La Tentation du beau
La première fois que j'ai découvert son oeuvre je m'interrogeais sur les rapports entre Orient et Occident. C'était à Aix-en-Provence dans une galerie qui, je crois, s'appelait " Les Maîtres
Contemporains". C'était sans doute il n'y a pas loin de trente ans...
La seconde fois que j'ai croisé le travail c'était il y a vingt ans ou presque en Bretagne grâce à un "passeur" Patrick Gaultier, qui se doutait certainement qu'il réalisait par là le
grand écart de l'Extrême-Orient à l'Extrême Occident. Le mot et le territoire du Finistère en étant déjà le symbole pour le monde entier depuis longtemps.
La troisième fois que je contemplerai l'ouvrage c'est promis j'achèterai une gravure.
Mais pourquoi ?
Si j'y réfléchis un peu je constate mon intérêt constant pour la couleur et le traitement du support. Ensuite le dessin, dont le trait me suggère comme une promenade dans un espace curieusement
familier et si lointain. J'en dégage une idée : celle d'un exercice mnémotechnique en quelque sorte. C'est cela. Comme si la perception de cet espace imaginaire suscitait immanquablement en moi
le souvenir de quelque chose de préservé. Une image d'un monde hors du monde, un espace d'avant l'espace mesurable, un lieu du passé réécrit et paradoxalement conservé, que le peintre subtilement
rend présent.
Mystère de cet art qui sait le rapport entre la mémoire, le beau et le monde.
Actualité de l'Orient dans son rapport avec l'Occident grâce au patient travail de Shoichi Hasegawa.
Et confirmation de l'efficacité des démarches humbles et tenaces.
PG contact@pierregivodan.com
Exposition Shoichi Hasegawa "Aquarelles et Gravures" du 30 novembre 2007 au 24 janvier 2008, galerie Patrick Gaultier (Quimper) dans le cadre de la célébration des 150 ans des relations diplomatiques France-Japon. Rencontre avec l'artiste le 15 décembre à 16 H.