quand j'allume mon ordinateur, il y a quelques grands dossiers : mes Cours à l'Ecole, mon Courrier, ma Banque, mon Grand Frère, ma Vie, mon Oeuvre, mon Editeur, etc. Un de ces grands dossiers s'intitule ma Haie. C'est là. Là que gisent, pêle-mêle, une quantité de documents inclassables, sans liens entre eux, sorte de rhizome incontrôlé (amorces de textes, bouts de journal, notes, blaireaux, Dernières nouvelles de la cabane, lettres privées...) dans lequel j'ai puisé une bonne part des éléments qui constituent ce « livre ».
LA FRONTIÈRE, LA LIMITE & LA LISIÈRE, P.-S.
un poème extrait de “ma haie, un privé à Tanger II”, (ed. P.O.L, 2001).
La presse :
« "Mon intention ? Une intention de pauvreté." Son travail poétique passe ainsi par une simplification de la syntaxe, un recours très systématique à l'indicatif présent. Ses énoncés sont des
constats, non des regards. Leur but n'est pas de représenter mais de présenter. "Qu'est-ce qui vide un nom de sa substance ?", demandait-il dans un des sonnets de Un test de solitude. Peut-être
justement ces vers fragmentés, où apparaît une réalité nue, peuplée de choses idiotes, vaguement étrangères et toujours frontalement désignées. Cette pauvreté est un voeu d'objectivité.
Volontairement désincarnée, elle se passe de tout ce qui fait de la langue le corps d'une pensée. Si Hocquard refuse les séductions de la musique, c'est bien parce qu'il entend "déchanter",
"désenchanter", "rompre le charme" que la littérature entretiendrait. (...) L'oeuvre d'Emmanuel Hocquard peut se lire comme une ascèse. Sa résonance est réelle. »
Le Monde, 30 mars 2001
Vitrine poésie
du 30 novembre au 22 décembre 2007
OÙ
lieu d'exposition pour l'art actuel - Marseille
À noter
une soirée exceptionnelle d’Emmanuel HOCQUARD et de Claude Royet-Journoud au CIPM à Marseille le 30 novembre 2007, lecture à 19h.
informations pratiques :
Où
lieu d'exposition pour l'art actuel
58 rue Jean de Bernardy
13 001 marseille
du mercredi au samedi de 15h à 19h
t. 06 98 89 03 26
e-mail. ounousecrire@club-internet.fr
Centre International de Poésie Marseille (Cipm)
2, rue de la Charité, 13002 Marseille
Tél : 04-91-91-26-45
e-mail : cipmarseille@wanadoo.fr
Jours et heures d'ouverture
mercredi-samedi 12h30-19h