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Chroniques intempestives et subjectives à propos de l'art
de Pierre Givodan
Cet essai est un ensemble de méditations et de considérations sur l'art contemporain illustré par un choix de chroniques (art visuel, littérature, musique) parues entre 2005 et 2008 dans le
Web Magazine Art Point France Info.
L'ouvrage est disponible en librairie au prix de 17€ ou sur le site des éditions Complicités
La fable du navigateur
Il était une fois la peinture.
Au commencement tous les hommes se donnèrent comme contrainte un système de signes, avec une intention : se reconnaître entre eux, se situer par rapport aux autres, au temps à l'espace. Ils
peignirent sur le corps, la pierre, le sol, les tissus...
Puis en une contrée lointaine certains développèrent la science des nombres et des figures. Leurs cousins découvrirent les possibilités de l'observation expérimentale, précisèrent leurs
outils et se rendirent compte que le monde commun n'existait plus. Les sens nous trompaient, l'espace se révélait sans fin, le temps reculait, et l'homme n'était plus qu'un point dans l'infini
des étoiles. Ils inventèrent alors la perspective et le point de fuite , le tableau "fenêtre" et se rassurèrent comme ils le pouvaient.
Mais un beau jour on se rendit compte que cette mathématique pouvait être contestée, dans un espace courbe les parallèles se rejoignent à l'infini.Exit Euclide, exit l'espace de la
Renaissance et bienvenue à Riemann et à la peinture "non objective".
Cet art n'avait plus à représenter désormais le monde tel que les hommes le percevaient et l'Imaginaire l'emportait. Mais comment retrouver le lien avec les autres, le monde, les dieux enfuis
depuis déjà pas mal de temps ?
Si chacun se donnait des contraintes, un système de signes avec une intention, on pourrait peut-être refaire le monde.
C'est ainsi que les hommes se remirent à peindre sur la toile, le bois, utilisèrent le plexiglas et le métal...On assista à une fleuraison de mondes homogènes, l'individu était devenu roi.
Il faut ranger Georges Meurant et ses compères dans la catégorie des marins qui ont traversé les années dans le navire des arts plastiques. Lui se sert du carré et du rectangle, de la
couleur sans le noir, pour créer un espace lumineux dans lequel résonne la vie et "chante", c'est son mot, la conscience.
PG
L'exposition "Vibrations" est à voir à la galerie Didier Devillez (Bruxelles- Belgique) du 23 novembre au 22 décembre 2007 avec des oeuvres de Bentajou, Carrade, Herman, Herreyns et Meurant.